Les dames à l’honneur à la Gamacherie

Steven Lafortune
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En cette deuxième soirée du tout premier Festival de contes et légendes à la Gamacherie de Norbertville, les projecteurs de la scène ont fait place aux femmes, dans un torrent de rires et d’histoires aussi farfelues les unes que les autres, mais toujours porteuses d’une morale.

Le trio de dames, composé de Nadine Walsh, Yolaine et Arleen Thibault, a même lancé un défi à Éric Michaud, qui devait composer un conte à chaud en insérant des bribes de chacun des récits de ces dernières.

La première a raconté l’histoire d’un quêteux cherchant un abri pour la nuit. Il a cogné à la porte de deux voisines; l’une riche, l’autre pauvre. La femme riche lui a claqué la porte au nez, tandis que l’autre lui a ouvert sa demeure. Lorsque le mendiant lui a demandé ce qu’elle voulait en retour de sa gentillesse, elle a répondu qu’elle n’avait pas assez de tissu pour faire une chemise pour ses deux derniers enfants. Après qu’il soit parti, elle se mit à coudre et, par miracle, chaque fois qu’elle coupait un morceau, un autre apparaissait.

La deuxième a, quant à elle, transporté l’audience dans les pays chauds, où un marchant du désert était hypnotisé par une toile magnifique tissée par une jeune artiste. Les villageois lui ont appris qu’elle se trouvait au haut d’une montagne et il a décidé de s’y rendre. Il a questionné la jeune femme sur l’origine de son talent et elle a simplement lancé qu’elle avait appris le métier d’elle-même et que ses toiles étaient plus belles qu’Athéna, déesse de la Guerre. Courroucée, elle a descendu sur Terre en la défiant de créer une toile en même temps qu’elle. Les gens avaient à choisir qu’elle était la plus belle création, mais ils ont été incapables de le faire. Athéna a déchiqueté la toile de la jeune artiste et elle l’a retrouvée chez elle, transformée en araignée. Elle pouvait donc tisser des toiles, et ce, jusqu’à l’éternité…

Finalement, Mme Beaudoin a été le personnage principal d’Arleen Thibault. Cette dame âgée désirait plus que tout au monde un Coca-Cola. Agrippant sa marchette et sa télécommande, elle a amorcé son périple vers le dépanneur du coin. Arrivée au bout de sa quête, elle a bu sa boisson gazeuse et, avec sa télécommande qui avait pris vie, elle repassait ses souvenirs d’enfance. Elle aperçut un bateau sur la rivière Saint-Charles, c’était celui de Jacques Cartier. Elle prenait un malin plaisir à l’avancer et le reculer, comme dans un film. À la fin, elle a pris la décision d’y embarquer, pour ne plus jamais revenir…

Éric Michaud avait donc la lourde tâche d’incorporer une partie de ses trois histoires dans la sienne, ce qu’il a réussi avec brio. Déjà bien réchauffés, les spectateurs n’ont eu aucune difficulté à embarquer dans son histoire rocambolesque où un couple, appelant Satan pour qu’il lui vienne en aide financièrement, devait rater une des trois tâches qu’ils lui avaient concoctées, sinon ils devaient brûler en enfer. L’homme s’était chargé de lui annoncer les deux premières, soit de laver un carré de tissu taché de différentes substances au fil des années et de transformer des roches en pain. Accomplissant sans difficulté ses deux épreuves, la femme, qui était restée silencieuse depuis le début, a annoncé au diable qu’il devra couper en deux une de ses…flatulences! Incapable d’y arriver, Lucifer leur donna des pièces d’or jusqu’à la fin de leurs jours…

Somme toute, les dizaines de personnes rassemblées dans cette écurie ressuscitée en salle de style café-concert ont été choyées par la qualité des textes et l’aisance sur scène des raconteurs. Elles n’ont jamais hésité à démontrer leur satisfaction, applaudissant à tout rompre et riant de bon cœur.

Vidéo : http://www.lanouvelle.net/Video/18565/Les-dames-a-lhonneur

Organisations: Coca-Cola

Lieux géographiques: Rivière Saint-Charles, Jacques Cartier

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