En cette dernière semaine de la campagne électorale, M. Lavergne a entrepris une tournée en Mauricie et au Centre-du-Québec pour véhiculer le message de la Centrale regroupant 128 syndicats dans les deux régions administratives.
En entrevue au téléphone, le président indique que cette position de la CSN résulte d’une analyse comparative des programmes des partis politiques. «On a fait ce travail en considérant les valeurs de transparence et d’éthique de la CSN», précise-t-il.
D’emblée, M. Lavergne dresse un morne bilan du gouvernement libéral avec un record de lois et de décrets passés sous le bâillon, «depuis que le Québec est civilisé». Il évoque les Lois 7 et 8 par lesquelles le gouvernement a voulu brimer le droit d’association des éducatrices en garderie, de la Loi 12, «un canon pour tuer une souris» pour réprimer la crise étudiante. Il ajoute que le gouvernement libéral n’a rien fait pour moderniser la loi antibriseurs de grève, évoquant le long conflit au Journal de Montréal.
Le président de la CSN dit qu’en matière d’éthique et de transparence, le gouvernement libéral ne peut montrer patte blanche, ayant attendu deux ans avant d’instituer une Commission d’enquête sur la construction et le financement des partis politiques.
En matière économique, le gouvernement libéral prétend qu’il a redonné de l’argent dans les poches des contribuables, poursuit Paul Lavergne. «Mais ce qu’il a donné dans une poche aux contribuables, il l’a repris… et bien davantage, dans l’autre en haussant les tarifs, en imposant une contribution santé.»
Quant à la Coalition avenir Québec, elle est «clairement antisyndicale, le chef et les candidats le répètent ad nauseam», dit le président du Conseil central.
«On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi la CAQ s’entête à dire que le Parti québécois a les mains liées avec les syndicats. On se rappelle que le Parti québécois avait été le gouvernement ayant instauré les mesures les plus draconiennes à l’égard de la fonction publique.»
M. Lavergne soutient qu’avec un gouvernement caquiste, le Québec irait plus loin vers la droite que le gouvernement libéral, avec les concepts de privatisation des services publics et d’«utilisateur-payeur».
«Nous, on est ouvertement contre la hausse des frais de scolarité, nous rappelant que l’éducation a sorti le Québec de la grande noirceur», dit M. Lavergne, qui, avant d’accéder à la présidence du Conseil central en juin 2010, enseignait au cégep de Shawinigan.
Si la CSN incite ses membres à ne pas voter pour le Parti libéral ou la Coalition avenir Québec, elle souhaite les voir choisir toute autre formation politique dont les orientations s’apparentent aux siennes. «Les plus proches sont le Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale», énumère le président.
Il conclut en disant que si les associations patronales ont le droit de s’exprimer lors d’une campagne électorale, les centrales syndicales l’ont aussi, la CSN luttant sur deux fronts : pour améliorer les conditions de travail de ses membres et pour que la société québécoise nous «ressemble un peu plus».
Et le Québec pour lequel la CSN «vote» est une société plus juste, inclusive, qui lutte contre la pauvreté et les inégalités, qui stimule la participation citoyenne et développe son économie dans une perspective de développement durable.


@Ramseb, ha! oui et vous avez des données statistiques précises sur ce que vous avancez? Les membres de la CSN voteront bien pour qui ils voudront, tout ce que le président du Conseil Central a dit, c'est que ni la CAQ ni les libéraux ne se rapprochent des valeurs que défend la CSN alors il faut voter stratégique et non émotif comme pour des partis qui de toute façon ne seront pas au pouvoir! Dans ces conditions, que nous reste-t-il donc comme choix selon vous?