Devant les membres du conseil d’administration du CSSS, elle a souligné qu’avec une pandémie dans le paysage, on avait fait un «grand ménage dans les façons de travailler».
La crainte de contracter la grippe A (H1N1) a constitué une occasion de multiplier les consignes de lavage de mains, de désinfection des équipements.
Ces consignes et, par exemple, le dépistage systématique du SARM pour chaque patient admis à l’hôpital, étaient déjà en vigueur au CSSS avant la pandémie, ce qui explique aussi ses résultats plutôt enviables, comparés à d’autres établissements, a expliqué Mme Hinse.
Si aucun incident fâcheux ne survient d’ici la fin de l’année (se terminant le 31 mars), l’établissement aura diminué le nombre de cas de SARM. «On en a enregistré 40 pour toute l’année dernière.
Quant au C. difficile, l’établissement a réduit de moitié le nombre de cas, 13, comparativement à 26 pour la même période l’an dernier.Le taux moyen est de 2,6 cas pour 10 000 hospitalisations ici, alors qu’il est de 5,3 ailleurs.
Hélène Hinse soutient que ces résultats sont le fruit de l’«adhésion de la direction», de la collaboration de tout le personnel, incluant celui des laboratoires . «Il faut être vigilant à temps plein et cela ne se fait pas tout seul.» Les mesures de désinfection, l’isolement des patients, l’analyse de chaque situation problématique sont, selon elle, devenus un «réflexe». Elle avait déjà raconté qu’on avait découvert que de simples petits pots de crème pouvaient devenir un vecteur d’infection lorsque les infirmières les utilisaient pour plusieurs patients.
Elle a profité de l’occasion pour tracer le bilan des cas de grippe A (H1N1) pour dire que 84 personnes avaient été hospitalisées, dont huit aux soins intensifs. L’établissement ne déplore aucun décès. Le dernier cas diagnostiqué remonte à la mi-décembre.
«Il y a des compromis qu’il ne faut pas faire, a dit le directeur général, Claude Charland. Parce qu’une personne infectée est hospitalisée plus longtemps et le lit qu’elle occupe retarde l’hospitalisation d’une autre.»
Sans compter que certaines infections «tuent» des patients, a ajouté le docteur Lajoie, membre du conseil d’administration.
Autour de la table, on s’est demandé si le CSSS ne devrait pas faire parvenir ses excellents résultats au Journal de Montréal qui, cette semaine, faisait la manchette avec des «toilettes peu accueillantes». Dans le cas de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, on mettait en évidence une salle de toilettes pour hommes aux consultations externes, déplorant la présence d’un diffuseur d’odeurs rouillé (disparu depuis). L’adjointe à la direction générale, Claire Gendron, citée par le Journal de Montréal, mentionne qu’insalubrité ne rime pas nécessairement pas avec la vétusté des installations (1963). «On se verrait mal investir dans ces salles de toilettes des consultations externes alors qu’il nous faudra tout redéfaire dans quelques années», a ajouté le directeur général, évoquant ce gros plan de transformation de l’hôpital.
Parce que, en matière d’infection, rien n’est jamais acquis, les autorités du CSSS préfèrent se féliciter en douce de leurs résultats en matière de maladies nosocomiales.
«La pandémie nous a servis, malgré tout!»
Ces bons résultats quant à l’occurrence des maladies nosocomiales dont le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) d’Arthabaska-et-de-l’Érable se félicite discrètement sont peut-être attribuables, en partie, à tout ce train de mesures prises à l’occasion de la pandémie de grippe A (H1N1). «La pandémie nous a servis, malgré tout!», a dit Hélène Hinse, directrice des soins infirmiers de l’établissement.
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Commentaires
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- Christine Besson
- - 19 Juin 2010 à 11:05:09
Bravo pour ce travail de prévention et contrôle qui montre que les infections nosocomiales ne sont pas une fatalité des soins hospitaliers mais bien un problème de gestion des soins: tout l'hôpital doit être partie prenante dans la lutte contre les IN et pas seulement l'équipe de prévention. Vos résultats sont éloquents et sont votre meilleure récompense. Pourquoi tous les hôpitaux ne peuvent-ils pas avoir le même engagement et les mêmes résultats: les patients en seraient les premiers «bénéficiaires» et le budget de la Santé Publique le 2è. Le risque zéro n'existe pas, mais on peut y tendre. Au nom de l'Association des Victimes d'infections Nosocomiales, merci de votre excellent travail et surtout ne LÂCHEZ PAS!




