Même la conférence de presse de lancement du 26e FIMAV, du 20 au 23 mai, avait quelque chose d’inhabituel.
Le grand «manitou» du Festival, le directeur général et artistique Michel Levasseur, a moins insisté sur la programmation des 20 concerts (déjà disponible depuis quelques semaines au www.fimav.qc.ca)… que sur toutes ces escapades que se permet le FIMAV dans l’environnement victoriavillois.
C’est que le public aura droit à des «installations sonores» à la Place Sainte-Victoire et au centre de production théâtrale du Parminou. Et même en circulant sur la voie cyclable à la hauteur du kiosque à musique où des haut-parleurs accrochés aux arbres distilleront la musique qu’a composée André Pappathomas avec les voix des membres des chœurs Daveluy et Orphée. Il a passé deux jours et demi chez nous en février pour enregistrer les voix de petits groupes des deux chœurs.
M. Pappathomas réunira aussi les deux groupes pour un concert en plein air le dimanche 23 mai à 11 h 30 à la Place Sainte-Victoire.
Pendant toute la durée du FIMAV, le public et les festivaliers pourront se donner rendez-vous autour d’Yves Daoust et son oeuvre Empreintes, au kiosque de la place Sainte-Victoire. Sa musique électroacoustique sera diffusée en continu, enrichie des sons des carillons agités par le vent. En sa compagnie on apprendra à se fabriquer un carillon.
Une autre installation sonore, celle d’Érick D’Orion se déploiera au centre de production théâtrale du Parminou. Le titre de son œuvre dit tout : «Solo de musique concrète pour six pianos sans pianiste». Michel Levasseur a comparé la salle à un centre d’art où l’on s’attarderait à des vieux pianos jouant chacun leur solo.
Ces nouvelles activités servent tout autant de moyens de rejoindre le public d’ici que d’inviter les habitués du Festival à découvrir d’autres lieux que les salles de concert, a expliqué M. Levasseur. «C’est une façon pour nous d’aller vers le public», et de multiplier les «entrées» au Festival, a-t-il ajouté.
Le 26e FIMAV commence aussi à explorer un volet cinéma, en présentant le court-métrage Mamori de Karl Lemieux, originaire de Kingsey Falls et Tungijuq des réalisateurs Félix Lajeunesse et Paul Raphaël. À moyen ou à long terme, le FIMAV devrait élargir ce volet, a annoncé Michel Levasseur.
Il a également souligné la participation de l’artiste Manon de Pauw, qui a exposé à travers le monde, mais jamais, ici, dans sa patrie victoriavilloise. Au Colisée, elle présentera L’aréna des fresques vidéographiques projetées sur les rideaux noirs.
Bien sûr, Michel Levasseur a donné quelques «pistes» à ceux qui voudraient piquer une oreille du côté de la scène, attirant l’attention sur la présence du trompettiste Bill Dixon, en première mondiale et sur les soirées d’ouverture avec Sam Shalabi et de clôture avec René Lussier. «Il y a plein de découvertes à faire.»
Près de 50% de la programmation est québécoise et canadienne. «Puisqu’il n’y a pas de grandes vedettes comme lors du 25e, c’est une programmation risquée qui sera plus difficile à présenter et à vendre», a admis Michel Levasseur. Il s’attend d’ailleurs à une certaine baisse de l’achalandage (6 000 entrées en 2008), parce qu’il faut reconquérir le public, essuyer le ressac du 25e et parce qu’il y a toujours une crise économique.
Doté d’un budget de 650 000 $, le FIMAV a pu conforter son budget grâce à plusieurs ententes triennales… sauf de Patrimoine Canada. Victoriaville le soutient encore pour deux ans, à raison de 50 000 $ en 2010 et 2011.
Les fidèles festivaliers remarqueront que le FIMAV concentre ses vingt concerts en quatre jours, du jeudi au dimanche, plutôt que de s’étaler jusqu’au lundi.
Et puis, ils remarqueront que la scène du Cégep a disparu, deux scènes ayant été créées dans l’enceinte du Colisée Desjardins, la plus petite, appelée le Colisée B (pour bar).
En regardant le maire Rayes, Michel Levasseur a dit que ce projet municipal de centre de diffusion des arts de la scène avec une petite et une grande salle dont il avait entendu parler, l’avait inspiré. Blague à part, le directeur artistique du FIMAV a dit qu’en aménageant deux scènes au Colisée, on invitait les festivaliers à s’attarder à un endroit, plutôt que de les faire se promener entre trois scènes. Le ciné Laurier présente encore six des vingt concerts de la programmation.
Et à ceux qui se demandent ce que sont ces lapins de l’affiche promotionnelle, ils préfigurent l’entrée en scène de cent lapins électroniques du Nabaz’Mob lors de la soirée d’ouverture. Même les écoliers auront eu droit à cette drôle d’incursion visuelle et sonore dans leur milieu.
Beaucoup de voix d’ici au 26e FIMAV
La pause d’un an que s’est accordée le Festival international de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) paraît, en effet, avoir été «bénéfique», comme l’a dit le président des Productions Plateforme, Martin Morissette. Au terme d’une année de «silence», le FIMAV décochera quelques «notes» à l’extérieur de l’ambiance feutrée de ses concerts, pour aller à la rencontre du grand public.
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