Élections pas d’élections. Menace et contre-menace. Bluff de l’un, contre-bluff de l’autre. En fin de compte, l’affaire s’est terminée en queue de veau. Pas une cenne noir de plus pour les 638 000 chômeurs au Canada.
Harper et Ignatieff ont mis fin à leur petite chicane en décidant de former un comité de six politiciens qui vont passer l’été à « étudier » l’assurance-chômage.
Trois Conservateurs, trois Libéraux y siègeront. En plein ce qu’il faut pour favoriser les matchs nuls et s’assurer que l’affaire reviendra à la Chambre des communes le 28 septembre sans l’ombre d’un règlement.
Les Libéraux ont par ailleurs gagné le droit de choisir le sujet de débat d’une journée de plus cet automne. Toute une victoire pour les chômeurs ça! Ça met du pain sur la table.
Pourtant c’est Denis Coderre, l’éloquent Prince de l’exagération qui avait bien dit en Chambre mardi que les chômeurs allaient « crever de faim » si on n'améliorait pas le régime d’assurance-emploi dès cet été.
Ce à quoi nos chefs politiques ont répliqué avec la formation d’un comité de six personnes. « Hé les gars! Mangez du comité cet été. »
Pas surprenant que la population soit complètement désillusionnée et qu’elle vote de moins en moins.
Pourtant Michael Ignatieff avait promis sur la tête de sa vieille mère qu’il forcerait Harper à accepter son plan pour augmenter l’éligibilité à l’assurance-emploi en fixant le minimum requis à 360 heures de travail plutôt qu’aux 460 à 720 heures exigées à présent.
Harper a eu le culot de dire que de réduire l’éligibilité à 360 heures encouragerait les gens à quitter leur travail pour aller chercher l’assurance emploi. Comme si les travailleurs avec une bonne situation se battaient pour un minable 55 % de leur paie régulière?
Ignatieff n’a pas insisté. Harper, détectant une certaine faiblesse chez ce dernier, n’a pas capitulé. Fin de la soi-disant crise.
C’est Gilles Duceppe, qui a le mieux décrit la menace avortée d’Ignatieff : « Quand t’as juste une paire de deux de pique dans les mains, tu ne bluffes pas. »
Ceci dit, Harper et Ignatieff ont quand même accompli une chose importante cette semaine. Ils se sont mit d’accord pour exclure le Bloc Québécois et le NPD du portrait.
Ignatieff a peur du Bloc au Québec et Harper craint l’effet néo-démocrate ailleurs au Canada, surtout en Ontario. Donc il vaut mieux les tasser avant les élections.
Harper s’est même permis une pointe d’humour, traitant le NPD de « Bloc anglais. »
Que c’est édifiant de voir nos politiciens s’amuser de la sorte, en pleine crise économique, juste avant leur congé de trois mois.
Les chômeurs sont les grands perdants
Stephen Harper et Michael Ignatieff ont joué leur petit jeu de coulisse toute la semaine à Ottawa.
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