Il s'agira pour elle d'une toute première exposition de son travail chez elle, à Victoriaville, et ce même si elle habite Montréal depuis quelques années. Artiste depuis une dizaine d'années maintenant, Manon réalise, en quelque sorte, un rêve en exposant à Victoriaville, dans le cadre du FIMAV.
«Je suis le FIMAV depuis que j'ai 16 ans. Et même si je ne peux pas y assister à tous les ans, j'aime beaucoup ce festival», a-t-elle expliqué en entrevue.
Lorsqu'elle a rencontré Dominique Laquerre, responsable de l'exposition du FIMAV, Manon lui a dit qu'elle serait partante pour réaliser une œuvre pour l'événement.
C'est ainsi qu'elle présentera «L'Aréna», une installation vidéo de 7 minutes présentée en boucle sur le rideau noir du Colisée des Bois-Francs. «C'est en fait un diptyque vidéographique, sans son, qui sera présenté avant et après les spectacles», explique l'artiste.
Et justement, l'absence de trame sonore aura été une contrainte pour Manon qui devra présenter son œuvre avec différents styles musicaux en arrière-plan.
«L'Aréna» proposera des grandes images d'environ 12 pieds par 21, jouant avec le rapport d'échelle. «J'ai construit un écran en plexiglas et des artistes ont fait des performances derrière cet écran. Cela donne un effet de mouvement intéressant», a-t-elle expliqué.
À la projection, le jeu des artistes, plus ou moins près du plexiglas, donne des contrastes et des flous remarquables.
«C'est un travail in situ, comme je le fais souvent. C'est très stimulant et représente toujours un nouveau défi pour moi», ajoute-t-elle.
Ainsi, elle travaille à ce projet depuis environ un an, en même temps que plusieurs autres choses. «Mais depuis janvier, c'est pas mal à temps plein», note-t-elle. À quelques jours du festival, elle termine le fignolage de dernière minute, le peaufinage comme elle le dit elle-même. Son œuvre se veut comme de la peinture abstraite, mais en vidéo.
Un autre défi de cette exposition pour le FIMAV est que l'artiste n'a pas accès aux lieux avant l'événement. «Donc, le projet final, je vais le voir en même temps que les autres. Mais je fais confiance à mon expérience et à l'équipe technique», dit-elle.
Présentée en première mondiale, l'exposition de Manon De Pauw est particulière pour elle puisqu'elle se déroule chez elle. «Quand on expose chez soi, on le fait davantage avec le cœur qu'avec la tête. C'est aussi spécial pour moi puisque j'ai passé beaucoup de temps au Colisée. J'ai donc un attachement face à l'endroit», indique-t-elle.
La dernière exposition de Manon De Pauw, intitulée «Intrigues», a été produite par la Galerie de l'UQAM et la commissaire Louise Déry en 2009. Elle a été aussi vue, en 2010, à la Southern Alberta Art Gallery et à Cambridge Galleries. Son travail a également été présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives, événement et festival au Canada, en Europe et en Amérique Latine.
Outre son travail pour Victoriaville, l'artiste a indiqué qu'elle était en production d'un projet d'envergure à Montréal, dont les détails seront dévoilés bientôt. Elle a aussi au programme des performances et d'autres projets, en plus de son travail avec une compagnie de danse.
La vidéo d'art n'a plus à faire sa place. Instaurée dans les années 60, elle a su se tailler une réputation, même du côté des collectionneurs.
Ayant étudié plusieurs formes d'art, dont la danse, Manon De Pauw a fait de la vidéo, son médium principal depuis 2001.
Avec son œuvre au FIMAV, elle souhaite que les gens se laissent porter par les images et surprendre par ce qu'elle propose. D'ailleurs, elle sera sur place tout au long du festival et pourra parler de son exposition aux gens.
«L'Aréna» vu par Manon De Pauw
Le Festival de musique actuelle de Victoriaville présentera, en exposition, une œuvre réalisée spécialement pour l'occasion par l'artiste en vidéos d'art, Manon De Pauw.
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