Ce n’est pas une raison non plus, si on se compare à des pays du Quart-monde, d’arrêter de revendiquer la sécurité du revenu pour tous nos citoyens selon une volonté d’inclusion et d’équité. Être pauvre en Haïti ou en Inde n’a rien à voir avec le système de pauvreté élaboré ici. Il s’agit d’avoir les moyens de participer à notre société selon un niveau de vie que nous considérons décent.
Bien sûr, il y a des «paresseux»... alors, ils n’ont pas le droit de se loger, de se nourrir et de se vêtir? La jeunesse n’est-elle pas ce moment spécial de la vie où un jeune peut vivre dans un questionnement sur soi-même et sur la vie que la société lui propose ou même dans une certaine insouciance –que certains nomment irresponsabilité à tort ou à raison dans certains cas- avant de se fixer? En période de crise, il est légitime de demander un effort réel pour décharger l’État de certaines dépenses, mais alors les riches devraient y participer aussi à hauteur de leurs revenus. Je ne nie pas la valeur du travail, mais je revendique de la souplesse dans la règlementation qui concerne les moments de passage : passage de la jeunesse à la vie adulte productive économiquement, passage de la vie étudiante vers la dure réalité du non-emploi, passage d’une personne qui sort de prison, passage vers la vieillesse où on change le mot «pauvreté» par «supplément du revenu garanti», une sorte de bien-être social pour les aînés qui n’ont pas été assez productifs dans leur vie.
Bien sûr, il y a les «fraudeurs»..., ceux-là se débrouillent pour se loger, se nourrir et se vêtir... et consommer à l’égal de ses voisins. Question de moralité : il y a une différence entre un jeune qui garde des enfants sans le déclarer à l’aide sociale vu la petitesse des sommes et un jeune qui est employé quelque part et payé au noir. Les mesures punitives devraient être assumées plus par l’employeur que par l’employé d’ailleurs. Mais ces subtilités ne font pas partie des règlements.
J’ai entendu bien des histoires de vie difficiles et quelques histoires d’horreur qui ne rentrent pas dans le cadre rigide de la règlementation à l’aide sociale. Un peu de cas par cas donnerait le temps essentiel (sous forme de période de ressourcement soutenue par les ressources communautaires, par exemple) et les outils bien adaptés à la préparation à la vie productive (tous ne veulent pas aller à l’université, mais tous ne veulent pas être boucher ou coiffeuse, par exemple –je dis ceci sans préjugés contre l’une ou l’autre option); un peu d’humanité dans les relations entre l’administration de la sécurité du revenu et les être humains qui ont besoin du filet de sécurité que nous nous sommes donné collectivement pourrait faire la différence entre une période financière difficile et un appauvrissement d’où on se sort de plus en plus difficilement selon la durée de la période de survie.
Pourquoi maintenir nos jeunes dits aptes au travail dans le délaissement économique et, fatalement, l’isolement social qui les menacent s’ils n’ont pas été déjà privilégiés non seulement par un revenu suffisant de leurs parents, mais par une vie stable sans maladies, divorces, incompréhensions ou abus parental, (qu’importent à la Loi les malheurs qui peuvent marquer un jeune jusqu’à le rendre dysfonctionnel), s’ils n’ont pas été soutenus une école ou une formation qui répond aux défis qui les attendent, mais aussi qui encourage les espoirs qui les animent?
Quand acceptera-t-on que tous doivent manger trois fois par jour, qu’ils soient beaux-laids-fins-pas fins-paresseux ou hyperactifs? La distribution de la richesse est pour tous ou elle n’existe pas réellement. Vivons-nous dans le mensonge, le déni, les préjugés et l’hypocrisie?
Je me demande quel regard nous posons vraiment sur la pauvreté...
Manouck Germain
Bénévole au CDPAS-Victo
Regard sur la pauvreté
Texte éditorial
Encore une année de pauvreté. Haïti et son grand malheur, Vancouver et ses itinérants, les famines-sécheresses-camps de réfugiés, les évènements tragiques ne manquent pas. Il y a aussi les petites tragédies : pertes d’emploi, maladies, séparations, etc. Toutes situations qui peuvent mener à la pauvreté. Mais surtout je pense aux jeunes considérés aptes au travail par l’aide sociale, sans égards au fait qu’ils peuvent vivre de grandes difficultés : troubles familiaux, maladie mentale non diagnostiquée ou en zone grise, décrochage scolaire ou social, dépendances de toutes sortes ou simplement mal de vivre ou révolte. Est-ce qu’il est justifié qu’ils crèvent de faim en attendant de devenir des citoyens modèles?
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Commentaires
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- Yves ROSS
- - 19 Juin 2010 à 11:04:28
À ces organismes qui agissent concernant la pauvreté. Plusieurs organismes pour la défences des sans abris, pauvreté et autres intervenants sociaux aiment que les politiciensNES prennent positions et défendentleurs causes les intérêts de la population moins favorisé. Cependant, lorsqu'un politicien prend position, et le fait publiquement, et intervient même auprès des autorités gouvernementales, peu de ces groupes vont en faire état, ou publiquement remercier ces gens, de s'impliquer et aider les causes sociales. Parce que franchement, c'est pas très avantageux politiquement que de brasser la cage pour ces causes comme élusES on s'entend-tu? J'ai pour ma part fait des intervention auprès du conseil de ville de Victoriaville, afin que l,administration municipale signe une pétition du collectif pour un Quebec sans pauvreté. La ville a refusé de signer cette pétition, pourtant importante pour une ville. Personne de Victoriaville n'a réagit, ou même remercier l'intervention. le Maire du temps avait même mentionner que la ville en faisait beaucoup déjà! Donc, à ces organismes et intervenants: Le message est simple. Lorsque l'un de vos élusES ou simple citoyen (mon cas)prennent position et supportent vos revendications, remerciez les publiquement. faites en même une conférence de presse. Ça va inciter les élusES à agir, et ça va sûrement encourager vos causes. En plus, il y a de fortes chances que ça l'incitera d'autres citoyens ordinaires à vous aider dans vos revendications et intervenir!
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- Gérard Tardif
- - 19 Juin 2010 à 11:03:20
je vous félicite madame Germain d'exprimer votre idée sur la pauvreté et nous faire réfléchir sur ce que vivre ces personnes qui on recours à l'aide de dernier recours pour tenter de survivre.Car moi aussi je crois que la pauvreté n'a pas d'âge et de sexe.Cet aide de dernier recours ne permet même pas après avoir payé son logement d'avoir accès au téléphone à la maison.Ce service est pourtant essentiel pour trouver de l'emploi que voulez vous il ne faut pas savoir compter pour(offrir) des prestation aussi basse et nous dire qu'on devrait bien vivre avec ceci!