Ce «portefeuille d’offres de formation» fait partie des hypothèses énoncées dans un rapport tout récent commandé et financé par la Conférence régionale des élus (CRE).
Louise Paradis et Serge Cloutier signent cette étude d’une centaine de pages intitulée Pour des services universitaires novateurs au Centre-du-Québec que la CRE rendra disponible sur son site Internet.
Les auteurs rappellent que cette idée de bonifier l’offre universitaire sur le territoire du Centre-du-Québec ne date pas d’hier, cette question étant «cruciale» pour l’avenir» de la région, surtout de ses jeunes et de ses entreprises. «En avril 2005, un premier diagnostic démontrait la pertinence d’élargir les services universitaires», écrivent les auteurs du rapport.
Dans la foulée de ce diagnostic, ils vont plus loin, proposant que se crée d’abord chez nous une Direction universitaire centricoise (DUC) qui, sous l’autorité de la CRE et de l’Université du Québec à Trois-Rivières (déjà présente sur le territoire), aurait le mandat de développer les services universitaires dans la région.
Cette DUC, logée quelque part, dotée d’un budget d’un peu plus de 400 000 $, aurait le mandat d’«accroître l’offre de services universitaires en formation initiale, en formation continue, en recherche, en transfert de connaissances, en innovation et en services à la collectivité au Centre-du-Québec». Elle assurerait également une «veille stratégique» pour s’assurer que les Centricois puissent se former aux nouveaux emplois qui se profilent à l’horizon.
Les auteurs énumèrent déjà les programmes universitaires pouvant, à moyen terme, être développés ici, compte tenu, à la fois, du choix des jeunes Centricois et des perspectives d’emploi.
Ils suggèrent d’ailleurs que dès ce printemps, les deux cégeps (Drummondville et Victoriaville) sondent leurs finissants aux programmes préuniversitaires. On voudrait leur demander quelle décision ils auraient prise si leur premier choix de programme universitaire était offert au Centre-du-Québec, quels sont les services qu’ils considèrent essentiels pour suivre des cours universitaires dans leur région d’appartenance et les principaux motifs qui les retiendraient ici. Cette consultation serait d’autant plus importante que les jeunes de chez nous ont, depuis longtemps, l’habitude d’en sortir pour entreprendre leur formation universitaire. Ce serait d’ailleurs un des défis que de rompre cette «tradition», notent les chercheurs.
Si la DUC avait une enseigne et des bureaux quelque part au Centre-du-Québec, les auteurs ne vont pas jusqu’à suggérer, à court terme, la construction d’un campus universitaire. Les programmes de formation initiale pourraient être offerts dans les locaux des cégeps, offrant un continuum DEC-BAC des programmes qu’ils offrent déjà. Et puis, ils prennent en compte le développement de ces moyens technologiques permettant la formation à distance.
Le rapport campe tout le contexte démographique, scolaire et économique de la région Centre-du-Québec, identifie forces, faiblesses, opportunités et menaces et les défis qu’elle aurait à relever pour enrichir sa formation universitaire.
Les auteurs observent que la région accuse un déficit de diplômés universitaires. Que le marché du travail tend, pourtant, à en demander de plus en plus. Que la région subit les plus lourdes pertes parmi les 20 à 24 ans; souvent il s’agit de jeunes quittant la région pour étudier à l’université… et n’y reviennent pas s’étant trouvé un emploi dans leur nouveau milieu. Si des études supérieures étaient offertes ici peut-être se rendraient-elles accessibles à plus de jeunes, le revenu par habitant étant ici plus bas qu’en moyenne au Québec, suggèrent les auteurs.
L’étude signale, par ailleurs, que les entreprises du Centre-du-Québec pourraient améliorer leurs performances en recherche et développement. Elles seraient d’ailleurs moins enclines qu’ailleurs à accéder au capital de risques et à collaborer avec des laboratoires et centres de recherche.
Une offre universitaire bonifiée pourrait, entre autres, accentuer le pouvoir d’attraction de la région, favoriser le maintien, le retour ou l’établissement de personnes au Centre-du-Québec, stimulerait et encouragerait l’entrepreneuriat et le développement d’entreprises, favoriserait l’augmentation des compétences des gestionnaires d’entreprises et leur adaptation aux réalités d’affaires actuelles et futures, fait aussi valoir l’étude.
Et si l’on pouvait décrocher son bac, ici même au Centre-du-Québec?
Pourrait-on entrevoir la possibilité que l’on entreprenne et termine, ici même au Centre-du-Québec, son baccalauréat en enseignement, en travail social, en administration et en comptabilité, en informatique, en sciences infirmières et dans ces nouveaux champs liés à l’environnement?
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