Son décès survient un mois jour pour jour après son 70e anniversaire de naissance, célébré le 22 février dernier.
Jean-François Nolin, ex-collègue de travail de l’animateur au franc parler, s’y est rendu à son anniversaire le mois dernier. «En notre présence, il s’est comme senti obligé de performer, a-t-il souligné. Mais ses proches nous ont dit qu’il filait un mauvais coton ces derniers temps. Il avait le moral à terre, le dépit dans le visage, comme quelqu’un subissant une défaite. Il devait sentir la fin approcher parce que le visage qu’il a démontré lorsque nous l’avons quitté signifiait qu’on ne le reverrait plus.»
Les épreuves ont accablé, ces dernières années, l’ancien animateur vedette du 1380. «Il a été frappé par la foudre à un moment, suivi par la suite d’un accident vasculaire cérébral. Des incidents qui l’ont conduit en institution. Et, dans le temps des fêtes, il a fait une sévère chute dans la salle de bain. Depuis, sa santé a décliné, tout comme son moral. Depuis plusieurs semaines, Fernand passait son temps alité», a précisé Jean-François Nolin, aujourd’hui animateur à KYQ-FM 95,7.
Pourtant, ces dernières années, «le gros Corbeil», comme il se qualifiait lui-même, était en quelque sorte ressuscité. Jean-François Nolin avait entrepris, avec le récréologue Patrick Campbell du centre Lucille-Teasdale, d’aménager dans l’institution un studio de radio, officiellement inauguré en juin 2006. «Avec cette radio, il a vécu une sorte de renaissance, retrouvant son dynamisme et une raison de vivre», a observé M. Nolin.
Comme il avait jadis son fan club à Victo, Fernand Corbeil en avait un également au centre qui l’hébergeait. «Il était très aimé des autres résidants. C’est une grande perte. Il avait le don d’amuser les gens», a signalé son ex-collègue.
Fernand Corbeil a vécu des expériences radiophoniques dans plusieurs stations au Québec, mais il a passé la majeure partie de sa vie à Victoriaville.
L’homme au franc parler, reconnu pour sa spontanéité et son humour décapant a effectué un premier passage à CFDA entre 1965 et 1973, avant de s’éclipser dans une radio de Longueuil pendant 4 ans.
Il revient au 1380 AM en août 1977, un mois après les débuts de Jean-François Nolin. «Fernand avait un public très assidu, surtout des dames au foyer. Vraiment, il était un personnage qui ne laissait personne indifférent. On l’aimait ou on ne l’aimait pas», a confié M. Nolin.
Même son de cloche du côté de Robert Daneau, ex-directeur général de CFDA, qui l’a côtoyé de près de 1985 à 1997. «Fernand était une bonne personne, mais aussi quelqu’un de très particulier. C’était un original qui faisait à sa tête. Ce n’était pas facile de le diriger. Il oubliait bien des choses», se rappelle-t-il.
«Mais il avait son public, il était très aimé d’une grande partie des gens. Toutefois, autant il était aimé, autant d’autres personnes ne le prisait guère», a fait remarquer Robert Daneau.
L’imitateur et humoriste Pierre Verville, originaire de Victoriaville (secteur Arthabaska), imitait d’ailleurs le célèbre animateur radiophonique à ses premiers spectacles sur la scène du Cinéma Laurier à Victoriaville, se souvient Jean-François Nolin.
«Il passera à l’histoire comme un personnage qui a marqué la radio des Bois-Francs, tout comme Gaston Girouard l’a fait à CFDA. Gaston a obtenu des cotes d’écoute incroyables et c’est lui qui a sous doute été le plus populaire.Et Fernand l'a suivi au niveau popularité tout comme les Claude Boisclair et Gilbert Foucault», a-t-il soutenu.
Fernand Corbeil a tiré sa révérence de la radio de Victo en 1997. «Il n’est resté que peu de temps dans la région. Originaire de Montréal, il y est retourné dans l’espoir de retrouver ses amis et sa famille», a indiqué Jean-François Nolin.
Une cérémonie de la parole sera célébrée dimanche à 11 h au pavillon J.-Henri-Charbonneau.
