La ferme-école du Cégep prête à livrer ses légumes bios



Les jardins sont prêts à livrer leurs légumes.

Les jardins sont prêts à livrer leurs légumes.

Hélène Ruel
Publié le 27 Juillet 2011
Publié le 27 Juillet 2011
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L’histoire retiendra peut-être qu’en cette année du 150e anniversaire de Victoriaville, la ferme-école du cégep de Victoriaville a commencé à cultiver ses légumes… et l’avenir de ses étudiants en agriculture biologique tout au bout du Boisé des frères.

Sujets :
Ville de Victoriaville , Marché de solidarité de Victoriaville , Centre d’expertise , Boulevard des Bois-Francs Sud , Secteur Arthabaska , Victoriaville

Jusqu’ici, le cégep louait des parcelles de terrain à la ferme Tourmaline pour offrir un lieu de stage en production maraîchère.

Le Boisé des frères, devenu propriété de la Ville de Victoriaville, accueille sa première cohorte de neuf étudiants et étudiantes de deuxième année.

Avec leur prof Ghislain Jutras, ces jeunes âgés entre 20 et 30 ans cultivent un immense jardin d’un hectare, la moitié en engrais verts, l’autre en légumes, parce que, d’une année à l’autre, on cultive en rotation sur les dix parcelles. Deux techniciens, Yvon Houle et Alexandre Tanguay, leur prêtent main-forte.

Et parce qu’on est à la toute veille du boom dans les récoltes, dès lundi, au kiosque qu’exploite toujours Joël Roux (où les habitués font le plein de pommes), les étudiants offriront aussi les fruits de leur travail. Le kiosque est situé derrière l'ancienne maison des frères du Sacré-Cœur, au 905, boulevard des Bois-Francs Sud dans le secteur Arthabaska. Il est ouvert tous les jours, de 9 à 18 heures pendant la semaine et de 9 à 17 heures les fins de semaine.

36 légumes

On a planté une centaine de variétés d’une trentaine d’espèces de légumes. Déjà, les concombres, oignons, aubergines, brocolis sont prêts à cueillir. De certification biologique bien sûr, puisque le programme de formation s’appuie sur ce modèle.

Depuis quelques semaines déjà, les étudiants écoulent leur production à la coopérative La Manne, ainsi qu’au Marché de solidarité de Victoriaville.

D’ailleurs, la mise en marché fait également partie de leur formation. Il a, entre autres, fallu fixer le prix des produits en tenant compte du fait que le Cégep est une institution et en tout respect pour les producteurs locaux. «Parce que l’objectif n’est pas de leur faire une concurrence déloyale», précise Ghislain Jutras.

Une immense classe verte

Cette immense classe verte accueille ses étudiants trois jours par semaine. Ils appliquent aux champs toutes les connaissances acquises au cours de leurs deux premières années de formation collégiale. On peut noter que du groupe, deux proviennent de Victoriaville; les autres proviennent d’Abitibi, d’Estrie, de Lanaudière, des Laurentides, de Montréal, du Saguenay.

Il leur faut planifier, aménager, semer, sarcler, fertiliser, observer et traquer les insectes, tenir les différents registres. Et ils apprennent à manier la vingtaine d’outils à leur disposition.

S’ils ont connu un printemps pluvieux, ils ont accueilli avec joie la canicule des derniers jours qui a fait exploser les brocolis, ont-ils remarqué. En plein cœur de l’été, le prof Jutras estime que cette première année de culture aura été somme toute très satisfaisante, faisant d’ailleurs l’éloge de l’attitude autonome et responsable de ses neuf étudiants.

Il explique que ce sont eux qui devaient choisir les variétés de légumes. Chacun a la responsabilité de quatre légumes. Mais tous sont appelés à faire le tour du grand jardin, l’entraide étant nécessaire pour certaines tâches. Le matin, ils se réunissent sous un des abris pour planifier le boulot de la journée.

Tout était à faire cette année. Et on a d’ailleurs commencé les cultures sans eau courante. Maintenant, par exemple, on dispose d’un système de micro-irrigation pour arroser le pied des plantes.

Lorsque les étudiants s’y trouvent (les lundis, mercredis, jeudis), le public peut aussi accéder au jardin et admirer les résultats de leur labeur.

Une clôture

On a pris soin de ceinturer d’une haute clôture de huit pieds de hauteur tout l’espace jardin, afin de décourager les chevreuils de brouter les récoltes… et les chiens de piétiner les légumes (ils sont pourtant interdits dans les sentiers du parc municipal). Ghislain Jutras précise que le verger sera aussi clôturé pour les mêmes raisons.

Puisqu’il s’agissait d’une première année, les jardins de la ferme-école ne se sont pas prêtés, pour l’instant, à des projets de recherche pour le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+), un organisme que le Cégep a créé.

Ghislain Jutras explique qu’il est intéressant pour les enseignants du Cégep d’avoir, «à la porte de côté», l’expertise des personnes-ressources du CETAB+. «On pourra faire des liens entre l’enseignement et la recherche.» Il s’attend à ce que l’an prochain, le CETAB+ mène des recherches sur un type d’engrais verts à la ferme-école du Boisé des frères.

Outre l’hectare déjà cultivé, un autre projet «germe» à proximité des abris de la ferme-école. Sur un demi-hectare, on a déjà ensemencé en seigle d’autres parcelles qu’on pourrait aussi cultiver plus tard en mode semi mécanisé. Cela, explique Ghislain Jutras, parce que les futurs maraîchers n’auront pas nécessairement tous les outils avec lesquels ils ont appris leur métier au Cégep. On y plantera d’autres légumes, peut-être aussi des fruits.

La ferme-école a son blogue (www.biovicto.com) où l’on peut suivre l’évolution des cultures.

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