Le fait d’annoncer un aussi important projet par un simple communiqué témoigne de la non acceptabilité sociale de ce projet qui divise la population. «Les gens sont en colère et choqués par l’attitude des ministres Lessard et Arcand qui n’ont pas le courage d’annoncer cette nouvelle en face des citoyens concernés. Cette annonce, faite au moment où le RDDA est toujours impliqué dans une démarche légale devant la Cour d’appel du Québec, témoigne du profond mépris du gouvernement pour les citoyens qui ont recours aux institutions publiques pour la défense de leurs droits», de commenter Michel Vachon, président intérimaire du RDDA.
Le RDDA critique vivement le gouvernement qui n’a pas tenu compte des conclusions du BAPE, lesquelles mettent sérieusement en doute l’opportunité d’un tel projet en milieu habité. Après avoir massivement participé aux audiences publiques du BAPE, la population se sent flouée. «À quoi sert une commission d’enquête si on ne tient pas compte de ses conclusions? La commission a été très claire : les éoliennes ne sont pas suffisamment éloignées des résidences et des routes, la population a été écartée du processus décisionnel, les guides gouvernementaux ont été ignorés et les principes fondamentaux de la Loi sur le développement durable ont été bafoués! Le gouvernement cautionne un viol du territoire et des gens qui l’habitent. La ministre Normandeau a trompé la population en affirmant à plusieurs reprises ne pas vouloir enfoncer dans la gorge des gens des projets dont ils ne veulent pas», de poursuivre M. Vachon.
Le RDDA trouve désolant la surenchère économique du gouvernement qui reprend intégralement les chiffres surréels du promoteur, d’ailleurs dénoncés par le BAPE. «Mme Normandeau reste insensible à la détresse des gens de l’Érable qui sont sacrifiés pour maintenir en vie artificiellement ses usines de la Gaspésie en attendant le prochain contrat. La forte contestation des projets éoliens en Montérégie, avec l’appui des maires et de l’UPA, annonce bientôt la fin de l’éolien industriel en milieu habité. La filière éolienne a connu un déclin majeur en 2010 tant en Europe qu’aux États-Unis étant donné sa forte empreinte négative sur le patrimoine paysager et les communautés d’accueil, sa non fiabilité qui rend problématique son intégration aux réseaux de distribution et sa non viabilité économique qui pèse lourd sur les finances publiques.
Dernièrement l’économiste Jean Matuszewski, en accord avec ses pairs et les analystes en énergie, a révélé que les 15 projets du 2e appel d’offres de 2000 MW occasionneront des pertes de 2,5 milliards $ sur dix ans à la société Hydro-Québec, lesquelles devront être absorbées par les contribuables québécois, notamment par une hausse de leur facture d’électricité.»
Le RDDA dénonce le cynisme du gouvernement qui confirme les impacts négatifs du projet dans les conditions imposées au promoteur, refilant aux seuls citoyens le fardeau de la preuve pour toute plainte, dommage ou perte occasionnés par la présence des éoliennes.
La santé, la sécurité et la qualité de vie des personnes, pourtant au centre des préoccupations relatives au développement durable, sont totalement absentes du décret ministériel, contrairement aux oiseaux et aux arbres.
Dans son mémoire au BAPE, l’Agence de la Santé et des Services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec a émis de sérieux doutes sur la compatibilité des éoliennes industrielles avec la santé et le bien-être des résidants. Sur la base d’études probantes sur les dangers réels des éoliennes de grande taille pour la santé humaine, 56 médecins de Victoriaville ont signé une pétition demandant au gouvernement de surseoir à l’implantation de tout projet éolien industriel en milieu habité.
«Les montants peu significatifs des redevances, également critiqués par le BAPE, représentent d’illusoires gains face aux pertes réelles observées par l’effet de répulsion d’éoliennes industrielles, atypiques et dérangeantes. Le promoteur a tenté d’acheter l’acceptabilité sociale pour faire passer son projet. Les gens ne sont pas dupes et ne sont pas à vendre. Deux sondages scientifiques révèlent que 43% des gens sondés s’opposent au projet alors que 42% y sont en faveur. À Sainte-Sophie située au coeur du projet, c’est plus de 50% qui s’y opposent.»
«Un lourd déficit démocratique entache tout le processus d’implantation de ce projet qui n’est qu’une longue suite d’ententes secrètes et de conflits d’intérêt impliquant les élus municipaux et les promoteurs. Toutes les demandes citoyennes ont été ignorées y compris la tenue d’un référendum tel que recommandé par le BAPE. Le gouvernement a perdu toute crédibilité en abdiquant son rôle de gestionnaire des ressources publiques au profit d’intérêts privés et en ignorant les outils qu’il a lui-même mis à la disposition des acteurs principaux.
Le RDDA, fort de ses 800 membres, est plus que jamais déterminé à faire en sorte que le projet éolien de l’Érable, amputé dès le début de tout processus de consultation publique, soit abandonné ou basculé dans des régions propices à accueillir ce modèle de développement industriel» de conclure M. Vachon.

dimanche le 17 avril, nous sommes allés dans une cabane à sucre dans les hauteurs de Ste-Sophie. Quel paysage magnifique! Une région de grand espaces aux paysages harmonisés entre la nature et l'utilisation humaine de la campagne. J'y ai rencontré des gens forts sympatiques soucieux de la préservation de cette intégralité du territoire. À notre retour en Mauricie, nous sommes encore habités par cette beauté des lieux . Nous souhaitons y retourner et revoir cette vue magifique sans entraves artificiels à partir des hauteurs de Ste-Sophie. Jean Guilbert