Une élection dans l’ombre

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Pour la plupart des gens, l’élection présidentielle mexicaine du 1er juillet n’offre guère d’intérêt politique ou économique. Pourtant, le retour du PRI (Partido revolucionario institucional) représente un important pas en arrière pour l’État mexicain.

Mais pour comprendre cette élection, il faut connaître l’histoire politique mexicaine. Le PRI (autrefois le Parti national révolutionnaire) s’est créé dans le contexte de la fin de la révolution mexicaine qui avait réussi à détrôner le «dictateur» Porfirio Diaz. Sous le règne de Diaz, le Mexique devint très proche économiquement des États-Unis donnant un sens à la maxime «Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des États-Unis». En quelque sorte, la révolution armée menée par Zapata, Pancho Villa et Carranza permettait aux Mexicains de se délivrer de l’emprise extérieure. Après une tourmente sociale qui mena à terme, le gouvernement resta en panne alors que certains voulurent prendre une trop grande part du gâteau.

Toutefois, le PRI, avec Cardenas en tête, entreprit une nationalisation, sous une certaine flambée patriotique, des compagnies pétrolières ce qui expulsa les propriétaires financiers britanniques et états-uniens. La période d’âge d’or mexicain entrait dans ses débuts. Pendant près de quarante ans (1938-1982), la croissance économique fut au rendez-vous et l’industrie maquiladora fleurissait. C’est cependant un phénomène mondial qui eut raison du Mexique : la crise pétrolière précédée par la crise économique. Et, à cette époque, le PRI changea de courant idéologique privatisant, à nouveau, les champs pétroliers et devenant le modèle étatique idéal du néolibéralisme pour le FMI, le GATT et l’OMC.

Depuis cette période, le Mexique vit des jours difficiles avec la montée des cartels de la drogue et une émigration sans cesse croissante. Le PAN (Parti d’action nationale) aura tenté, par ses présidents Fox et Calderón, de renouer avec la paix intérieure, mais il faut se résoudre à comprendre que rien n’est plus loin qu’une solution au conflit actuel. Même si le PRI et Peña Nieto affirment vouloir combattre les démons mexicains, aucun indice ne nous permet de le croire, d’autant plus que la corruption, marque officieuse du parti, ne permet pas aux observateurs politiques de l’étranger d’espérer un retour au calme. À la fin, la défaite du PRD (Parti de la révolution démocratique) et le rejet du PAN traduisent d’une incertitude de la population vis-à-vis l’intervention militaire catastrophique et le laissez-faire gouvernemental. D’une certaine façon, le Mexique a décidé de mettre son sort entre les mains du «vieux parti», le seul qui connaît pleinement. Attendons maintenant de voir si le PRI prendra la tangente nationaliste qui l’a distingué au milieu du siècle ou la voie économique d’un libéralisme mondialisant et limitatif pour l’État.

Samuel Daigle

Asbestos

Organisations: Parti national révolutionnaire, Parti de la révolution démocratique, FMI OMC Parti d’action nationale

Lieux géographiques: Mexique, États-Unis

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