«Il nous manque encore une dizaine de droits de passage à obtenir des propriétaires des terres qu’on voudrait longer», explique Hubert Guillemette, président du Carrefour… et «coureur des bois».
Au cours des derniers mois, avec une subvention de 15 800 $ en provenance de la Conférence régionale des élus (CRE), on a pu, entre autres, entreprendre ce long pèlerinage pour convaincre les propriétaires d’autoriser, chez eux, le passage du Sentier des trotteurs.
Il s’agit d’une étape déterminante et laborieuse, les gens du Carrefour devant rencontrer, un à un tous les propriétaires des terres et boisés que traverserait le Sentier, dans les municipalités de Chester-Est, Chesterville, Saint-Norbert-d’Arthabaska, Saint-Christophe-d’Arthabaska et Victoriaville. «Et il faut dire que tous les propriétaires n’habitent pas la région. Il y en a de la Montérégie, même des Etats-Unis.»
C’est au printemps dernier que La Nouvelle Union rendait public ce rêve discrètement caressé d’un sentier écotouristique reliant les montagnes de Chester-Est au mont Arthabaska. L’actuel Sentier des trotteurs, ouvert depuis 1999, offre deux parcours de onze kilomètres au total.
En mai dernier, Hubert Guillemette croyait que le Carrefour pouvait réaliser son rêve de prolonger le Sentier jusqu’au mont Arthabaska dès l’été 2008.
Il se montre aujourd’hui d’une extrême prudence sur la question de l’échéancier. «Parce qu’on ne reçoit pas tout l’argent qu’on demande et que les sources de financement sont rares, on préfère envisager une inauguration du long sentier à l’été 2010.»
Il laisse toutefois planer la perspective d’une ouverture par tronçons.
Beaucoup de travail reste encore à faire, admet-il, et le Carrefour n’a pas chiffré, pour le moment, ce qu’il en coûterait pour aménager le Sentier.
Si l’on ne coupe pas vraiment d’arbres, il faut tout de même dégager une étroite emprise, baliser le trajet pour renseigner les randonneurs et éviter qu’ils ne s’égarent, implanter des installations sanitaires («rustiques», précise M. Guillemette) et construire deux refuges.
«On estime qu’un randonneur pourrait prendre deux à trois jours pour franchir la vingtaine de kilomètres du Sentier. Il pourrait s’abriter pour la nuit et reprendre son trajet le lendemain. Il pourrait aussi sortir complètement du Sentier par les rangs qu’il traverse.»
Le Sentier sillonnerait les limites des terres et des boisés. «On cherche à avoir le moins d’impacts possible sur la forêt et les activités agricoles. On s’éloigne, par exemple, des cabanes à sucre et des tubulures», précise Hubert Guillemette. L’idée, c’est d’offrir aux randonneurs la possibilité de contempler la nature telle qu’elle se présente… ou telle qu’elle a été aménagée par ses propriétaires.
Le président du Carrefour a évidemment lui-même marché tout le trajet préliminaire. Il décrit les lieux. «En général, tout le Sentier se déroule en milieu forestier. Partant de Trottier Mills, on se dirigerait vers les 4e et 5e Rangs de Chester-Est. Dans certains secteurs, on a une vue panoramique, magnifique sur les montagnes. De certaines élévations, on nous dit qu’on pourrait, par beau temps, voir le pont de Trois-Rivières. À un certain endroit, le propriétaire nous a fait remarquer cette forêt de hêtres tordus qu’il compare à des sorcières!»
Et le randonneur poursuit sa marche, se dirigeant vers les 5e et 7e Rangs de Saint-Christophe-d’Arthabaska, en passant par le 6e de Saint-Norbert-d’Arthabaska.
Hubert Guillemette espère qu’à la fin du mois de mars, le Carrefour aura obtenu toutes les signatures des propriétaires pour, le mois suivant, acheminer sa deuxième demande de subvention à la CRE.
La première, de 15 800 $ (on aurait souhaité 25 000 $), a servi à élaborer le cahier d’information des propriétaires, rédiger le contrat type pour les droits de passage, aller à la rencontre des propriétaires et les organismes partenaires, cartographier les lieux, en dresser l’inventaire, dessiner le tracé préliminaire et, enfin, soumettre le bilan des activités. Parce que les résultats de la première phase justifieront l’amorce de la seconde.
Ce Sentier constituerait un nouvel atout à la carte récréotouristique des Bois-Francs, sur lequel mise aussi la Municipalité de Chester-Est, nouvelle propriétaire de l’ancienne école. «Il y aurait des possibilités pour que le Sentier des trotteurs mène aussi au village de Chester-Est ; ce ne serait pas vraiment compliqué», note Hubert Guillemette.
Sauf pour certaines portions, on envisagerait que le long Sentier des trotteurs puisse être ouvert pendant toute l’année, offrant toute la palette des couleurs saisonnières.
