M. Barnabé participait à une des présentations offertes lors du 20e Forum international SESAME, un atelier portant sur les sous-produits à développer à partir de matières résiduelles.
Il a fait miroiter la possibilité qu’une Ville comme Victoriaville puisse devenir une éco-ville ou une éco-raffinerie, avec, autour de sa station d’épuration, des entreprises de biotechnologies spécialisées dans la bioconversion des boues… avec possibilité de redevances pour la Ville.
«Utiliser des boues comme matières premières, c’est écologique et économique, a noté le représentant de l’INRS. Parce que les boues sont abondantes et accessibles en tout temps.»
L’animateur de cet atelier, Nicolas Théberge, directeur général de la Ville de Victoriaville, a ajouté qu’un jour, les boues de Victo puissent se transformer en biocarburant que l’on met dans sa voiture!
Il y a encore loin des boues… à la pompe d’une station service, mais plusieurs possibilités peuvent être envisagées, a indiqué M. Barnabé.
Il a expliqué que jusqu’à maintenant, les boues municipales étaient soit enfouies, soit incinérées ou encore utilisées comme fertilisants comme c’est le cas pour celles de Victoriaville.
Mais on pourrait leur donner une plus haute valeur ajoutée.
Les utiliser comme matière première pour fabriquer des biopesticides, des biofongicides, des additifs au compost, des détergents utiles en agriculture, dans les usines de textile, les tanneries, les papetières, des biomasses dont on peut se servir aussi en forestier, des enzymes ou des additifs microbiens pour le traitement des eaux usées agroalimentaires et municipales et, oui, des biocarburants.
Le microbiologiste a résumé les principales étapes de la conversion de boues en bioproduits. Il faut, évidemment, les stériliser, les inoculer de la semence appropriée, fermenter le tout, récolter et formuler le produit que l’on aura choisi.
Victoriaville pourrait être une station-pilote pour ces premiers essais, puisque les boues de son usine d’épuration sont à peu près exemptes de cuivre, a précisé M. Barnabé. «Il y a du cuivre, laissé par les conduites du réseau, dans les boues de plusieurs villes au Québec», a-t-il souligné.
L’année prochaine, l’INRS aura aménagé, à Québec, son laboratoire-pilote de bioconversion des rejets urbains, industriels et agricoles.
C’est là qu’on pourrait procéder aux expériences de bioconversion des boues de Victoriaville.
M. Barnabé ne sait pas encore à quels bioproduits on s’attardera au début.
Depuis plus d’un an, l’entreprise Elcotech expérimente chez nous un procédé d’assèchement des boues de l’usine de Victoriaville, le traitement et le transport des 9 000 tonnes de boues humides coûtant 50 $ la tonne annuellement à la Ville de Victoriaville. Lors de la présentation d’Elcotech à la presse, le maire de Victoriaville avait déclaré que les boues de Victo étaient «porteuses d’avenir».
Elles le seraient davantage si l’INRS parvenait à ses fins.
Le microbiologiste a répondu que les deux projets, l’assèchement des boues et la bioconversion, n’étaient pas incompatibles, mais complémentaires. Déshydrater les boues pourrait constituer une solution pour certaines villes, les bioconvertir en serait une pour d’autres villes.
Il n’est pas certain toutefois que la bioconversion serait possible, du moins pour l’instant, en asséchant les boues avec le procédé d’Elcotech qui laisse des traces de polymère.
L’INRS lorgne les boues de Victoriaville
Parce qu’elles sont d’«excellente qualité», les boues de l’usine d’épuration de la Ville de Victoriaville intéressent l’Institut national de recherches scientifiques (INRS). D’ici un an, l’INRS pourrait utiliser les boues de Victoriaville pour des tests de fabrication de divers bioproduits, a indiqué le microbiologiste Simon Barnabé.
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