Beaucoup de gens disent de moi que je suis un homme doté d'une intelligence supérieure à la moyenne. À ceux-ci, je réponds que je suis simplement bien documenté. Ayant un grand sens d'improbité intellectuelle, un flair instinctif, une intuition hors du commun, une mémoire phénoménale, une large ouverture d'esprit et surtout, une bonne capacité d'objectivité, je suis d'avis que je suis le candidat idéal pour trancher un litige aussi controversé et qui ne laisse personne indifférent, plaise à Dame Pauline Gilbert et à Dame Lise St-Pierre.
Pauvres bêtes! On ne les veut ni dans les parcs, ni dans les restaurants. On ne veut pas d'elles dans les édifices publics, ni dans les endroits commerciaux. Pour finir le bal, 80% des propriétaires ne les veulent même pas, et, comble de malheur, les gens les refusent sur la piste piétonnière. Mais où vont-elles aller pauvres petites bêtes? Et il restera toujours des imbéciles pour dire que «le chien est le meilleur ami de l'homme»… Avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis! Je ne pourrais même pas traiter les gens qui émettent de tels commentaires de «cervelles d'oiseau », car ce serait rabaisser les pauvres oiseaux. Sur la première page d'un journal, souvent l'on voit qu'un chien a sauvé un bambin de la noyade, une famille complète sauvée d'une mort certaine parce qu'un chien a reniflé la fumée d'un début d'incendie et a aboyé pour tirer la famille d'un profond sommeil. «Merci Fido, t'es un héros»… «Bon chien-chien, bon chien… sois fin! Fais le bien! hein!»
Je déclare ce qui suit. De un, la piste cyclable n'est que synonyme de nom, car plusieurs municipalités vont plutôt appeler cela piste piétonnière donc pour piéton. Et pourtant, on y voit des vélos. C'est comme dans l'espace aérien. On n'y voit pas seulement que des avions; il y a des oiseaux, des montgolfières, des parachutistes, etc. Suivant cet exemple, sur une piste cyclable, il y a toutes sortes de choses avec lesquelles on doit composer. C'est que l'on appelle vivre en collectivité. Le gros bon sens nous dit que, vivant en société, il faut faire avec.
De deux, n'oubliiez pas que 75% des gens possèdent des animaux de compagnie.
De trois, n'oubliez pas qu'au milieu des années 1940 et 1950, les gens avaient en moyenne 12 enfants et aujourd'hui, il n'est pas rare qu'il y ait dans certaines familles de 5 à 6 chiens.
De quatre, les triporteurs les skateboards et les roller blades ont beaucoup en commun avec les vélos. C'est rouli, c'est roulant.
Concernant les dangers de morsures et tout autre attaque provenant d'un chien, je n'ai jamais entendu parler d'un tel comportement sur la piste cyclable depuis la dernière décennie. Rimouski, ville de 40 000 habitants, similaire à Victoriaville en fait de population, n'a connu aucun meurtre en 30 ans. Victoriaville et son agglomération immédiate ont connu l'incroyable nombre de 17 meurtres depuis la dernière décennie. Mme St-Pierre, je vous dis que moi, René Martineau, lorsque je prends une marche sur la piste, j'ai bien plus peur du chien à deux pattes que du chien «à quatre pattes».
Pour ce qui est des excréments, j'ai déjà élaboré sur le sujet. Que l'on oblige les propriétaires de chiens à leur faire porter une couche. Il y en a dans toutes les animaleries.
Revenons aux excréments. Je dis que si une personne n'est pas assez intelligente pour passer à côté d'une crotte de chien ou si tout au plus elle n'est pas assez brillante pour au moins se lever les pieds et passer par-dessus, et bien cette personne n'est rien d'autre que l'artisane de sa mésaventure et elle doit en subir les conséquences désagréables.
Pour ce qui est des chiens dits «menaçants», genre Pitt bull, sachez, madame, que le gros du problème, ce n'est pas le chien. C'est plutôt derrière la laisse en général. Si vous voyez un individu se balader avec un Pitt bull menaçant, n'observez pas que l'animal, mais regardez plutôt l'individu au regard fuyant, plein de tatouages, la calotte avec la palette virée à l'envers, le fond de culotte qui traîne à terre, la marche à spring. C'est ce même profil d'individu que vous allez retrouver dans les courses de démolition d'autos ou encore dans les foules des combats ultimes et ses dérivés. C'est ce même profil d'individu qui va se vanter de ne pas être violent. En ce que cela me concerne, je suis d'avis que ce genre d'individu, s'il n'aime pas la violence et les Pitt bulls violents, il a le talent de les rendre violents. Je me dis que s'il n'aime pas la violence, il ne doit certainement pas en avoir dédain non plus.
Je connais aussi des gens très intelligents qui sont propriétaires de Pitt bull et qui n'en font pas des animaux dangereux. Ils sont très dociles, affectueux et de bonne compagnie. Cela dépend de qui tient la laisse et surtout, ce qu'il a comme jugement entre les deux oreilles.
À titre de comparaison, Madame, vous avez certainement entendu parler de ces «damnés» de Honda Civic «Hatchback» qui ont été impliqués dans de graves accidents souvent causés par des jeunes. J'entends encore les gens dire : «Encore une maudite Honda Civic qui a tué des gens!» Non, non, madame, la Honda Civic et l'une des meilleures voitures compactes au monde. Le problème, ce n'est pas l'auto le gros problème, c'est derrière le volant. J'ai déjà vu une Civic avec cinq «Crack Pots» à bord : derrière le volant, j'ai nommé Ti-Proutte, à ses côtés Ti-Clin, assis derrière Fonfon, Tizoune et Big Boy, roulant à plus de 130 kilomètres dans une zone de 50. La clique a perdu le contrôle du véhicule pour aller frapper de plein fouet une fillette de 10 ans. Le résultat et la morale de toute cette histoire : deux scientifiques, deux neurologues secondés d'une demi-douzaine d'infirmières spécialisées tentent désespérément d'arracher des griffes de la mort le geste d'un imbécile. Et ça Madame, des imbéciles, il y en a! Et vous en côtoyez régulièrement. C'est dommage, je dirais même qu'il est triste et regrettable qu'il en soit ainsi.
Je termine mon long verbiage en félicitant les deux dames pour leur bon jugement, en l'occurrence Mme Lise St-Pierre et Me Pauline Gilbert. Ces deux dames ont eu le courage de s'exprimer publiquement et avec beaucoup de tact et de maturité. C'est tout en leur honneur. Fin de la citation.
René Martineau,
le favori d'Infoman,
ex-candidat à la mairie de Victoriaville,
humoriste, polémiste
politiquement parlant
J'ai toujours eu des chiens, berger allemand, doberman...et je redis et réécris ces mots: BCBM. Bon chien, bon maître!!! Et merci monsieur Martineau...j'ai beaucoup apprécié votre article!!!