Il en a fait l’annonce sur la scène du Ciné Laurier entouré notamment du député Claude Bachand, du président de Diffusion Momentum, Guy Aubert, du consultant Sylvain Gagné et devant une centaine de personnes, dont plusieurs anciens maires et représentants d’institutions de la MRC d’Arthabaska.
La présentation du projet devant être acheminé au ministère d’ici quelques semaines a donné lieu à une mise en scène pertinemment intitulée «La pièce manquante».
En près de 50 ans, plusieurs tentatives d’implanter une infrastructure culturelle ont échoué à Victoriaville. Cette fois pourrait être la bonne, le député Bachand disant qu’il s’installait sur la ligne de départ, avec la Ville de Victoriaville, et qu’il travaillerait sans relâche à la naissance de ce nouvel équipement.
Le projet
Selon les esquisses préliminaires des architectes Lemay et Côté, on démolirait complètement le Ciné Laurier (bâtiment construit dans les années 1940) et la Ville se porterait aussi acquéreur de l’édifice d’Informatique Hamel (5, rue Perreault).
Le complexe aurait ainsi une vitrine sur la rue Notre-Dame Est et une autre sur De Bigarré.
Le nouveau bâtiment logerait deux salles de spectacle, une à l’italienne (et divisible) de 900 places et une autre plus petite de 400 à 450 places que l’on pourrait aménager de diverses façons. La grande salle serait située du côté d’Informatique Hamel, ses vitrines donnant sur De Bigarré, a précisé Sylvain Gagné.
Le centre abriterait aussi une salle d’exposition. Au total, avec ses deux étages et demi, le nouveau bâtiment disposerait d’une aire de 70 000 pieds carrés, 38 000 au rez-de-chaussée.
La nouvelle infrastructure servirait à accueillir les spectacles de tournée, à procurer un lieu de diffusion, de répétition et de développement aux écoles et organismes culturels d’ici. Quant à ses cimaises, elles présenteraient des œuvres d’artistes, d’artisans, professionnels ou amateurs.
21,5 millions $
On a longtemps parlé d’un projet d’environ 14 millions $. Aujourd’hui, et, selon le maire, il s’agirait d’un budget standard pour ce type d’équipement, il faudrait 21,5 millions $ pour doter Victoriaville de sa «pièce manquante».
La Ville dispose déjà d’une somme réservée de 4 millions $. Elle espère obtenir 1 million $ du gouvernement fédéral et en amasser un autre dans la communauté, le maire n’ayant pas précisé le type de campagne à mener.
Comme le projet est porté par Diffusion Momentum, la Ville pourrait espérer du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine une part de financement d’au moins 75%. Le maire a déjà évoqué une contribution de Québec équivalant à 90% de la facture.
L’église Saints-Martyrs?
Le maire qui aurait préféré qu’on annonce une nouvelle à la fois, n’a pu que répondre que la Ville achèterait l’église Saints-Martyrs, sans vouloir dire à quoi elle lui servira.
L’ancien conseil municipal, présidé par le maire Roger Richard, avait conclu une entente avec la Fabrique, se réservant l’église pour, éventuellement, y installer la salle de spectacles.
Ce site a été rapidement écarté, explique le consultant Sylvain Gagné. Pour y implanter un centre de diffusion culturelle, il aurait fallu tout démolir, l’église, le presbytère, la maison Trottier et abattre des arbres. Auraient surgi d’autres problèmes, de stationnement et de circulation. M. Gagné évoque le bruit des techniciens devant, en pleine nuit, charger un camion à la fin d’un spectacle.
Un outil de développement
Ce lieu de diffusion culturelle devrait non seulement servir les fins artistiques, mais constituer aussi un outil de développement et un moyen de revitaliser le centre-ville, a dit le maire. Victoriaville est la seule ville au Québec qui ne dispose pas d’un équipement pouvant accueillir tous les spectacles du réseau national.
D’ailleurs, les propos du producteur Luc Quintal (Pierre Gravel International), disant qu’«enfin il pourrait débarquer à Victoriaville» avec ses spectacles a déçu Robert Carrier, propriétaire du Ciné Laurier. M. Carrier a assisté à toute la conférence de presse, debout, derrière sa salle. Après 50 ans de diffusion, M. Carrier, a dit qu’il n’y avait pas que des considérations matérielles (capacité de la salle et équipements techniques) pour concevoir une programmation de spectacles. «Il y a aussi une question de rentabilité.»
«Victoriaville est mûre»
Présent dans l’auditoire, l’ex-maire Roger Richard, était «mûre» pour une salle de spectacle, se réjouissant que le conseil municipal ait poussé le projet vers une autre étape.
Il a ajouté qu’il sentait que le conseil et le maire étaient «déterminés» à réaliser le projet d’ici un an et demi.
Il n’a pas l’impression que le travail du conseil qu’il présidait ait été renié, même si on a mis de côté le scénario de l’église Saints-Martyrs.
«On serait probablement venu à la même conclusion si, comme cela s’est fait, on était passé à des études plus pointues.»
Il se souvient d’ailleurs que de précédentes études avaient, chaque fois, éliminé la possibilité de recycler le Ciné Laurier pour en faire une salle de spectacles.
Il retient de ce projet les grands principes échafaudés auparavant par le conseil municipal précédent. «On voulait que le centre s’installe au centre-ville, qu’il comporte une grande et une petite salle. On peut dire que les assises du projet que l’on avait esquissé ont été respectées.»
À ses yeux, l’emplacement (église Saints-Martyrs ou Ciné Laurier) et le choix du diffuseur reconnu (l’ancien conseil avait désigné le Parminou) sont «secondaires». «Je suis satisfait de voir que la Ville va de l’avant avec le projet.»

Guy tu devrais lire le texte en entier, pas une dette de 21 millions, 75 à 80 % sera financé par le gouvernement.....