Joyeux Noël

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Déjà presque deux mois que nous sommes en Europe. Le temps passe vite. Nos journées, comme au Québec, se suivent et se ressemblent.

Bien sûr, il y a les imprévus, les surprises du quotidien, les rencontres inattendues et en ce sens, chaque matin rappelle le précédent. Et quand quelques Asbestriens septiques nous demande : «mais qu’est-ce que vous faites aussi longtemps loin de la rue Manville»?, je lui réponds : «rien!» En fait, je m’aperçois que je devrais dire : «tout! nous vivons.» Non pas parce que nous ne le faisons pas dans la Belle Province, mais parce qu’ici tout est différent.

Je nous trouve bien chanceux de pouvoir vivre ces hivers loin du déneigement de l’auto et de la tuque qui s’envole au vent. Le soleil, chaud, mais jamais brûlant, est pratiquement toujours au rendez-vous, la brise du large nous apporte une fraîcheur bienfaitrice et au cours des années, nous rencontrons des gens nouveaux, quelques Québécois et beaucoup d’Espagnols qui nous adoptent à force de nous voir passer devant chez eux chaque matin.

Au «buenos dias!» que nous lançons poliment au vieil homme en pantoufles assis devant la porte de sa maison chaulée, l’écho nous renvoie un «va con Dios!» plein de douceur, de chaleur méditerranéenne et de simplicité. Nous nous risquons à engager la conversation avec la jeune mère de famille qui berce amoureusement son bébé, avec la vieille toute ratatinée qui ramasse des noix dans la cour de la bibliothèque ou avec les éducatrices enthousiastes de la garderie au coin de notre rue.

Ce sont ces petits bonheurs banals qui nous remplissent le cœur par leur spontanéité et leur côté éphémère. Ces Andaloux que nous croisons au cours de nos marches quotidiennes ne savent rien de nous, ni qui nous sommes, ni d’où nous venons. Et pourtant ils nous accueillent avec le sourire complice des gens de la famille.

Comme c’est facile d’être heureux quand on n’a pas besoin de se cacher derrière l’image qu’on a nous-mêmes laborieusement fabriquée au cours des années! Comme c’est reposant de ne pas avoir à s’expliquer sur le «pourquoi» et le «comment»! Comme j’aimerais pouvoir toujours transporter avec moi cette insouciance comme un escargot trimballe sa coquille sans se douter qu’elle est un poids pour lui! L’année dernière, dans une rue d’une ville du Rajasthan, une inscription balafrait la façade d’une maison. Ce n’était pas un vulgaire tag mal coloré et dénué de tout sens, mais une simple phrase en anglais, proprement peinte en blanc sur le mur ocre et qui se traduisait par : «le secret du bonheur est d’être satisfait de ce qu’on a».

Dans une dizaine de jours, nous allons vivre une autre aventure, bien loin de nos douces ballades à travers les rues de Torremolinos, de nos achats chez les commerçants affables et de nos repas sur le balcon au troisième étage du 2, rue Montmartre.

Là encore, je nous considère choyés et je vous souhaite de pouvoir vivre le plus rapidement possible des moments de bien-être tel que ceux que nous savourons, où que vous soyez et quoi que vous fassiez. Noël approche! Alors, que Papa Noël et los Reyes Magos vous couvrent de mille cadeaux! De mon côté, je ne peux que vous souhaiter le plus sincèrement du monde de très joyeuses fêtes et que l’année nouvelle vous apporte tout le bonheur possible, dans la paix et la sérénité.

Henri Veyan et Micheline

Lieux géographiques: Europe, Québec, Rue Manville Rajasthan Torremolinos Rue Montmartre

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