Artiste des arts visuels et des nouvelles technologies, Christine Palmiéri s’est littéralement plongée dans son univers au cours de ce séjour, alors qu’elle a fabriqué plus d’une dizaine de pièces, aussi disparates par leur forme que similaires par leurs couleurs assombries dans la noirceur. «Je me suis inspirée d’une légende amérindienne intitulée La chute d’Ataentsic, déesse du ciel et de la terre, a expliqué la principale intéressée. Dans cette histoire, Ataentsic, enceinte, est jetée dans un grand trou avant d’être récupérée par des oiseaux et dont la naissance des enfants permettra de créer le monde. Ainsi, l’aspect sombre de mon exposition rappelle constamment la chute et d’un autre côté, une lueur d’espoir avec la renaissance de la déesse, de la vie. Chacune des œuvres est symbolique de cette histoire.»
En plus d’avoir participé à plus de 100 expositions au Québec et ailleurs dans le monde, tant individuelles que collectives, cette artiste multimédia, prônant le recyclage et la récupération, est actuellement professeure associée à l’UQAM et directrice d’Archée, revue mensuelle sur Internet. Et même si elle est connue dans les grandes métropoles de ce monde, elle n’a pas hésité à faire un arrêt dans la région des Bois-Francs. «C’est toujours un plaisir pour moi d’aller en région, a-t-elle renchéri. Les gens sont très curieux par notre travail et très avides de connaissances. Dans les grandes villes, on ne retrouve pas cette énergie, étant donné que ce sont toujours les mêmes visiteurs à nos expositions.»
Écrivain et essayiste, Pierre Ouellet a, pour sa part, laissé sa plume être guidée par son imaginaire, alors qu’il a présenté sa réflexion sur la même histoire d’Ataentsic. «C’était une expérience d’écriture très intense, a lancé le récipiendaire de plusieurs prix littéraires prestigieux. Le Grave m’avait fixé un mandat bien précis, soit de réfléchir sur la notion de recyclage, résumer mes réalisations antérieures et partager mon opinion sur le travail de Mme Palmiéri. En d’autres mots, je devais parvenir à un résultat unifié à partir d’éléments hétéroclites, ce qui s’approche étroitement au défi du recyclage.»
Il est toujours possible de visiter cette exposition au Grave jusqu’au 16 avril.
Un voyage entre la vie et la mort
Pendant dix jours, deux artistes de renom, Christine Palmiéri et Pierre Ouellet, se sont inspirés des lieux d’exposition du Grave pour donner vie à leur imagination. Presque jour et nuit, heure par heure, les invités en résidence de création se sont lancé le défi d’élaborer, en cette courte période, leur concept respectif, produire leurs œuvres et dévoiler le fruit de leur fantaisie devant le grand public. Une expérience inusitée qui semble avoir autant fasciné les créateurs que les nombreux visiteurs.
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