Quelques étapes restent encore à franchir avant que l’organisme communautaire entreprenne, en juin espère-t-on, la construction à Victoriaville d’une maison de deux étages abritant huit chambres à coucher.
On estime à 750 000 $ le budget nécessaire pour la construction et l’aménagement de cette nouvelle ressource dont l’inauguration pourrait avoir lieu en septembre, juste à temps pour offrir des services de garde après l’école aux élèves de 12 à 21 ans.
La maison s’érigera au 101, rue d’Aston, s’intercalant entre la maison Raymond-Roy et la maison Fontaine de vie (Interval).
L’organisme avait épuisé toutes les possibilités dans ses recherches de bâtiments déjà construits, trop onéreux à adapter, trop éloignés du centre-ville ou encore, pas situés dans une zone permettant l’habitation communautaire. «Il y a plusieurs zones à Victoriaville où cet usage est autorisé, mais elles sont saturées», précise Nathalie Roussel, chargée de projet pour L’Ami-temps.
«Finalement, on a trouvé l’emplacement idéal parce qu’on sera proche de tout, des écoles accueillant notre clientèle (JPH Massicotte et Le Tandem), d’Interval, de la Maison des familles, de la bibliothèque, du dépanneur. Et on aura la piste cyclable à nos pieds», se réjouissent Marguerite Bourgeois et Diane Lavigne, toutes deux membres du conseil d’administration de l’organisme.
Le site de la future maison empiète sur quatre propriétés différentes : une partie de la cour de l’école JPH Massicotte, une autre dans le parc de Fontaine de vie (Interval avait à changer ses installations), une troisième dans la cour de la maison Raymond-Roy (la roseraie sera déplacée) et une autre portion appartenant à la Ville de Victoriaville.
La Commission scolaire des Bois-Francs (CSBF), Fontaine de vie et la maison Raymond-Roy ont tous résolu de céder – pour 1 $ - des portions de leurs terrains. La Ville de Victoriaville devrait faire de même au cours de la semaine prochaine, l’Ami-temps ayant obtenu une entente de principe. L’organisme aura aussi à faire approuver les plans de sa maison en déclin de bois au Comité consultatif d’urbanisme.
L’Ami-Temps a déjà embauché sa directrice générale, Karine Gendron, récréologue de formation, qui, durant cinq ans, dirigeait une ressource du même genre dans la région de Lanaudière (Les répits de Gaby).
Le répit que l’on veut offrir aux familles naturelles accaparées sept jours par semaine 24 heures par jour par des jeunes et des moins jeunes handicapés ou déficients requérant des soins particuliers a constitué la bougie d’allumage de ce projet.
La maison sera ouverte sept jours par semaine, vingt-quatre heures par jour la fin de semaine pour permettre aux parents de s’évader un peu, ne serait-ce que quelques heures pour apprivoiser le service ou encore le temps des deux dodos du week-end.
Mme Gendron précise que le sous-sol, le rez-de-chaussée et l’étage pourront accueillir, de jour, jusqu’à vingt personnes à la fois. La clientèle sera séparée par groupes d’âge et le ratio intervenant-client différera selon la condition des personnes.
Outre le service de répit, la maison offrira toute une panoplie de services aux parents. Des conférences, des formations (tant pour les parents que pour les professionnels), des cafés-rencontres, un camp de jour (à l’été 2009).
Mmes Lavigne (Association pour l’intégration sociale) et Bourgeois (directrice du Centre de stimulation L’Envol et présidente de L’Ami-temps) parlent de cette ressource comme d’un «milieu de vie». «Ce ne sera pas qu’un parking», précise Diane Lavigne.
Les parents pourraient, par exemple, se familiariser avec l’approche TEACCH, obtenir des trucs afin d’adapter leur résidence aux besoins de leur enfant handicapé ou encore y cueillir des idées d’activités de stimulation. Et comme on sera dans une «vraie maison», certains enfants pourront apprendre des rudiments de la vie domestique.
Parce que la nouvelle construction doit être complètement adaptée aux besoins de la clientèle, entièrement dotée de gicleurs, munie d’une plateforme élévatrice pour la clientèle en fauteuil roulant, les coûts sont plus élevés que ce à quoi on s’attendait à l’origine.
La chargée de projet, Nathalie Roussel, explique que pour la construction et l’aménagement du bâtiment, le financement proviendra essentiellement du privé.
La Fondation François-Bourgeois y est allée d’un don de 50 000 $, la Fondation des Amis d’Elliot a également promis une contribution de 25 000 $. Il se pourrait que cette dernière déniche aussi des fournisseurs pour la construction. D’autres fondations ont également été sollicitées et les entreprises le seront aussi.
Quatre sources devraient soutenir le budget de fonctionnement de l’organisme, estimé à 144 333 $ la première année (qui ne sera pas complète), à 278 596 $ la deuxième année, au cours de laquelle on s’attend à un taux d’occupation de 75% et à 367 614 $ la troisième année.
Une vingtaine d’intervenants y seront appelés à travailler, des gens formés en psychologie, éducation spécialisée, adaptation scolaire, loisirs.
Les parents devront débourser pour obtenir les services, ces contributions constituant 40% du budget de fonctionnement lorsque la ressource aura pris sa vitesse de croisière. Les contributions du milieu, des subventions et les revenus des ententes de services devraient permettre de financer les opérations.
Ces ententes de services avec divers partenaires devraient enrichir et colorer le développement de L’Ami-temps au fil des années.
La Commission scolaire des Bois-Francs (représentée par Mario Tardif) est déjà partenaire, non seulement parce qu’elle donne du terrain, mais parce qu’elle profitera de la ressource pour offrir aux parents d’élèves de plus de 12 ans un service de garde après les heures d’école. «Ce qui nous évitera d’avoir à aller chercher notre garçon de 18 ans à trois heures de l’après-midi», spécifie Diane Lavigne.
D’autres organismes, comme le Centre de santé et de services sociaux d’Athabaska-et-de-l’Érable, d’ailleurs représenté par la psychoéducatrice Geneviève Blais et la travailleuse communautaire Céline Guérin, pourraient aussi tirer profit de la création de cette nouvelle ressource. «Par exemple, pour des animations de groupe.»
Interval, le Centre de services en déficience intellectuelle, L’Envol seraient également des partenaires potentiels intéressés à utiliser la maison de L’Ami-temps.
«On a besoin d’aide!», s’exclame Diane Lavigne. L’Ami-temps a, en effet, besoin de dons, en argent ou en services, pour bâtir et meuble sa future maison.
On peut s’informer auprès d’elle en composant le 819 758-0574.
