«Le but, c'est de montrer qu'on se mobilise, une fois de plus, même si c'est l'été, contre la hausse des droits de scolarité, la loi 78 et contre toutes les mesures antisociales instaurées par le gouvernement libéral de Jean Charest. On veut dénoncer ces mesures. Donc, on continue, même en été, à se mobiliser et à poser des actions. La manifestation de ce soir (mercredi) s'inscrit dans une série de 15 manifestations au Québec, chapeautées par la FECQ», a expliqué le président de l'AGEECV, Xavier Hegetschweiler, aux journalistes avant le départ de la marche, aux côtés de la présidente de la FECQ, Éliane Laberge.
«Nous démontrons, par ces manifestations, que la mobilisation se poursuit, même en période estivale, a renchéri Éliane Laberge, et même si le gouvernement semble complètement fermé. Nous, les étudiants, et plusieurs citoyens, nous continuons à dire au gouvernement que nous sommes contre la hausse des droits de scolarité et contre la façon dont il a géré cette crise-là.»
La FECQ estime que la résolution du conflit passe par la médiation. «C'est la seule solution inutilisée jusqu'à présent pour dénouer la crise. Ce processus a fait ses preuves au fil du temps, tant dans des conflits internationaux qu'entre voisins. On adresse un message clair au gouvernement, a indiqué la présidente Eliane Laberge. Nous, on veut la régler cette crise, nous voulons être certains qu'il y ait un retour en classe paisible au mois d'août. On attend toujours une réponse du gouvernement qui, cependant, semble assez fermé à cette idée. Je trouve cela déplorable. Le gouvernement aussi devrait avoir cette responsabilité de vouloir la règler cette crise-là.»
Invité à réagir aux propos du député d'Arthabaska, Claude Bachand, affirmant que la crise ne touchait pas la région, Xavier Hegetschweiler, a laissé savoir qu'il ne fallait pas jouer à l'autruche. «C'est sûr qu'on voit plus de choses à Montréal, le bassin étant plus grand, mais ce serait de se fermer les yeux de croire que rien ne se passe dans les régions. On se mobilise, on mène des actions. Il y a des jeunes impliqués qui souhaitent que les choses changent, même en région», a fait valoir le président de l'AGEECV.
La pub libérale et le carré rouge de Pauline
Questionnée sur la publicité mettant en scène le premier ministre Jean Charest, la présidente de la FECQ a fait savoir que le gouvernement, plutôt que de s'adonner à la publicité, devrait discuter.
«Le gouvernement devrait passer moins de temps à faire de la publicité et prendre davantage de temps à discuter avec la jeunesse, à discuter avec les étudiants pour en arriver à une résolution du conflit. Il s'agirait d'un comportement digne d'un bon gouvernement», a soutenu Éliane Laberge.
Quant au carré rouge que ne porte plus la chef péquiste Pauline Marois et qui fait jaser certains, la présidente de la FECQ tient à rappeler que derrière le symbole du carré rouge, il y a des opinions. «Le PQ l'a porté tout au cours de la session parlementaire, a-t-elle souligné. Les députés péquistes ont été d'un grand appui. Ils nous ont beaucoup aidés. Alors, ce n'est pas à nous de juger à quel moment Mme Marois doit ou non le porter. Plusieurs députés, par ailleurs, continuent de le porter durant l'été.»
La manifestation
Dans toutes les manifestations qu'elle organise, la FECQ remet aux autorités le trajet emprunté par les manifestants.
«On fait toujours connaître nos trajets, a confié Éliane Laberge. De cette façon, c'est plus simple pour les citoyens et cela rassure les policiers.»
À Victoriaville, mercredi soir, les manifestants, certains déguisés ou costumés, d'autres munis de casseroles, ont pris le départ du Cégep, soutenus par de la musique.
Escortés par des policiers de la Sûreté du Québec de la MRC d'Arthabaska en véhicules, mais aussi par des patrouilleurs à vélo, les manifestants ont emprunté la rue Notre-Dame Est, direction centre-ville pour un arrêt, le temps de quelques discours, devant le bureau du député Claude Bachand.
«Nous continuons à dire au gouvernement que nous sommes contre la hausse des droits de scolarité et contre la façon dont il a géré cette crise-là» - Éliane Laberge, présidente de la FECQ
«Bachand dit des bêtises, Victoriaville se mobilise», a notamment scandé le président de l'AGEECV, Xavier Hegetschweiler.
S'adressant à la foule, le représentant des cégépiens a rappelé le but de la manifestation. «Victoriaville se mobilise pour montrer sa colère envers les mesures adoptées par le gouvernement libéral, la loi 78, la hausse des droits de scolarité et toute la corruption dans toutes les sphères, c'est inacceptable», a-t-il lancé.
Prenant le relais, la présidente de la FECQ a d'abord remercié les participants. «Merci d'y être. C'est super important de voir que, non seulement des étudiants, mais des citoyens de tous âges et de toutes origines se mobilisent. Mille mercis», a mentionné Éliane Laberge.
La présidente de la FECQ a observé que les étudiants se font pointer du doigt. «On se fait dire que nous sommes seuls, qu'il n'y en a que quelques-uns qui pensent qu'une hausse des droits de scolarité n'est pas une bonne idée. Le gouvernement devrait écouter sa jeunesse», a-t-elle signalé.
Une manifestation comme celle-ci, selon elle, démontre bien au gouvernement que «ce n'est pas vrai que les citoyens demeureront assis sur leur «steak» en regardant les autres décider à leur place».
«Ces manifestations, a ajouté Éliane Laberge, créent un moment propice pour discuter. Cela démontre qu'on peut échanger, qu'on a le droit d'avoir des idées. Cela, il faut le garder en soi et cela nous suivra toute notre vie, car on en vivra d'autres moments.»
Après les brefs discours, vers 21 h, les marcheurs ont repris la route, empruntant la rue Carignan et le boulevard Jutras Est pour remonter jusqu'à la cour arrière du Cégep, ce qui fut chose faite vers 21 h 45.
Voir photos : http://www.lanouvelle.net/Diaporama/6565/Ca-manifeste-a-Victo/1


Les étudiants et étudiantes d'aujourd'hui sont ce que nous étions durant les années 60; ils veulent façonner la société qui sera la leur dans quelques années. Avec le Rapport Parent, nous avons choisi la gratuité scolaire mais les gouvernements ont rogné progressivement, de façon hypocrite, cet acquis pour la société québécoise.