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«Et si vous étiez à notre place?»

Plongés malgré eux au cœur du projet du Parc éolien de l’Érable, des résidants réclament un minimum de respect à leur égard.

Plongés malgré eux au cœur du projet du Parc éolien de l’Érable, des résidants réclament un minimum de respect à leur égard.

Carol Isabel
Publié le 14 Février 2012
Publié le 14 Février 2012
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Au cœur du projet de Parc éolien de l’Érable

Leur histoire est touchante et ne se raconte pas dans un simple article de journal. Ils ont perdu leur guerre, le projet est là… en milieu habité et ils vivent au cœur de ce grand chantier depuis l’été dernier. S’ils craignent de passer pour de simples chialeux, ils ne veulent surtout pas sombrer dans l’oubli. Ils tiennent à ce que la population sache ce qu’ils vivent au quotidien tout en réclamant un minimum de respect. On ne peut certes leur reprocher leur courage et leur ténacité.

Sujets :
Hydro-Québec , Centre communautaire de Plessisville , Saint-Ferdinand , Rang Nord

On les avait déjà rencontrés une première fois il y a deux ans. Yvon Bourque et sa conjointe Lise Payeur habitent, avec leur fils, dans le haut du 4e Rang à Sainte-Sophie-d’Halifax aux limites de l’ex-Vianney. De chez eux, ils aperçoivent déjà le poste de transformation en construction et verront ultérieurement 23 éoliennes du Parc éolien de l’Érable. De plus, la ligne à 120 kV, que devra construire Hydro-Québec, pourrait aussi traverser leur propriété.

Leur maison est à vendre avec leur terre et tout ce que cela comprend. S’ils ont leur prix, ils sont prêts à quitter. «Éoliennes de l’Érable devrait nous acheter. Notre propriété serait l’endroit idéal pour y construire leur Étoile de l’Érable. Ils pourraient tout montrer aux visiteurs (éoliennes, postes de transformation, ligne électrique)», de dire M. Bourque sur un ton en disant long sur son impuissance à combattre le géant.

«Ce que nous vivons aujourd’hui, nous ne souhaitons ça à personne. C’est le rêve de toute une vie qui est sacrifié. C’est mettre à terre tout ce que nous y avons bâti depuis 20 ans. On est atteint physiquement et surtout moralement. Pour moi, investir en milieu rural, c’est terminé. On se croyait protéger, mais ce ne fut pas le cas. Pendant des années, nous avons respecté les réglementations des autorités. Puis la grosse compagnie arrive et on lui donne tous les droits».

«Nous n’avons tout simplement plus de qualité de vie. Il n’y a plus rien de drôle. On se lève en cr…, et on se couche en cr…», explique à son tour Mme Payeur au bord des larmes. Va-et-vient quotidien des camions 10 roues, travaux de dynamitage lors de la construction du poste de transformation et inondation d’une partie de leur propriété (plantation d’épinettes et érablière) provoquée par l’écoulement des eaux en provenance des nouveaux chemins d’accès construits pour les éoliennes. Leur petit lac à la truite, où ils aimaient se retrouver pour pêcher, est devenu qu’un vulgaire trou de vase.

Le couple au tout début de la soixantaine avoue que ce qui lui fait le plus mal, c’est l’irrespect à leur endroit qu’il provienne des élus, de gens qu’ils côtoient, de la compagnie que des travailleurs appelés à œuvrer sur les divers chantiers de construction.

«Jamais nous ne serons d’accord avec ce projet en milieu habité, mais aujourd’hui nous devons vivre avec tous ses impacts. Est-ce qu’on pourrait demander un minimum de respect à notre égard? Nous avons toujours à nous débattre pour tout et pour rien que ce soit pour notre propre respect ou pour la sécurité et la signalisation dans nos rangs», avance M. Bourque. «Mon mari a même failli se faire écraser à cause de l’absence d’un stop dans le nouveau chemin d’accès construit en face», de renchérir Mme Payeur.

M. Bourque donne par exemple qu’il a fallu qu’il se débatte pour qu’on ne dynamite pas près de son puits ou pour qu’on ne puisse se stationner à sa proximité pour éviter sa contamination. «Il a même fallu que je me débatte pour qu’on ne ferme pas le pont du haut du 4e rang pour qu’on puisse circuler pendant la période de sucres. Les travaux du pont débuteront donc après».

Le couple Bourque-Payeur déplore également la division sociale que ce projet a amenée avec lui. «Ce n’est pas vrai que ce projet réunit les gens. On s’entendait très bien avec nos voisins et il y avait de l’entraide entre nous. Aujourd’hui, c’est fini tout ça. Ce bon voisinage ne reviendra jamais», d’ajouter M. Bourque qui, au cours des derniers mois, affirme avoir vécu des situations d’intimidation en public et à la maison en plus de subir du vandalisme et mêmes des appels harassants laissant entendre qu’on mettrait le feu à sa «cabane».

«Je serai toujours frustré que nos élus n’aient jamais tenu compte de l’aspect humain dans ce projet. Et si seulement aujourd’hui, ils pouvaient nous témoigner un peu d’égard au lieu de fuir», de terminer M. Bourque.

«Ce que nous vivons aujourd’hui, nous ne souhaitons ça à personne. C’est le rêve de toute une vie qui est sacrifié» - - Yvon Bourque

Une autre résidante

Pour sa part, Brigitte Rivard est une autre résidante du secteur. Celle-ci habite avec son conjoint dans le 3e Rang Nord de Saint-Ferdinand (ex-Vianney). «Ça fait deux ans et demi que notre propriété est à vendre et nous n’avons reçu aucune offre. On y habite à temps plein depuis 2008. C’était notre projet de retraite».

Elle dit vivre l’enfer depuis le début de la construction du projet, la maison étant située à quelques mètres seulement de la route. Bien évidemment, le couple est grandement affecté par le bruit des camions et de leurs vibrations à chaque passage.

Mais ce qui la fâche plus particulièrement, c’est d’être obligé de se débattre elle aussi pour que le projet se fasse dans le respect. «Pourquoi avons-nous été obligé de faire les démarches pour qu’on applique de l’abat-poussière quand ça fait déjà partie des obligations du projet? Pourquoi devrons-nous nous débattre encore pour qu’on réduise la vitesse dans nos rangs pour notre propre sécurité et pour qu’on interdise les freins à moteur pour la réduction du bruit?», de s’interroger Mme Rivard.

«Si vous étiez à notre place, est-ce que vous vous battriez vous aussi pour votre qualité de vie. Qu’on nous montre un peu de respect même si nous ne sommes pas nombreux», soutient Mme Rivard.

Les citoyens de la région qui souhaiteraient en savoir davantage sur la lutte de résidants contre l’implantation du Parc éolien de l’Érable auront à nouveau l’occasion de visionner le documentaire des cinéastes Jean et Serge Gagné intitulé «Les pales du mal» qui sera notamment présenté le 20 février à la salle communautaire de Saint-Ferdinand et le mardi 28 février au Centre communautaire de Plessisville à compter de 19 h.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Diloup MD
    - 21 Février 2012 à 15:42:45

    Voilà l'histoire du pot de terre contre le pot de fer! Quand on a lutté de toutes ses forces, il reste "naturellement" un goût amer. Ils ont tout perdu mais surtout l'essentiel: leur qualité de vie! En France, en pleine folie éolienne, on peut attendre des milliers de victimes et si on veut rester optimiste, dans 10 ans les projets vont regresser puis se stopper: les effets nocifs seront là et surtout divulgués au public. Le nucléaire sera aussi toujours là. Bon nombre d'entre nous auront payé...cher! On peut faire croire tout ce que l'on veut au peuple si l'on sait s'y prendre. Certains écologistes benêts sont un exemple de crédulité, croyant "sauver la planète" avec des éoliennes et imaginant avoir le même confort électrique en supprimant le nucléaire. Le rêve pour (presque) tous, c'est bien de remplacer le nucléaire TOTALEMENT, mais aujourd'hui qui peut dire avec quoi? Le nucléaire fait peur à juste titre, mais les éoliennes tuent ou délogent les citoyens ruraux avec la complicité de leurs maires! Desproges aurait dit: "étonnant non?" Révoltant, surtout !!! "...

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  • Nom de l\'usager
    Politiquement désillusionné
    - 15 Février 2012 à 16:36:49

    Beaucoup de citoyens impactés,n'osent pas parler,de peur de perdre le peu de quiétude qui leur reste,et le semblant de bonne entente avec leurs voisins pro éoliens. Je souhaite que les gens de St- Ferdinand sortent de leur torpeur,et se déplacent le 21 pour connaitre la vérité sur la facon dont toute cette histoire de projet éolien a été magouillée. Quand on connait la vérité, on ne juge pas. Au contraire,on développe une ampathie pour ceux qui souffrent,et croyez-moi il y en a beaucoup. Politiquement désillusionné

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  • Nom de l\'usager
    Jean Guernon
    - 14 Février 2012 à 19:24:31

    Non Miriam, la guerre a été perdue parce que la Normandeau nous a mentit jusqu'à la dernière seconde. C'est une complicité avec les maires qui eux savaient qu'elle nous mentait effrontément et que le projet aurait lieu, pendant qu'elle nous faisait accroire que ça prendrait un consensus social pour qu'elle accepte. Les dés étaient pipés d'avance, imagine ce que ça sera avec les gaz de schiste si la population laisse passer ça. Mais le RDDA, qu'est-ce que tu voulais qu'il fasse de plus, outre leur envoyer des cocktails molotovs ou que sais-je, utiliser des moyens illégaux comme eux le font, mais en contournent les aléas puisqu'on ne peut pas les poursuivre, et j'ai essayé, personnellement, de la poursuivre, elle, mais c'était impossible. Non, le gouvernement nous a vendu carrément, nous a écrasé sans nous demander notre avis en prétendant agir de façon civilisé avec un BAPE qui leur a dit que c'était impossible dans notre région où les résidences étaient trop près, et jusqu'à la fin, ils ont fait les hypocrites avec les maires pour nous avoir avec ce décret injuste. Pourtant t'étais là, non? Qu'est-ce que t'aurais fait de plus, toi?

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  • Nom de l\'usager
    Miriam
    - 14 Février 2012 à 16:26:16

    Quant à moil la guerre a été perdue car elle n'a pas été assez sérieusement déclarée par le RDDA qui représente ces gens.

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