Dans une société qui vise réellement l’élimination de la pauvreté et la diminution des écarts de richesse, l’éducation doit occuper une place de premier plan. Elle doit être accessible afin de favoriser le plein potentiel des individus . Or, le gouvernement affirme d’un côté que l’éducation est sa priorité numéro un et qu’elle constitue le moyen, avec l’emploi, pour combattre la pauvreté. De l’autre, il annonce une hausse drastique des frais de scolarité qui, à terme, fera grimper de 2 168 $ à 3 793 $ la facture d’une année universitaire et entraînera inévitablement une baisse de fréquentation.
Ce sera la situation des étudiants fréquentant actuellement le Cégep, provenant de milieu modeste et désirant poursuivre des études universitaires. Cette réalité représente un non-sens total que des étudiants souhaitent dénoncer et contrer par le mouvement de grève actuel. Or, vendredi dernier, l’ensemble des étudiantes et des étudiants du cégep de Victoriaville ont voté contre une grève renouvelable à 70%. Cependant, les étudiants des programmes de Gestion et exploitation d’entreprise agricole (GEEA) profil agriculture biologique et Arts et lettres profil Culture et communication ont voté majoritairement pour la grève lors d’une réunion spéciale de leur programme lundi midi dernier. Ils ont donc décidé de boycotter leurs cours. La proposition qui a été adoptée est la suivante :
«Le 26 mars 2012, en réaction au refus de grève contre la hausse des frais de scolarité, adopté par l’ensemble du cégep de Victoriaville, nous, les étudiants d’agriculture biologique et de communication avons voté en majorité en faveur d’un boycott de tous nos cours, autant généraux que spécifiques aux programmes. Toutefois, par obligation légale, nous ne pouvons pas empêcher d’entrer dans les locaux de classe les autres étudiants et membres du personnel. Ainsi, notre présence avant le début des cours est une action symbolique; nous y inviterons les étudiants de nos programmes à y participer, peu importe leur position, afin de donner une ampleur significative à notre action.»
Cela-dit, les étudiants de ces deux programmes désirent se dissocier du mouvement majoritaire contre la grève afin de donner leur appui au mouvement étudiant actuelle dont l’objet principal consiste à faire pression sur le gouvernement par des actions concrètes. Grâce à ces moyens de pressions, ralliés avec ceux des étudiants en grève dans l’ensemble de la province, nous désirons montrer au gouvernement Charest qu’il n’a pas d’autre choix que d’écouter les étudiants et de réviser totalement sa position sur la hausse des frais de scolarité. Le droit à l’éducation ne doit en aucun cas passer par sa marchandisation; l’éducation ne doit pas endosser la forme d’une économie du savoir. Malgré tout, l’action développée ici ne concerne que les élèves des programmes respectifs et n’affecte pas ceux qui ce sont prononcé contre la grève. Le boycott se déroulera dans le respect et de manière pacifique. Des actions seront faites à chaque jour de la semaine afin de faire entendre les idées rattachées au refus de ladite hausse.
Les étudiantes et étudiantes en agriculture biologique et Arts et lettres profils communication du cégep de Victoriaville
