Le plus décourageant est le fait que c'est notre système économique actuel qui sabote les efforts de la conscientisation de la population aux bienfaits de la récupération pour notre survie, cette conscientisation étant la plus difficile à faire.
Comment se fait-il qu'il n'y a plus de demandes pour les matières récupérées? Comment se fait-il que les prix de ces matières chutent de la sorte au point de ne plus trouver de rentabilité pour les centres de tri, alors que ces matières sont récupérées à la source, de façon volontaire et bénévolement par les citoyens consciencieux qui ont compris l'importance de ne plus générer de déchets? Comment se fait-il que s’il y a des matières aux centres de tri, c'est qu'il y a eu de la consommation de ces mêmes matières, sinon, elles ne se retrouveraient pas dans les bacs de récupération? Que se passe-t-il avec cette joute capitaliste de l'offre et de la demande?
Je m'inquiète que les gestes positifs offerts aux citoyens pour protéger l'environnement et l'avenir de nos enfants soient toujours aussi vulnérables à l'idéologie capitaliste d'une économie basée sur la surconsommation et le profit à tout prix, même au prix de la possibilité d'extinction de la race humaine.
Comment se fait-il qu'il se consomme toujours autant et même plus de papier qu'hier et qu'on nous laisse croire qu'il n'y a plus de demande pour le papier recyclé?
Comme ce sont les profits qui influencent les décisions des compagnies, serait-ce que c'est plus payant pour elles d'enfouir le plus de matières possible, plutôt que se donner la peine de récupérer?
Pourquoi, alors que ce devrait être la priorité mondiale, l'environnement prend le bord dès que, sur le plan économique, un ralentissement se fait sentir?
Depuis la révolution industrielle, la surconsommation est prônée, sous prétexte d'apporter une croissance économique. Cette croissance économique a-t-elle résolu les guerres, la famine, la pauvreté, les maladies, les dépressions, les dettes personnelles? Cette croissance économique n'aurait-elle servi qu'à enrichir on ne sait trop qui et contribué à détruire notre planète?
Voici quelques orientations de solutions.
Premièrement, rappelons-nous que la règle d'or en environnement repose sur les 3-R (Réduire, Réutiliser et Recycler).
Recycler est le dernier des 3-R, alors que les deux premiers R sont les plus importants. Il serait temps d'en parler un peu plus, car c'est dans ceux-ci que se trouvent les vraies solutions durables.
Concrètement, des solutions sont à notre portée.
Favoriser l'achat de produits qui ne sont pas suremballés.
Réduire la consommation de produits qui ne sont pas nécessaires.
Acheter local le plus possible. En plus de sécuriser les emplois, les matières récupérées au centre de tri seraient valorisées dans la région, plutôt que de prendre le bateau à grands frais pour produire des biens de consommation qui reprendront le bateau pour vous être vendus ici. Il n'y a rien de logique là-dedans!
Réutiliser au maximum les matières sous leurs formes premières. Un papier aluminium qui enveloppe une patate au four peut resservir encore et encore si vous y faites attention. Les pots de plastique peuvent servir, entre autres, de système d'arrosage hyper efficace et gratuit. Les contenants d'horticulture devraient être repris par les producteurs. Tous les papiers imprimés d'un seul côté devraient être réutilisés de l'autre.
Ce ne sont que quelques solutions disponibles. Il y en a bien d'autres. Ces solutions permettent de s'affranchir du système économique imparfait qui nous garde impuissants à vivre de vrais changements durables et respectueux pour notre planète à qui nous devons la vie.
Serge Fortier
Consultant en paysages écologiques et environnementaliste
L'environnement est-il en train de prendre le bord?
Avec le ralentissement économique entraînant une chute des prix des matières premières, les centres de tri sont dans une impasse. Cela a pour conséquence que tous les efforts déployés pour mettre en place un processus de récupération et de recyclage des matières sont mis en péril.
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Commentaires
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- Claude Beaulé, Vertal inc.
- - 19 Juin 2010 à 11:03:40
La partie n'est sûrement pas perdue en raison de la réduction du coût des matières premières. Évidemment, si nous laissons le soin aux grandes compagnies de décider d'imposer les lois du marché dans les matières résiduelles, on va se retrouver avec des tonnes de matières recyclables ou compostables avec moins de valeur que les coûts de traitement. Il faut créer de nombreuses entreprises de petit format pour mettre en valeur les matières recyclables et les matières compostables. De cette façon on peut créer un amortisseur contre les changements d'humeurs des multinationales des ordures ou leur volonté de manipuler les payeurs de taxes. D'ailleurs les projets à petite échelle pour le compostage se sont révélés être des solutions à long terme très rentables par l'utilisation des composteurs Big Hanna. Pour les utilisateurs de ce type de composteur de résidus alimentaires, les coûts de traitement des matières compostables ont été maîtrisés à long terme plutôt que de dépendre des coûts de transport, de collecte et d'enfouissement. Des solutions locales sont disponibles et rentables, il faut les mettre en valeur. Claude Beaulé, ing. Vertal inc.