Le Chenil des Grands Versants, dont les activités d’élevage sont reconnues de nature agricole au sens de la loi, s’est installé à Sainte-Sophie, en 1999, en louant le terrain actuel à la suite de la recommandation de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) qui lui refusait la possibilité d'acheter les 5,1 hectares qu'il occupe et entretient depuis 13 ans.
Des ententes conclues avec plusieurs propriétaires l’autorisaient à maintenir et à utiliser 82 km de pistes afin d'assurer la sécurité et le bien- être des animaux, au moyen d'un parrainage avec les chiens de traîneaux de la Station.
Aujourd’hui (voir les balises rouges sur la photo), un chemin d'accès aux éoliennes franchit directement le chenil sur toute sa longueur détruisant le point d'approvisionnement en eau potable de l'entreprise ainsi que le couvert forestier qui faisait office de coupe-son et de mur de protection contre les vents dominants et contre l’excès de neige en hiver.
En mars 2010, le BAPE notait dans son rapport (R167, p.104) «que la présence d’éoliennes pourrait compromettre la pérennité du Chenil des Grands Versants, une entreprise d’écotourisme, compte tenu des impacts visuels et sonores du projet». C’est à cette époque, d’ailleurs, qu’un «grossiste européen» a rayé l’entreprise de François Porcherel de ses destinations en disant : «Nous ne traverserons pas l’Atlantique pour nous retrouver dans un paysage industriel».
Et le BAPE ajoutait : «qu’en vertu du principe équité et solidarité sociale et du principe efficacité économique, … le Chenil des Grands Versants ne devrait pas avoir à assumer un risque financier alors qu’il n’en tirerait aucun bénéfice». (Rapport 267, p. 104)
Alors qu’il aura à subir une perte de plus de 100 000 $ depuis l'annonce du projet éolien et alors que la Station, déplacée dans un refuge temporaire en 2012, ne pourra pas vraiment opérer, M. Porcherel reste déterminé à relancer son entreprise et se donne un an pour réaliser le montage financier requis.
Selon M. Porcherel, Éoliennes de l'Érable, constatant l'effet dévastateur du projet éolien sur le Chenil, offrirait un soutien (6 500 $) au déménagement des opérations d'ici un an. Bien qu’insuffisant pour relancer son entreprise, ce soutien est bien perçu par M. Porcherel qui y voit un premier pas vers la relance recherchée et à laquelle il convie la communauté d'affaires, les instances gouvernementales locales et provinciales qui sont déjà interpelées sur le sujet ou qui le seront sous peu.
Une recherche intensive est en cours depuis sept mois au Centre-du-Québec, pour dénicher un nouveau site pour l’entreprise. Des démarches sont déjà entamées auprès de plusieurs municipalités disposées à accueillir cette entreprise récipiendaire en 2007 du Prix provincial du Producteur par Excellence AEQ dans la catégorie Produit Exceptionnel et de Qualité. Le Chenil a été sélectionné pour la nomination 2010 de ce même prix.
Enfin, M. Porcherel ajoute, «Je suis reconnaissant pour toutes ces personnes qui me soutiennent présentement et qui se mobilisent déjà pour garder en vie les chiens du Chenil et pour conserver cette entreprise au Centre-du-Québec».