Nous faisions confiance au destin! C'est en buvant une bière au bord de la rivière et en admirant le coucher du soleil que nous avons aperçu les deux Suisses déambuler devant les stands de crêpes, de l'autre côté de la rue. C’était le début d'une belle aventure!
L'idée de partager nos futures péripéties avec d'autres cyclistes nous emballait. Nous avions tout de même certaines craintes à cet égard. Depuis le départ, nous avions établi des habitudes qui facilitaient notre vie de nomades. Par exemple, nous aimions déjeuner avant l'aube et profiter des premiers rayons de soleil alors que nous étions sur nos vélos.
Ainsi, depuis le Cambodge, nous avions manqué que très peu de levées de soleil. Nous aimions aussi rouler lentement et nous arrêter un peu partout pour profiter des odeurs, des couleurs et des ambiances. Enfin, nous prenions un malin plaisir à préparer nos repas en partageant une belle grosse bière froide. En faisant équipe avec le tandem, nous devrions peut-être compromettre certaines de ces habitudes. Mais en y réfléchissant bien, sommes-nous des gens qui polissent leur routine à ce point?
Autour d'un repas qui ressemblait étrangement à une raclette, nous avons planifié la suite du voyage avec les Suisses:
Francesco, pilote de tandem, est un montagnard d'expérience. Photographe professionnel à ses heures, il rapporte en Suisse des images qui ne laissent personne indifférent. Diplômé d'Oxford en physique pure, qui a dit qu'un intellectuel ne pouvait pas être cool?
Romina, puissant moteur du tandem, est aussi une montagnarde aguerrie. Ses aventures autour du globe en font rêver plus d'un! S'exprimant parfaitement dans cinq langues, pas étonnant qu'elle soit la directrice d'une auberge jeunesse de Genève! Accompagnée de Francesco, bombe atomique de muscles (tel qu'il se défini), ils forment un couple super photogénique. On ne sera pas surpris de voir les ventes de tandem exploser en Europe l'an prochain! Le but de leur voyage: revenir chez eux en vélo! Pas besoin d'être fort en géographie pour comprendre l'ampleur du projet!
Ne voulant pas trop déranger nos vieilles habitudes respectives, nous avons proposé de rouler séparés et de se rejoindre seulement pour les repas. De toute façon, c’aurait été de la folie de tenter de suivre leur char de course! Dès les premiers instants, la présence de nos amis nous donnait le sourire. Ils étaient de très bonne compagnie! Après peu de temps, nous partagions tous les instants du voyage. Peu à peu, une fraternité s'installait... si bien que leurs malheurs et bonheurs nous affectaient autant que les nôtres! Nous mettions ensemble l'énergie de quatre personnes pour franchir cette zone plutôt monotone qu'est le sud du Laos. C'était alors quatre pour un et un pour quatre!
Ensemble, nous avons passé devant cette rivière bleue qui donnait envie de s'y baigner. Une petite pause le temps d'un riz aux légumes et discussions autour d'une possible excursion dans la nature éloignée afin d'observer des cascades d'eau. Le plan était un peu compliqué, vous en conviendrez... Nous devions trouver un endroit sécuritaire pour laisser nos vélos et tout notre matériel, faire de l'auto-stop sur 20 km, négocier avec des pêcheurs pour remonter la rivière de 20 km en chaloupe et revenir avant la noirceur. Le défi était peu banal, mais nous étions lancés! Nous avons atteint notre but pour y découvrir de minuscules torrents. Une fois de plus, nous étions victimes d’une exagération touristique! Par contre, nous avons découvert un décor magnifique sur cette rivière qui traversait une vallée inhabitée. À un moment, nous avons croisé des gens bien excités de notre présence qui nous forcèrent de nous arrêter pour partager l'apéro. Il n'en fallait pas plus pour convaincre notre chauffeur de pirogue de s'arrêter. Un arrêt au milieu de nul part. Quatre Vietnamiens nous accueillirent dans ce qui semblait être leur auberge de backpacker : un bulldozer abandonné au bord de la rivière. Ils en profitèrent pour nous faire goûter des liquides et des solides tous plus dégueulasses les uns que les autres! Francesco a particulièrement apprécié la glu verte à saveur de scorpions! Nous sommes revenus à nos vélos après une pénible session d'auto-stop à la noirceur sur une autoroute déserte.
Toujours assoiffés de nouvelles aventures, nous étions motivés pour faire un feu au bord de la rivière et d'y passer la nuit... mais ça, c'est une autre histoire!
De nouveaux amis
Détrompez-vous, ce qui suit n'a rien à voir avec les notifications de votre Facebook adoré. Lors des premières semaines au Laos, la route a été généreuse avec nous. Elle nous a offert l'amitié de deux personnes ultra sympathiques : Romina et Fransesco, alias Romy & Cincio. Nous nous étions donné rendez-vous à Thakek au bord du Mekong. Pas d'endroit précis, pas d'heure non plus.
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