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«On réussit à changer des affaires!»



André Bellavance

André Bellavance

Hélène Ruel
Publié le 7 Octobre 2008
Publié le 16 Juin 2010
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«Oui, le Bloc a toujours sa raison d’être», a répondu le député sortant André Bellavance à ce collégien qui lui demandait si le Bloc québécois n’était pas qu’un «parti conservateur à Ottawa», tant il lui semblait que la promotion de la souveraineté ne faisait plus partie du programme et du discours de son chef.

Sujets :
Parti , Chambre des communes , Bloc québécois , Canada , Québec , Japon

Si la souveraineté ne faisait plus partie des objectifs du Bloc, André Bellavance a déclaré qu’il quitterait cette formation politique. «Il faut que le Québec soit assis à la table des nations comme le Canada, le Japon, la Norvège. C’est l’objectif ultime.»

Troisième candidat à participer, vendredi, à ce midi politique organisé au cégep de Victoriaville, le député sortant a justifié l’«utilité» de son Parti.

Il a dit qu’il était le seul à «défendre uniquement les intérêts du Québec».

Les autres formations politiques, a-t-il poursuivi, arborent des «plateformes centralisatrices». «On réussit à changer des affaires», a-t-il ajouté. Il a donné l’exemple de cette motion qu’il a fait adopter à la Chambre des communes pour défendre le système de gestion de l’offre pour les productions de lait, d’œufs et de volaille. Il a souligné que c’était le Bloc québécois qui avait mis au jour le problème de ces aînés - «plus de 1 000 personnes ici !» - qui ne touchaient pas leur supplément de revenu garanti alors qu’elles y avaient droit.

Dans la circonscription de Richmond-Arthabaska, il a rappelé avoir mené une bataille pour contrer les coupes dans les emplois d’été étudiants. «Parce qu’il est important que les jeunes puissent, l’été, travailler dans leur région et peut-être vouloir y rester.»

Il a ajouté être le seul candidat à présenter une plateforme électorale locale. Reprenant le slogan électoral du Bloc, il a dit qu’il avait été «Présent… et pas que pour serrer des mains et sourire au monde !». Le travail d’un député, a-t-il ajouté, consiste à traiter des centaines de dossiers, «qui ne font pas toujours la une des médias», a-t-il précisé.

Aux collégiens, il a rappelé qu’il était un «gars» de Victoriaville, ayant aussi étudié au cégep d'ici et à l’Université d’abord en communications, puis en sciences politiques. Son père (Lionel) ayant enseigné en histoire pendant trente ans, a littéralement immergé son fils André dans l’univers politique. Il a quitté le journalisme en 1993 pour devenir attaché politique du député bloquiste dans Lotbinière (Jean Landry). En 2000, il devient lui-même candidat, mais est battu par 300 voix par le député conservateur sortant André Bachand. Adjoint parlementaire du député Pierre Paquette durant quatre ans, André Bellavance dit avoir beaucoup appris, s’être créé un réseau dans tous les ministères. Il est élu en 2004, réélu en 2006. «J’ai maintenant onze ans d’expérience politique, dont quatre comme député. J’ai l’impression d’avoir livré la marchandise. J’aime cette job et je voudrais la garder», a-t-il affirmé.

Comme les autres candidats, M. Bellavance a dû répondre aux trois questions du comité organisateur de ces mardis politiques, sur l’environnement, la politique étrangère du Canada et sur les relations du Canada avec les États-Unis.

En environnement, il faut «s’assurer que les conservateurs ne soient pas majoritaires», a répondu M. Bellavance. «Ce ne serait pas terrible avec les libéraux, mais ce serait catastrophique avec les conservateurs. En 2002, Stephen Harper a déclaré que le protocole de Kyoto n’était qu’un complot socialiste pour mettre des bâtons dans les roues du capitalisme!»

Le Bloc préconise une augmentation de l’aide internationale. «Il y a un consensus dans les pays développés pour consentir l’équivalent de 0,7% de leur Produit intérieur brut. Le Canada n’a jamais approché cela ; on est à 0,3%.» Devait-on intervenir en Afghanistan ? «Oui, mais de quelle manière ? Notre intervention devrait en être une médiation, pas parce qu’il y a du pétrole ou qu’on veut faire la chasse aux taliban.» «Le Canada doit se tenir debout !», a répondu le député sortant parlant des relations commerciales avec les États-Unis. Il croit que l’éventuelle élection d’un président démocrate pourrait rejoindre les «valeurs canadiennes», mais rendra la situation commerciale plus difficile. «Il faut se rappeler que les États-Unis n’achètent pas ici par charité. Dans le bois d’œuvre, par exemple, on s’est écrasé, on s’est fait voler 1 milliard $ en droits compensateurs.»

Il a conclu la rencontre en disant qu’il avait apprécié les questions des collégiens, qu’elles lui démontraient leur intérêt pour la politique. «Si les jeunes vont moins voter, la responsabilité nous en incombe peut-être à nous les politiciens, dans notre manière d'être et de faire.»

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