Dans son exposé, le représentant de la poursuite a reconnu que «Tom» Lemieux n’était «pas un saint, ni un curé», que «jusqu’à sa mort, il était relié au monde des bars et de la vente de drogues». «Plusieurs témoins gravitent dans le milieu des stupéfiants et autour de la petite famille du bar Saint-Calixte», a-t-il indiqué.
La victime était propriétaire du bar Saint-Calixte, relié aussi au bar de danseuses nues des Vallons à Sainte-Sophie-d’Halifax.
Le jour du meurtre, affirme la poursuite, l’accusé avait organisé et planifié une rencontre avec la victime. «Que voulait-il faire? Le voler? Faire du chantage? Ou lui régler son sort une fois pour toutes?, s’est interrogé Me Breton.
Le représentant de la Couronne a fait savoir que «Tom» Lemieux a reçu dans le dos une décharge d’arme à feu, un seul tir qui a été mortel. Le crime s’est produit dans le logement numéro 2, au-dessus du bar Saint-Calixte, un logement qu’a déjà occupé Alain Émond. «Et il y a eu altercation avant le décès», a-t-il souligné.
Le procureur Breton étalera, au cours du procès, des éléments reliés au meurtrier, a-t-il dit, comme un bandeau, un gant noir retrouvé derrière la caserne de pompiers et des substances retrouvées sous les ongles de la victime. Parce que, oui, il sera question d’ADN au cours de ce procès.
«L’accusé a fait aussi des confidences à certains témoins concernant Réal Lemieux», a précisé encore le représentant du ministère public.
Un premier témoin a ensuite été entendu, le policier Gérald Lemay, un technicien en scène de crime du Service d’identité judiciaire de la SQ.
Le policier a notamment raconté qu’il avait retrouvé, dans les poches de la victime, à l’hôpital, des sommes de 985 $ et de 52,56 $, de même qu’un chèque et deux trousseaux de clés.
«Dans la nuit du 1er novembre, l’enquêteur André Roussy m’a remis un gant de cuir noir, de la main gauche, retrouvé derrière la caserne de pompiers. On y a aussi retrouvé un bouton noir, à un endroit, où selon des informations, un individu a été vu en train de se changer», a confié le policier Lemay.
Questionné par Me Breton, le technicien en scène de crime, à l’aide de photos prises sur les lieux du crime, a notamment raconté avoir trouvé, au sol, des lunettes brisées, une balle pleine et une cartouche utilisée.
Les policiers ont aussi saisi un foulard bleu à des fins d’analyse.
L’expert a également mentionné avoir remarqué en plusieurs endroits des taches et des coulisses rougeâtres, du sang. Une analyse que confirmera sans doute une biologiste judiciaire lors de son témoignage.
Enfin, le jour de l’arrestation d’Alain Émond, le 12 novembre 2008, les policiers ont mené des perquisitions dans la résidence de l’accusé et dans sa camionnette où ils ont saisi, dans le coffre à gant, une mini-enregistreuse.
L’audience reprendra à 9 h 30, mardi. Le juge Richard Grenier de la Cour supérieure préside le procès et guide, en droit, les 12 membres du jury, six femmes et six hommes, sélectionnés, en un peu plus de 90 minutes, lundi matin.
Le plus jeune juré a 20 ans et le doyen, 74 ans.
Une histoire d’argent à l’origine du meurtre de «Tom» Lemieux?
La poursuite, représentée par Me Hugo Breton, affirme qu’une histoire d’argent est au cœur du litige.
«Les relations se sont détériorées. Elles étaient mauvaises entre Réal Lemieux et Alain Émond. L’accusé ne le portait pas dans son cœur. Une histoire d’argent est au cœur du litige. Le ministère public fera la preuve hors de tout doute raisonnable que, le 31 octobre 2008, Alain Émond a commis le meurtre délibéré et planifié de Réal Lemieux», a soutenu, devant le jury, le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Hugo Breton, à l’ouverture du procès, lundi après-midi, au palais de justice de Victoriaville.
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