L'impasse dans le conflit étudiant : négo ou égo?

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Comme une grande majorité de citoyennes et de citoyens, je suis excessivement déçue de la suspension des négociations entre les représentants du gouvernement et des associations étudiantes. Il est inacceptable que la ministre de l’Éducation, Michèle Courchesne, ait claqué la porte.

Et pourquoi? La proposition des étudiants était plus qu’excellente. À coût nul pour les contribuables. Ils ont accepté de payer le montant de la hausse demandée, ce qui était le but de l’exercice gouvernemental : augmenter leur part de la facture. La seule différence est qu’ils ont proposé de prendre l’argent dans LEUR crédit d’impôt. On parle ici d’argent que le gouvernement leur retourne habituellement en avril. Devant des syndicats qui auraient proposé de ne pas couper leur salaire, mais plutôt de réaménager leurs avantages/vacances, à coût identique, le gouvernement aurait aussitôt accepté.

Devant des parents qui se seraient opposés à une hausse des frais de garderie en proposant de puiser plutôt l’argent dans leurs allocations familiales, le gouvernement aurait discuté. Cela s’appelle négocier. Ici, le cadre était serré, voire étouffant : négocier mais «à coût nul». Du jamais vu avec aucun autre groupe. Pourquoi? Parce qu’avec les étudiants, il n’a jamais été question de réelles négociations. Ce n’est pas l’argent qui était l’enjeu, mais la face politique. Il était hors de question que les libéraux la perdent.

Comme l’a avoué elle-même la ministre Courchesne, la solution des étudiants était intéressante. Elle aurait pu être aménagée pour ne pas retirer le crédit d’impôt aux étudiants de la formation professionnelle et ne s’appliquer qu’à ceux touchés par la hausse. Mais madame Courchesne a eu peur que cette solution ne soit pas comprise de la population, que le gouvernement «ait l’air» de plier. Voilà un jeu «d’égo» qui nous coûte pas mal cher et qui n’est pas digne de nos élus. Je n’ai jamais eu aussi hâte de voter.

En attendant, je fais crier ma casserole sous le bureau de notre député provincial. Il se nomme Claude Bachand. C’est normal de ne pas vous rappeler de lui. Il a été invisible et silencieux depuis les émeutes de mai à Victoriaville. Un politicien qui se cache de la sorte en des temps pareils, qui n’ose venir nous expliquer comment il a pu voter pour une loi spéciale qui brime la liberté d’expression et d’association ne mérite pas de se montrer le bout du nez au prochain scrutin. Nous n’oublierons pas.

Maureen Martineau

Tingwick

Lieux géographiques: Victoriaville

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Derniers commentaires

  • Jean
    21 juin 2012 - 13:55

    Manif par ici, manif par là, les médias disent que le Québec est en crise sociale. Si je calcul bien on est + ou - 8,000,000 de citoyens au Québec, des manifs quotidiennes à Montréal, Québec et Sherbroke qui compte + ou - 3000 manifestants au total. Allo la crise il y a quand même + ou - 7,997,000 de québecois qui passent un bel été.

  • marie
    18 juin 2012 - 15:15

    Primo, ce ne sont pas NOS étudiants, mais LES étudiants. Les gens n'appartiennent à personne. Secondo, la vie d'Alexandre a été menacé par des manifestants qui ont décidé d'agir dans la violence, on appelle ça des dommages collatéraux. Tertio, les casseroles, les chaudrons et les cuillères de bois, gardez ça dans vos cuisines à l'endroit où ils ont une utilité !

  • Judith Talbot
    06 juin 2012 - 06:01

    D'accord que le gouvernement a été incompétent dans la négociation. Il aurait pu contnuer de discuter pour arriver à un arrangement. Il a préféré montrer le gros bras pour faire monter les sondages en sa faveur.

    • Jean-Denis
      18 juin 2012 - 13:29

      Je constate que ceux qui sont défavorables à la position de Maureen le font sous forme d'anonymat. Est-ce si gênant que cela de s'identifier ?

  • à toi Maureen
    05 juin 2012 - 23:04

    Toujours la même rengaine, les étudiants et contestataires, famille et syndicaliste etc, n'ont rien fait encore une fois, c'est encore une fois la méchante police qui a commencé les premiers, vous jouez aux enfants," c'est pas moi c'est l'autre" le pauvre Alexandre qui aurait pu se faire tuer, peut-être que c'était sa gang qui lui a tire quelque chose par la tête, c'est ce qu'ils tiraient aux policiers, des roches, de l'asphalte,des boules de billard, coudon, est-ce que vous vouliez les tuer, c'est un acte d'agression criminel, et il faudrait que nos policiers les laissent faire et se sauvent, ce n'est pas ca le respect de la loi.Vous avez été gazé , et c'était mérité car on vous avait averti plusieurs fois de reculer et de ne pas tout virer à l'envers, mais la loi n'est pas faite pour être respectée.C'est sûr qu'au mois d'août ca va recommencer, car les syndicats étudiants ne sont pas intéressés aux offres, ils veulent la tête de Charest, et au moins même si je ne l'aime pas, il se tient debout, voulez-vous d'un gouvernement guenille pour vous diriger, moi pas.Arrêtez de charrier et essayez de respecter les autres et notre autorité gouvernementale, aux élections, vous vous débaraserez de ceux que vous ne voulez plus au pouvoir.

  • maureen martineau
    05 juin 2012 - 06:52

    `@YOUHOU- Je sais très bien que Tingwick est dans Richmond, mais comme bien des gens je travaille à Victoriaville et la majorité de nos étudiants post-secondaire étudient au Cegep de Victoriaville qui est touché par la oi 78. Et c'est aussi dans le comté de M.Bachand qu'a dérapé en émeute la plus violente manifestation des dernières années, celle qui a sérieusement menacé la vie du jeune Alexandre, un étudiant d'ici, venu manifester pacifiquement comme des centaines de gens de différents groupes étudaints, syndicaux ,communautaires, dont je faisais partie. Nous avons été gazés avant d'avoir le temps de nous disperser. Que l'on soit pour ou contre les demandes des étudiants, la question n'est plus là. Elle est sur le règlement du conflit qui risque de reprendre en août à la réouverture des Cegep. Comme bien des parents je n'ai pas envie que toutes ces contestations se poursuivent à l'automne. Je continue de croire qu'une excellente proposition était sur la table et que le gouvernement a saboté la sortie de crise au nom de son égo. Et vous avez raison , je rajouterai aussi le nom de M.Vallières qui devra lui aussi répondre devant nous des choix de son gouvernement de ne pas avoir su mieux gérer la plus longue crise étudiante de notre histoire. Il a au moins eu le courage de venir nous expliquer ses choix ce que l'invisible monsieur Bachand n'a pas encore fait.

    • Pour votre information
      05 juin 2012 - 07:44

      Pour votre information madame Martineau, Claude Bachand a publié un texte complet sur sa position sur "lanouvelle.net". Vous gagneriez à être un peu plus informée!

  • encore un parti pris pour les grands enfants
    04 juin 2012 - 16:27

    Chère Maureen, vous auriez bien voulu que le gouvernement donne comme le veut tout ce que les étudiants demandent, on ne peut rien leur refuser car ils se foutent des lois et sont prêts à tout s'ils n'ont pas leur bonbon.il est certain que ce que veulent les protestataires et la gang de suiveux avec leurs casseroles, c'est de défaire les libéraux, ils ne sont pas du tout à la hauteur, mais pensez que le P.Q. a déjà fait aussi pire avec les infirmières et les retraites de plusieurs de la fonction publique, et que l'affront que le P.Q. fait en portant la guenille rouge au parlement, ce qui veut dire qu'ils appuient tous les gestes commis par les protestataires ainsi qu'une loi votée au parlement par le gouvernement que vous avez élu, et que vous pourrez vous débarasser aux prochaines élections.Ne vous en prenez pas à Claude Bachand,il n'a pas le choix de suivre son chef et aussi, qui est assez juste pour approuver ce que les contestataires ont fait en face du Victorin, ils se sont fait brasser et le méritaient amplement, car, on leur a demandé à plusieurs reprises d'évacuer et ils étaient trop montés pour écouter les demandes, ils voulaient tout casser sur leur chemin, et on les a arrêté, pauvres eux, c'était triste à entendre certains journalistes dire que les policiers était trop durs avec les fauteurs de trouble, auriez-vous voulu que des politiciens se fassent battre et qu'on mette le feu au complexe, là on aurait dit que les policiers n'avaient pas fait leur job,..... branchons nous pour une fois et arrêtons de les plaindre ces pauvres petits contestataires, ils n'ont pas fini de faire de la mer... au Québec,attendez voir Montréal, ca va rempirer, c'est triste.

  • André
    04 juin 2012 - 15:52

    Eh bien, tapez sur votre casserolle, mais s'il vous plaît, faites-le dans votre sous-sol, les fenetres fermées pour ne pas déranger personne...

  • Tingwick
    04 juin 2012 - 12:43

    En passant, à Tingwick, notre député c'est Yvon Vallière, pas Claude Bachand. À trop taper sur des chaudrons, on perd le sens de l'orientation.

  • Youhou
    04 juin 2012 - 12:12

    Madame Martineau, De toute évidence, vos connaissances en politique provinciale sont très minces... Pour votre information, Tingwick n'est pas dans le comté d'Arthabaska. Bonne journée!

    • yves
      04 juin 2012 - 20:09

      C'est dommage de voir les jeunes se faire détester de la sorte. Tout ceci grace à une poignée d'étudiants qui poussent très fort l'absurde. Si au moins on amenait quelque chose de constructif, de créatif. Il semble qu'il y a seulement le boycott. C'est de la foutaise, les formes d'intimidation utilisées sont inspirées des vielles facons de faire qu'on observe depuis des dizaines d'années. J'attends toujours de voir le coté imaginatif des jeunes se manifester. Jusqu'ici je n,ai vu que de la vielle rétorique.