Danville se mobilise contre les gaz de schiste

Claude Thibodeau
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Formé d'une douzaine de personnes, un comité de citoyens, le Regroupement des citoyens de Danville pour un développement démocratique et durable de nos ressources naturelles (FRACTURE), entreprend de mobiliser la population pour convaincre les résidents qu'une éventuelle exploration et exploitation des gaz de schiste sur le territoire ne constitueraient pas un développement bénéfique pour la communauté.

Le regroupement a réussi à attirer une centaine de citoyens, mercredi soir, venus entendre le conférencier Jacques Tétreault, un scientifique retraité qui en était à sa 45e municipalité visitée. «Notre comité a été formé à la suite d'une rencontre d'information tenue dans le Canton de Cleveland. Le bouche à oreille a fait son chemin. On s'est dit qu'il fallait aussi faire quelque chose à Danville. Nous avons invité M. Tétreault parce qu'on jugeait nécessaire de mobiliser la population de Danville», a expliqué le porte-parole de FRACTURE, Guy Trépanier, satisfait, par ailleurs, de la réponse des citoyens. «C'est à peu près l'objectif visé, une centaine de personnes», a-t-il précisé.

L'objectif du regroupement de citoyens, a-t-il noté, c'est la non-acceptabilité sociale de cette industrie. «C'est le seul moyen qu'on a. Nous avons tenté de travailler avec la Ville qui a affiché une attitude plutôt tiède, n'étant pas complètement pour, ni complètement contre, peut-être par manque d'information», a fait remarquer le porte-parole.

Guy Trépanier s'est réjoui de la présence d'un conseiller municipal à la rencontre d'information. «Je crois que l'information circulera mieux. On verra à la suite de la mobilisation si la Ville accepte de nous suivre. Les élus, en voyant les pancartes (Non au gaz de schiste) pousser un peu partout, n'auront pas le choix de nous suivre.»

Le conférencier Tétreault, selon lui, a fourni une information éloquente. «Les conséquences sont graves, épouvantables même sur l'agriculture, entre autres. Il a été très convaincant avec ses exemples, très probants. On comprend que ce n'est pas une bonne chose (les gaz de schiste) pour la région», a souligné le porte-parole.

Jacques Tétreault a visité la Pennsylvanie l'an dernier pour s'informer de la situation. «Ce que j'ai vu m'a profondément choqué. J'en suis revenu tout à l'envers», a-t-il confié.

Pendant plus d'une heure, le conférencier a expliqué le processus d'exploration et d'exploitation et parlé des conséquences négatives d'une telle industrie : pollution, fuite dans les puits, problèmes de santé, etc. «Ce qui m'a le plus frappé, ce n'est pas les conséquences environnementales parce que je m'y attendais. Et j'ai été bien servi. Non, ce qui m'a touché le plus, c'est la destruction du tissu social. Dans une même famille, certains travaillent pour la compagnie, d'autres la subissent. Ça fait de belles chicanes», a-t-il observé.

Les Américains rencontrés préviennent les Québécois, a fait savoir M. Tétreault. «Ils nous implorent de ne pas les laisser entrer. Parce qu'une fois entrées, elles (les compagnies) sont indélogeables», a-t-il soutenu.

Pour Jacques Tétreault, il est important d'informer les citoyens pour que ceux-ci puissent supporter leurs élus et que ceux-ci ne se laissent pas influencer par l'argent que les compagnies font miroiter. «Les compagnies arrivent avec des arguments très convaincants. Il faut vous mobiliser pour dire à votre conseil municipal : ne les laissez pas entrer. Si les élus ne sentent pas l'appui des citoyens, la tendance à fléchir est plus grande», a-t-il souligné.

Des actions existent pour contrer l'exploitation du gaz de schiste. «D'abord, une campagne de signatures pour exprimer clairement qu'on n'en veut pas. Un projet ne peut se réaliser sans une acceptabilité sociale. Au Québec, des comités de citoyens ont été formés dans une centaine de municipalités, a mentionné le conférencier. Et puis, les municipalités peuvent adopter un règlement pour protéger l'eau potable, ce qu'ont fait une cinquantaine d'entre elles, à ce jour, et une vingtaine d'autres ont entrepris un processus d'adoption.»

Jacques Tétreault a invité les citoyens à se mobiliser, à aller chercher le plus grand nombre d'adhésions possible.

Le comité de citoyens vient d'entreprendre une campagne de signatures. Lors de la rencontre, mercredi soir, les intéressés pouvaient signer la pétition. «Tous les commerces de Danville ont accepté qu'on puisse y déposer la pétition. Nous utilisons aussi les réseaux sociaux pour rejoindre le plus de gens possibles de façon à empêcher les exploitants de venir à Danville. On peut accéder aussi à notre site Internet au www.fracture-danville.weebly.com pour obtenir de l'information. Nous avons créé également une page Facebook», a précisé le porte-parole Guy Trépanier.

Le conférencier, par ailleurs, entend bien surveiller le nouveau gouvernement de Pauline Marois qui a promis un moratoire sur la question des gaz de schiste. «On va les suivre de près parce que je ne fais pas confiance plus qu'il ne faut. Un gouvernement, c'est un gouvernement, il marche à l'argent», a-t-il noté.

Lieux géographiques: Danville, Canton de Cleveland, Pennsylvanie Québec

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires