L’arrivée avait lieu tout juste le matin de l’écrasement de l’avion présidentiel polonais et le départ a été compliqué, retardé pour certains, par ce nuage de cendres volcaniques ayant complètement bloqué l’espace aérien.
À entendre Guy Morin, vice-président finances de l’entreprise Giguère et Morin de Saint-Félix-de-Kingsey, et coprésident du créneau d’excellence Meuble et bois ouvré du Centre-du-Québec qui faisait également partie de la délégation centricoise, il semble que ces séjours en territoire polonais puissent se traduire un jour par des bénéfices pour les entreprises d’ici.
Il s’attend à ce que, à moyen terme, Giguère et Morin, qui exporte déjà ses composantes de bois aux États-Unis et en France, puisse conclure des ententes. Il a ajouté que les contacts étaient assez sérieux pour que déjà, son entreprise puisse, dès maintenant, soumettre des propositions.
Parce que, auparavant, le consultant Parick Édery (installé en Pologne) que la CDEBF a mandaté, avait rendu visite aux entrepreneurs d’ici, les rendez-vous d’affaires qu’ont pu obtenir M. Morin et les autres manufacturiers avec des firmes polonaises auraient ainsi été plus «personnalisés» et fructueux. L’homme d’affaires dit que ses rendez-vous tant à la foire internationale Drema-Furnica à Poznan que ceux menés à Cracovie étaient suffisamment substantiels pour lui permettre de comprendre la «logique et les standards» de l’industrie polonaise. «On a avantage à faire connaître le bois nord-américain aux fabricants de meubles de Pologne», a ajouté M. Morin.
Elle comportait deux volets, cette première mission organisée et financée à moitié (quelque 90 000 $ au total) par le créneau Accord, avec l’étroite collaboration de la CDEBF, de la Conférence régionale des élus et avec le partenariat du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. L’un lié directement au meuble et bois ouvré, et l’autre, plus politique, ce qui explique la présence du maire de Victoriaville, Alain Rayes, et de M. Izzi, celui qui avait accueilli ici une délégation de dignitaires polonais l’an dernier.
Pilotées par les commissaires Sandrine Leclerc et Annie Turcotte, cinq entreprises centricoises et une de l’Estrie y ont participé. Outre Giguère et Morin, les Forexel de Daveluyville, Industries Ergie de Victoriaville (qui prospectait aussi pour les Boisés Lafleur et Bois Lamica), Interco de Saint-Eugène, Primewood Lumber de Drummondville et Waterville Woodcraft (Estrie) faisaient partie de la délégation. EQMBO
Entreprises a également pris part à l’expédition pour établir des liens avec des universités et un institut de technologie du bois.
Comme nouvel élu, le maire Rayes représentait le milieu politique centricois. Il a pu rencontrer le Marshall de la Grande-Pologne, l’équivalent de notre premier ministre du Québec. Le maire Rayes perçoit qu’un climat de confiance est en train de s’établir entre la Pologne et le Centre-du-Québec. «J’ai perçu de ce que j’ai entendu à l’ambassade canadienne que nous étions la seule région au Québec à travailler de façon aussi sérieuse et soutenue pour faire de la business en Pologne.» Johnny Izzi a ajouté que les barrières de la langue et de la culture rendaient habituellement les Polonais plutôt méfiants. «Ils ne sont pas faciles à rejoindre, mais je pense qu’on vient d’établir les bases d’une relation de confiance», a-t-il dit.
Le maire Rayes a admis que ses démarches pour convaincre une ville polonaise – Niepolomice, notamment- d’adhérer au Réseau SÉSAME – qui ne compte plus que 7 villes - n’ont pas été concluantes.
Il fonde toutefois un espoir sur sa rencontre avec la mairesse de Lesko, une ville touristique, qui, comme Victoriaville, abrite une école du meuble et a une préoccupation pour l’environnement. «Il y aurait un filon, là, pour une affiliation entre nos deux villes.»
À la «question qui tue» posée par un journaliste sur les retombées concrètes pour les entreprises de ces missions polonaises menées depuis deux ans, le directeur général de la Corpo, René Thivierge a parlé des entreprises Transylve, Distribution R. Désilets, FLD Biomasse qui ont réussi à se frayer un chemin en Pologne avec leurs produits. Il a aussi parlé de ce banc d’essai d’asphalte-caoutchouc de Pavage Centre-Sud à Victoriaville. Quant à Industries Ergie, l’entreprise touche du bois… serait à un cheveu de conclure une entente.
Le marché polonais vaut le «temps et l’énergie»
Dans l’ordre habituel, Johnny Izzi, les commissaires Sandrine Leclerc et Annie Turcotte, le maire Alain Rayes et le coprésident du créneau Accord, Guy Morin
Il vaut la peine de continuer à investir du temps et de l’énergie, de l’argent aussi, aurait-il pu ajouter, pour tisser des liens économiques avec la Pologne, croit Johnny Izzi, nouveau président de la Corporation de développement économique des Bois-Francs (CDEBF) et qui revient d’une mission que certains peuvent, à juste titre, qualifier de «périlleuse».
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