Déjà, avant la crise, une majorité de travailleuses et travailleurs n’avait pas accès aux prestations d’assurance-chômage en cas de perte d’emploi. Présentement, ce sont pas moins de 56% des chômeuses et chômeurs qui sont excluEs du régime cela, alors que la crise nous rentre dedans et que les surplus à la caisse de l’assurance-chômage se comptent en milliards de dollars!
La crise actuelle fait ressortir encore plus clairement les déficiences du régime et la nécessité d’une réforme en profondeur, et pas seulement quelques petites «réformettes» temporaires qui sont là pour donner l’impression qu’on s’intéresse aux chômeuses et chômeurs avant les élections.
Pour les travailleuses, les travailleurs et les sans-emploi, la crise se fait sentir de bien d’autres façons. Partout, on exige de nous des reculs salariaux, des coupures dans les fonds de pension, et encore plus de flexibilité. Celles et ceux qui restent après une vague de mises-à-pied doivent travailler pour deux. Et pendant ce temps, le coût de la vie ne cesse d’augmenter; depuis un an, le coût du panier d’épicerie a augmenté de plus de 5%. Pas étonnant que l’endettement des ménages atteint un sommet historique et qu’il y ait de plus en plus de gens contraints de faire appel aux banques alimentaires.
Pour sortir de la crise, les gouvernements ont décidé de venir en aide à ceux-là même qui l’ont créée, plutôt qu’à celles et ceux qui la subissent. Alors que pendant des années, on nous a dit qu’il n’y avait pas d’argent pour investir dans les services publics comme la santé et l’éducation, il n’y a maintenant plus de limite à l’utilisation des fonds publics pour venir en aide au grand capital.
Après des décennies de coupures, le gouvernement Harper a annoncé de petits assouplissements, des mesures temporaires et spécifiques comme la prolongation de cinq semaines de la durée des prestations ou encore l’aide à la formation, mais qui ne règlent en rien le problème d’accessibilité au régime.
La crise actuelle nous touche de multiples façons. Il faut donc mettre de l’avant des changements importants, qui répondent davantage aux besoins des gens et aux buts qui ont mené à la création de ce régime d’assurance en cas de perte d’emploi :
Un seuil unique d’admissibilité de 350 heures.
Un plancher minimum de 35 semaines de prestations.
Un taux de prestation d’au moins 60%.
L’abolition des exclusions de plus de six (6) semaines.
On a besoin de tisser des liens de solidarité durables afin que tous les citoyens puissent vivre dans des conditions de vie correctes qui donnent les chances à tous et toutes de se développer pleinement et de contribuer au bien-être collectif. Sans discrimination.
Le Regroupement des sans-emploi des Bois-Francs (tiré du manifeste du Mouvement autonome et solidaire des sans-emploi)
La crise des sans-emploi
Pour les chômeuses et les chômeurs, pour les milliers de travailleuses et de travailleurs qui ont perdu et perdent leur emploi, la crise n’a fait qu’empirer une situation déjà difficile. Elle signifie une plus grande pauvreté et une augmentation de la précarité du travail.
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