«À la base, le graffiti représenté est la signature de l’artiste, explique Liette Perreault, directrice générale du Parc linéaire. Nous retrouvons donc le lettrage qui les personnalise avec, en arrière-plan, la thématique du contraste urbain/rural.»
Sur une des ailes du tunnel, les armoiries de la ville sont représentées, traversées par le nom de Warwick. D’ailleurs, le maire de la ville, Claude Desrochers, a mis la touche finale sur les armoiries en y allant d’un jet de bombe aérosol. «Toutes les œuvres sont réalisées avec de la peinture en aérosol. La qualité du résultat obtenu cette fin de semaine démontre bien la maturité des artistes que nous avions sélectionnés, mentionne Baptiste Chevallet, stagiaire au Parc linéaire et coordonnateur de l’événement. Ça prend des années de travail et de pratique afin d’en arriver à un tel niveau.»
Samedi, le concert des Salties, un groupe de Victoriaville, a mis de l’ambiance et plusieurs cyclistes se sont arrêtés l’espace d’une chanson ou de quelques traits de peinture. Ils sont plusieurs aussi, notamment les résidants de Warwick, à souhaiter que ces œuvres perdurent et qu’elles échappent «aux traits d’aérosols un peu moins artistiques». Évidemment, ce souhait est repris par la municipalité de Warwick et le Parc linéaire des Bois-Francs. «Nous ne pouvons contrôler 24 heures sur 24 ce qui passe sous le viaduc, mentionne Liette Perreault. Toutefois, en discutant avec Sino, un graffeur de grand talent, propriétaire d’une boutique d’articles de graffitis à Montréal et qui fait aussi beaucoup de sensibilisation auprès des jeunes, il m’expliquait qu’un graffeur ne peint pas sur l’œuvre d’un autre artiste, s’il ne peut surpasser sa qualité. L’art du graffiti est «régi» par un code d’éthique. Nous espérons que ceux qui seraient tentés de «modifier» les œuvres réalisées cette fin de semaine connaissent l’éthique qui prévaut au sein de l’art de la rue.» «Tous les artistes présents ont travaillé bénévolement, souligne Baptiste Chevallet. Les sommes recueillies ont servi à l’achat de la peinture.»
Le Parc linéaire des Bois-Francs invite la population à se déplacer afin de voir les œuvres réalisées. Le viaduc est situé à quelque 500 mètres de la croisée des rues de l’Hôtel de Ville et St-Louis, en direction de Victoriaville.