Vicky Grenier y a recouru pour accoucher de façon naturelle, le 11 septembre dernier, de sa petite Alya. Une naissance tout en douceur, sans calmant, sans péridurale, bien différente de celle de son premier enfant, venu au monde à la suite d’une césarienne.
«Il faut dire que pour un AVAC (accouchement vaginal après césarienne), on doit trouver le médecin ouvert à l'idée, parce que trop souvent, on a dit «césarienne un jour, césarienne toujours». Au moment du travail et de l'accouchement, j’étais super concentrée, en contrôle de mes douleurs. Je peux même dire qu’à certains moments, je sentais vraiment mon col se dilater. J’étais tellement calme que ma sœur a trouvé que j’étais «plate» à filmer! «On dirait que tu dors», me disait-elle.»
Quant à Nathalie Lévesque, elle est convaincue que sans s’être entraînée à l’autosuggestion, la naissance de son premier enfant, le 1er octobre dernier, aurait été laborieuse, la petite Alexa se présentant au monde par le siège… et avec une semaine de retard. «Je pourrais dire que les seules douleurs que j’ai ressenties, ça a été au moment du passage, parce que, durant tout le travail, on m’a dit que j’étais zen!»
Toutes deux se sont entraînées à l’Hypnonaissance avec l’infirmière victoriavilloise Geneviève Labbé. Elle-même enceinte de son troisième enfant, la jeune praticienne a été formée il y a près de deux ans par un moniteur affilié à l’HypnoBirthing Institute. Elle tente de répandre dans la région cette méthode mise au point en 1990 par l’éducatrice américaine Marie Mongan.
Par cette technique, explique l’infirmière, les futures mamans s’entraînent à surmonter leurs peurs des douleurs de l’enfantement. La peur contracte les muscles et freine la descente, explique l’infirmière.
«La peur est imprimée dans notre culture que l’accouchement, surtout l’accouchement à froid, ça fait mal», dit Nathalie Lévesque. Et il y a plein de femmes qui, avec un brin de condescendance, s’évertuent à nous le seriner, poursuit-elle. «Dans les cours prénataux, on met d'ailleurs beaucoup le focus sur la douleur.»
Les futures mamans sont souvent ballottées entre deux «écoles de pensée», constatent les deux jeunes femmes.
Il y a celle qui mène tout droit vers la péridurale. «On a, au Québec, le plus haut de péridurale, constate l’infirmière. La péridurale supprime la douleur, c’est merveilleux. Mais elle présente aussi des inconvénients. Elle peut retarder la naissance parce qu’elle «gèle» la maman, l’empêche de travailler avec son corps, ce qui peut provoquer des déchirures. Et elle gèle aussi le bébé.»
L’infirmière sait aussi qu’il existe un autre courant qui exerce une aussi forte pression sur les femmes enceintes, les incitant à accoucher naturellement… sans toutefois leur offrir les moyens d’y parvenir.
«Ce n’est pas en apprenant quelques respirations lors d’un cours prénatal qu’on arrive à accoucher sans calmant ni péridurale!», observe Nathalie Lévesque.
Elle admet qu’avant même de savoir que son bébé naîtrait par le siège, elle était personnellement «anticésarienne », déterminée à garder le contrôle de son corps. Psychologue de formation, comme Vicky d’ailleurs, la jeune femme de Plessisville dit que l’autohypnose a fait ses preuves pour contrôler la douleur… et pas qu’au moment d’un accouchement. «Et on ne parle pas ici de l’hypnose de scène!»
En s’autosuggestionnant, la maman «accompagne» la naissance de son bébé au lieu de chercher à l’expulser, souligne Geneviève Labbé.
«Par l’autohypnose, on parvient à un état modifié de conscience, ce qui induit une relaxation profonde. L’inconscient s’ouvre alors aux suggestions, la maman et le bébé travaillant ensemble.»
Pour s’assurer qu’elle ne perdrait pas de vue ses pensées positives, Vicky Grenier avait préparé toute une série de papiers coloriés qu’elle apporterait à l’hôpital de Thetford. «Chaque vague me rapproche d’Alya», avait-elle écrit sur l’un. Sur l’autre, était inscrit «Je place toute ma confiance en moi et en mon corps». Sur un autre, elle avait rédigé cet autre «mantra» : «Je reste calme pour qu’Alya soit calme et sûre d’elle». Ses petits messages écrits, elle n’a finalement pas eu besoin de les consulter, tellement ils s’étaient incrustés dans son esprit.
Les deux mamans sont suffisamment convaincues des avantages de l’autosuggestion pour la recommander aux femmes enceintes. «Je me demande maintenant comment les filles font pour accoucher sans ça!», s’exclame Vicky.
Mais ni l’une ni l’autre ne s’aventure à présenter cette technique comme une méthode «miracle» ou «magique». Une fois les rudiments appris, il faut s’entraîner tous les jours avant l’accouchement, assurent-elles.
Et Geneviève Labbé ajoute que la méthode ne vise pas ultimement à s’éviter la péridurale ou la césarienne. «Dans ces cas, elle aura eu le mérite de faciliter la grossesse et le travail.»
Si l’on a beaucoup parlé des effets de l’autosuggestion sur la maman, les trois jeunes femmes insistent aussi pour parler des incidences d’un accouchement en douceur sur les bébés. «Les bébés sont à la fois plus calmes et plus éveillés et leurs réflexes de succion sont plus forts.»
Au Québec, deux mouvements similaires, Hypnonaissance et Hypno-Vie (mise au point par une docteure montréalaise) s’offrent aux femmes. Pour en savoir plus, on peut naviguer sur le Net. Au www.naissancedouceur.com l’infirmière victoriavilloise, seule formatrice d’Hypnonaissance dans la région présente les grandes lignes de cette méthode.
