Dernièrement, lors d’une discussion entre gens civilisés, une personne dit, en parlant de l’aide sociale : «Pourquoi la société devrait-elle payer pour des personnes qui ne travaillent pas»? Réponse instantanée de ma part : «Parce que c’est un droit pour la personne de recevoir de l’aide de dernier recours!». J’ajoute à ceci que c’est, en plus d’un droit, un devoir de citoyen de faire sa demande d’aide sociale lorsque le besoin est présent.
Un devoir en ce sens que nous devons assurer l’essentiel pour sa survie et celle de notre famille. Les prestations d’aide de dernier recours peuvent être indispensables pour certains individus afin de subvenir à leurs propres besoins, ceux de leurs enfants et de leur conjoint.
Souvent, nous disons que pour prendre soin des autres, nous devons avant tout avoir pris soin de soi-même pour être en mesure de donner un certain support aux autres. Lorsqu’une maman ne se demande pas si ses enfants auront suffisamment à manger pour souper, elle est en mesure d’être plus à l’écoute des problèmes que vivent ses enfants, pourra être plus disponible à jouer avec eux. En résumé, ça permet d’avoir l’esprit ailleurs que dans les soucis et d’être réceptif aux autres.
Le droit à l’aide sociale est inclus, d’une certaine manière, dans la Charte des droits et libertés de la personne qui fut adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, le 27 juin 1975. Elle commence en stipulant et en considérant que : «tout être humain possède des droits et libertés intrinsèques, destinés à assurer sa protection et son épanouissement».
L’épanouissement de la personne ne passe-t-il pas, premièrement, par la possibilité d’avoir assez d’argent pour subvenir minimalement à ses besoins? À titre d’exemple, l’article 34 de la Charte stipule que : «Toute personne a droit de se faire représenter par un avocat ou d'en être assistée devant tout tribunal.» N’a-t-on pas droit à l’Aide juridique lorsque nous sommes à faible revenu?
Dans un article antérieur, nous avions déjà fait allusion au fait qu’au Québec, au début du siècle dernier, les congrégations religieuses s’étaient donné comme mandat de demander la charité pour les plus démunis afin de venir en aide aux prisonniers, aux pauvres et aux mères de famille monoparentale, par exemple. Depuis le début du siècle dernier, les valeurs des gens ont bien changé. En effet, l’entraide, valeur traditionnelle importante, semble ne plus être à la mode aujourd’hui.
Ce qui importe de nos jours est essentiellement un cadrage sur son propre bien-être et les gens oublient quelques fois que l’entraide c’est toujours à la mode. La société a aussi comme mandat de venir en aide aux citoyens qui sont démunis, c’est un devoir!
Sincèrement, quand j’entends que la société devrait laisser des personnes sans aucune ressource financière, de jeunes familles, des gens plus démunis socialement (analphabétisme, manque de scolarité, déficience intellectuelle, maladie mentale) et que les personnes possédant toutes leurs capacités ne peuvent faire collectivement un effort afin de rendre une certaine qualité de vie à ceux qui donnent de manière autre que par une contribution professionnelle, ça me révolte grandement. Les gens moins bien nantis offrent beaucoup à la société. En effet, ce sont des personnes qui donnent de leur temps comme bénévole, partagent leurs expériences.
Si tous les Hommes naissent égaux, il faudrait faire en sorte que le partage des richesses soit davantage équitable et permettre ainsi aux moins bien nantis de se tailler une toute petite place au soleil. Abandonner les gens dans le besoin et les priver de cette ressource québécoise qu’est l’aide de dernier recours, c’est tout comme les priver des battements du cœur, on les laisse à eux-mêmes avec l’isolement que cela comporte. Finalement, ne pas se prévaloir de son droit à l’aide sociale quand nous sommes dans le besoin, c’est une euthanasie sociale.
Diane Bilodeau, coordonnatrice au CDPAS-Victo
(Comité pour les droits des personnes assistées sociales)
L'aide sociale : un droit que l'on doit fait valoir!
«Le superflu des riches devrait servir pour le nécessaire des pauvres, mais tout au contraire, le nécessaire des pauvres sert pour le superflu des riches.» Jean Domat
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