Le 15 juin dernier, il lançait les «Rendez-vous de la solidarité 09» avec des consultations nationales à Québec. C’est maintenant au tour des régions d’être consultées. Le 25 septembre dernier, à l’hôtel le Dauphin de Drummondville, 25 organisations du Centre-du-Québec étaient invitées à y participer.
Malheureusement, cette consultation est considérée comme une opération bidon par plusieurs groupes communautaires parce que la démarche, à bien des égards, s’avère biaisée. Le gouvernement a, d’une part, filtré ses invitations à un point tel que la liste d’invitation a été gardée secrète jusqu’à la fin. Pourquoi tout ce mystère autour d’un exercice qui se targue d’être «à l’écoute de la région»?
Parmi la brochette de participants, constituée à une très forte majorité de représentants d’institutions publiques, d’élus municipaux, du monde syndical, de délégués de bureaux régionaux de ministères et de représentants du monde économique, l’avis et l’expertise de très peu d’organismes communautaires ont été sollicités. Ceux-ci sont pourtant les premiers à côtoyer et aider les personnes en situation de pauvreté, à entendre leurs histoires, à constater les difficultés quotidiennes, à chercher les moyens de leur venir en aide.
Afin d’être entendus dans notre région, une manifestation a été organisée devant l’Hôtel Le Dauphin. Les gens présents, 21 personnes représentant 13 groupes communautaires, avaient des revendications claires pour monsieur le Ministre Hamad. Leur message est le même depuis l’adoption de la Loi en 2002 : il faut s’attaquer aux structures de la pauvreté et non seulement à ses conséquences. La pauvreté relève d’une organisation sociale où la richesse est mal distribuée. Le revenu des personnes est insuffisant. Un revenu insuffisant ne leur permet pas d’avoir un logement adéquat, limite l’accès à l’éducation, ne permet pas de se nourrir sainement, brime le droit à la dignité.
Le gouvernement en place propose une nouvelle «approche territoriale intégrée» (ATI) qui vise à mettre en place des services ciblés régionalement. Bien sûr, ces contributions peuvent atténuer les effets de la pauvreté, mais elles ne s’attaquent nullement à ses causes réelles. L’État semble vouloir déléguer ses responsabilités alors qu’il est de son devoir de mener un combat pour éliminer la pauvreté.
La fin des catégories à l’aide sociale : une personne seule, sans contrainte à l’emploi, ne reçoit que 568 $/mois de prestation! Alors qu’une personne ayant des contraintes sévères (incapacité à travailler) est de 877 $. Comment survivre avec de tels montants? Et pourquoi faire une distinction entre les deux catégories alors que l’une et l’autre ont les mêmes besoins de bases. Le montant minimum recommandé est minimalement de 877 $ /mois.
Le rehaussement significatif de toutes les prestations d’aide sociale pour qu’elles couvrent les besoins essentiels; actuellement les prestations permettent de combler seulement 54% des besoins fondamentaux. Le coût du panier de consommation d’une personne seule est estimé à 13 462 $ par année. Une question de droit et de dignité que d’avoir assez d’argent pour couvrir les besoins de base.
Le rehaussement du salaire minimum à 10,66 $ /h. Une personne qui travaille 40 h. /sem. au salaire minimum (9 $ /h.) vit en dessous du seuil de pauvreté et ne peut subvenir aux besoins en nourriture, logement et vêtement pour elle-même et les membres de sa famille.
Le financement d’un plan de développement du logement social qui soit réellement à la hauteur des besoins; ce n’est pas tout d’avoir un toit au-dessus de sa tête, encore faut-il que ce logement soit adéquat (santé, sécurité, salubrité, infrastructures de base, respect de la vie privée, etc.) et garantissant la capacité de payer des plus démunies.
Le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CCLP), un organe gouvernemental créé à la suite de l’adoption de la Loi, recommande une révision de l’ensemble de la fiscalité pour assurer une plus grande équité entre les riches et les pauvres.
On peut trouver plus d’informations sur la lutte à la pauvreté, en consultant les sites Internet : www.cclp.gouv.qc.ca., www.pauvreté.qc.ca.
Mais, surtout, on peut aussi contacter un organisme communautaire de chez nous, engagé quotidiennement dans l’aide aux personnes en difficulté. L’ACEF, les Cuisines collectives, la Sécurité alimentaire, le Comité pour les droits des personnes assistées sociales, la Maison des femmes, etc., ces organismes de chez nous qui se trouvaient sur le trottoir avec leurs pancartes en face de l’Hôtel Le Dauphin plutôt que réunis et écoutés par le ministre…
Quand on veut vraiment entendre, c’est facile de trouver quelqu’un qui veut parler!