La tête encore remplie des paysages qu'il a pu apprécier, Benoit Jean poursuit son travail et est à décortiquer toutes les images qu'il a prises. Il faut dire qu'il était très heureux d'avoir été invité par la Maison du CLDI de l'Érable pour réaliser cette vidéo. En 2006, il y avait déjà eu une première collaboration, pour l'ascension du Kilimandjaro et qui avait donné le documentaire intitulé : «Un pas devant l'autre». «Pour le Kilimandjaro, le documentaire visait à démontrer la communication entre les deux frères. Cette fois, l'objectif est de faire réaliser que des gens différents ont des besoins différents», explique-t-il. Son documentaire servira ensuite de moyen de sensibilisation au CLDI. En plus, il sera proposé aux grands réseaux et aux canaux spécialisés.
Un très beau voyage
D'entrée de jeu, il souligne que ce voyage, qui a eu lieu du 26 juin au 10 juillet a été super. Ça été l'occasion de découvrir l'Islande et ses différents paysages en faisant des treks. Des volcans aux glaciers, Benoit Jean s'est attaché aux pas de Charles et de son père Paul Saint-Germain. «Le grand privilège de les suivre tout au long de ce trek a permis de découvrir la complicité entre les deux», explique-t-il.
Pour son documentaire, Benoit souhaite faire une analogie entre l'activité géologique de l'Islande et ce qui se passe dans le cerveau humain.
Bien entendu, ce voyage était beaucoup moins difficile que l'ascension du Kilimandjaro, même s'il impliquait de longues marches et de longues journées. «Ce qui était très intéressant c'est qu'il faisait clair tout le temps. Ça m'a pas mal impressionné. Et puisqu'il fait toujours clair, les oiseaux chantent constamment. Pour dormir, il faut donc un bandeau sur les yeux et des bouchons dans les oreilles», explique-t-il en souriant. Mais la clarté constante a comme avantage d'éviter l'utilisation de l'éclairage artificiel…
Pour ce voyage en Islande, le groupe était formé de sept personnes. En plus de Charles et Paul St-Germain ainsi que de Benoit Jean, Céline Desautels, Guylaine Fleury, Sonia Laporte et Sylvie Ouellette ont pris le départ pour cette expédition.
Le défi de ce tournage aura été pour le réalisateur, de réussir les prises de vue. «Pour ça, il faut se concentrer sur le travail à faire», note-t-il. Ce dernier a filmé les treks et fait des entrevues tout au long du voyage, notamment avec le père de Charles avec qui il a abordé les problèmes de l'autisme et la vie au quotidien.
Avant le trek, Benoit a voulu faire connaissance avec Charles. Il l'a rencontré au CLDI, est allé à son école puis l'a amené une journée avec lui à Montréal. Cela a permis de développer une complicité avec le jeune homme, très habile au golf. «Je suis très heureux d'avoir été choisi pour faire ce film, moi qui aime les voyages. Ça me permet de mélanger le travail et les voyages», apprécie-t-il.
Si le périple en Islande est terminé, le travail de Benoit n'est pas encore complété. Il lui reste des entrevues à faire afin de pouvoir bien expliquer la subtilité de l'autisme. «Le message à passer pour le CLDI c'est qu'il n'est pas facile d'avoir un enfant différent. Mais nous avons tous des différences et il faut avoir une ouverture.»
Il s'agit donc d'un autre beau défi à relever pour le réalisateur des Bois-Francs et il indique que son documentaire devrait être présenté en avril prochain. D'ailleurs, pour le moment, il concentre tous ses efforts à ce film. «Ce que je souhaite c'est que les gens aient du plaisir à regarder le documentaire», termine-t-il.
