Débat sur les gaz de schiste : des questions, beaucoup de questions!



Claude Bachand, Françoise David et Scott McKay

Claude Bachand, Françoise David et Scott McKay

Hélène Ruel
Publié le 26 Janvier 2011
Publié le 26 Janvier 2011
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«Ça va se faire correctement ou ça ne se fera pas pantoute!», a déclaré le député d’Arthabaska, Claude Bachand, lançant le débat sur les gaz de schiste organisé au cégep de Victoriaville dans le cadre des Mercredis des sciences humaines.

Sujets :
ADQ , BAPE , Le Devoir , Québec , Bois-Francs

Le grand auditorium de 450 places du Cépep était plein à craquer – des étudiants, mais aussi de gens du public… et de l’extérieur - pour entendre les trois participants à ce débat, le député libéral Claude Bachand, la présidente de Québec solidaire, Françoise David et le député péquiste de l’Assomption, Scott McKay, porte-parole de l’opposition officielle en matière de mines. L’ADQ n’avait pas délégué de représentant.

Mise à part la résolution adoptée en octobre dernier par la MRC d’Arthabaska en faveur d’un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste, c’est la première fois que cette question fait l’objet d’une discussion publique dans les Bois-Francs.

Strictement encadrée par l’animatrice Renée Roy, l’activité a permis de camper les positions de chacune des formations politiques. Il a duré un peu moins de deux heures incluant une période de questions pour les élèves et le public… qui en auraient eu bien d’autres.

Tout en disant comprendre les inquiétudes de tout un chacun, le député libéral s’est voulu rassurant quant aux intentions de son gouvernement. À plusieurs reprises, il a voulu «relativiser» les propos de ses «adversaires».

Un moratoire, quel moratoire?

Il serait «prématuré», selon lui, d’adopter un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. Décréter un moratoire à ce moment-ci serait irrespectueux à l’endroit de ceux qui ont déposé un mémoire et du BAPE dont on attend le rapport à la fin de février. Il dit aussi qu’il faut attendre les conclusions d’un rapport américain.

Il a parlé de ces trois comités formés en vue de formuler un projet de loi sur les hydrocarbures, devant favoriser un encadrement sécuritaire. À plusieurs reprises, il a parlé de «profits équitables» pour aujourd’hui et pour demain alors que des redevances seraient versées à un fonds des générations.

D’ailleurs, le député Bachand ne définit pas le mot «moratoire» comme Mme David et M. McKay. «Un moratoire, c’est un gel», a-t-il dit.

«C’est une pause pour nous permettre de réfléchir, de nous poser des questions», croit, plutôt, Françoise David. «On a appris, en juin, dans Le Devoir que 462 permis d’exploration avaient été octroyés à 27 entreprises, sans étude préalable (…) On a appris que le Québec était à vendre à des entreprises qui n’étaient pas québécoises. On a dit «Wo»! On a besoin d’un moratoire pour se demander, d’abord, si l’on veut produire du gaz naturel et si, oui, à quelles conditions.»

En point de presse après le débat, le député McKay a affirmé que le moratoire réclamé par Québec solidaire visait à plonger le Québec dans l’«immobilisme».

Selon le député péquiste et ancien chef du Parti vert du Québec, un moratoire – d’un ou d’un an et demi, a-t-il précisé - sur l’exploitation et l’exploration des gaz de schiste s’impose, le temps que le Québec modifie sa séculaire Loi des mines, son régime de redevances, élabore des conditions pour assurer la sécurité, la protection de l’environnement et de l’eau, forme des inspecteurs pour surveiller les travaux, «si tant est qu’on va de l’avant». Dans le cadre actuel, il ne serait pas rentable pour le Québec d’exploiter le gaz de schiste, a-t-il affirmé. Toutes les questions que l’on se pose aujourd’hui auraient dû l’être avant la livraison des permis d’exploitation, a précisé M. McKay. «Il n’y a pas eu de débat public, le gouvernement a agi en catimini.» Il a ajouté que le gouvernement se devait de «calmer le jeu» et que toutes les inquiétudes formulées jusqu’ici n’étaient pas le fait d’«écolos fanatiques».

Nationalisation économique

En lançant le concept de «nationalisation économique», le député libéral a surpris le député et surtout Mme David. «C’est un choc», a-t-elle dit, en souriant. M. Bachand n’a pu expliciter, le format du débat ne le lui permettant pas. Il a évoqué le modèle norvégien où l’État détient une certaine mainmise sur l’exploitation de ses ressources naturelles et exerce des opérations de contrôle.

Comme l’exploitation des gaz de schiste nécessiterait trop de conditions environnementales et de sécurité, Françoise David militerait davantage pour qu’un nouvel organisme public, Énergie Québec, développe de nouvelles sources renouvelables et non polluantes rentables pour l’ensemble des Québécois plutôt que pour des actionnaires d’entreprises. «Ça ne prendra pas deux ou trois ans, mais quinze ou vingt», a-t-elle dit, avant de réduire notre dépendance aux énergies fossiles.

La venue de Lucien Bouchard

Aucun des débatteurs n’a parlé de l’accession de l’ex-premier ministre péquiste, Lucien Bouchard, à la présidence de l’Association gazière et pétrolière du Québec, nouvelle fraîchement annoncée la veille.

Aux questions des journalistes après le débat, Scott McKay a parlé des talents de négociateur de M. Bouchard. «Espérons qu’il saura convaincre les gens de l’industrie gazière de prendre une pause.» Il a ajouté que la tâche de M. Bouchard serait difficile. «C’est quelqu’un qui a à cœur les intérêts collectifs des Québécois, qui veut voir le Québec progresser et ses richesses bénéficier à l’ensemble. Il va constater les mêmes choses que nous. Il pourra amener du bon sens et empêcher le gouvernement à continuer de foncer tête baissée.»

Quant à Françoise David, elle a réagi en disant que même le meilleur des communicateurs ne changerait rien à la «problématique».

Tant au micro du public qu’à celui des étudiants, les inquiétudes, les incertitudes voire l’indignation perlaient à travers toutes les questions.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Gilles T
    - 28 Janvier 2011 à 09:40:16

    Quel beau projet contre la nature qui occasionneras des glissement de terrain à long terme, nos chères penseurs ont pas encore compris que tu ne peu pas jouer dans le sol sans provoquer de réaction, je met à défit ces gens de prouver qu'il n'y auras aucune réaction souteraine après avoir injecté de l'eau sous pression dans le sol, une fois cette presion enlevé, le sol aura plus cette résistance et réagira, un bon matin ont passera sur une route et elle sera coupé, le lendemain la maison de M. Taouin sera enseveli et ont mettera celà sur le dos de la nature et non sur se que nous lui avons fait, et tout celà pour l'argent qui ne nous serviras même pas

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  • Nom de l\'usager
    Normand Labrie
    - 28 Janvier 2011 à 06:43:18

    Beaucoup de gens sont inquiet avec le gaz de schiste et avec raison ! Je suis moi-même un peu frustré envers la MRC de l' Érable...... Pourquoi avoir fait un puit de gaz de schiste dans la région de Notre-Dame de Lourde sans avoir consulté les citoyens de la MRC ???? Énormément de résidents de la MRC ne sont même pas au courant de ce puit quand on en parle ! Puis-je avoir une réponse ? Normand.

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  • Nom de l\'usager
    Nicolas C.
    - 27 Janvier 2011 à 06:11:44

    Sa maîtrise plus que superficielle des tenants et aboutissants d'un dossier énergétique pourtant fondamental, son paternalisme suranné et ses fantaisies conceptuelles douteuses ont fait de M. Bachand, aujourd'hui, le grand perdant du débat sur l'exploitation des gaz de schiste. Pour ma part, jamais n'avais-je entendu un député relayer aussi maladroitement la ligne d'un parti qui, depuis les balbutiements de cette saga, plie l'échine devant l'industrie gazière en bradant à son profit exclusif nos ressources naturelles, au risque de perturbations environnementales dont personne à ce jour ne peut estimer la portée réelle. Je conseillerais donc à M. Bachand de se contenter de représenter la volonté de ses électeurs et de militer au sein de son parti pour un "gel" de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste, le terme de moratoire étant pour lui, visiblement, trop difficile à comprendre. Félicitations aux organisateurs du débat.

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    • Nom de l\'usager
      Michel F.
      - 27 Janvier 2011 à 16:57:35

      Malheureusement je n'ai pu assisté au débat. La première question serait de savoir exactement ce qu'est le gaz de shiste. La deuxième, à quoi servira-t-il? À remplacer le mazout (huile à chauffage) l'essence pour les véhicules ou le gaz naturel. Plusieurs autres restent sans réponse comme: Combien pourra-ton en exploiter? Les redevances demandées sont-t-elles suffisantes? Et à quel prix? (Probablement la plus importante. Est-ce que ça vaut la peine au point de risquer de détruire notre environnement dèjà passablement en danger?) En supposant qu'il n'y ait pas de risques (ça va se faire correctement ou ça ne se fera pas??? dixit M. Charest, son ministre de l'environnement et même notre député libéral), ce qui est loin d'être prouvé pour l'instant, pourquoi ne serait-il pas possible de créer un genre de PPP? Un partenariat 50%-50% des revenus. Le gouvernement, c.-à-d. nous, fournissons NOTRE sol et les Cies Pétrolières (amis de nos politiciens) le capital et le risque. Ainsi le deux pourraient s'enrichir, sans compter que le gouvernement s'assure d'un certain contrôle et que nous, nous nous protègeons d'un autre produit qui, sans cela, serait sûrement surtaxé comme l'essence, l'alcool et le tabac. Et si toutefois cela ne faisait pas leurs affaires (les Cies), qu'elles aillent ailleurs. Dernières questions. Qui a nommé M. Bouchard, l'ex-premier ministre péquiste, à la présidence de l'Association Gazière et Pétrolière du Québec? Doit-on voir là un geste pour refroidir l'opposition officielle? Toute une stratégie! Chose certaine, s'il y a possibilité de faire de l'argent, de la grosse argent, soyez certains que nos politiciens auront recours à tous les moyens pour nous faire avaler la pilule. Il nous faudra être très avisés et méfiants. Comprenez moi bien, je ne dis pas que cette énergie n'est pas souhaitable. Bien au contraire. Mais assurons-nous d'abord de ne pas mettre notre avenir en péril. M.Bachand demande "quel moratoire?" Pour lui ce serait un gel en ce sens que cela signifirait l'arrêt des travaux et comités en cours. Sur ce point, je suis en accord avec lui à la condition qu'après il ne soit pas trop tard.

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