«On a pris un pari cette année!» Voilà ce qu’a confié l’animateur responsable de la troupe, Mario Fortin, le lendemain de la grande première. Cependant, il faut croire que le pari a été relevé avec brio, alors que 400 personnes ont rempli tous les sièges de l’auditorium lors de cette soirée. Que ce soit les 20 comédiens, les 7 danseuses, les 4 chanteurs, quelques musiciens et sans oublier, la trentaine d’étudiants travaillant en périphérie de la scène, tous y ont mis leur énergie depuis plusieurs mois afin que le 21e anniversaire de la troupe reste longtemps gravé dans la mémoire des spectateurs.
Écrite par Daniel Bédard, un enseignant de l’école, la pièce «l’effet Pygmalion» porte grandement à réflexion, alors que des sujets comme la discrimination, l’effet de masse et la manipulation se retrouvent à travers une histoire bien particulière.
«La pièce est basée sur une étude voulant qu’un jeune soit porté à se valoir pour un groupe au détriment de ses propres valeurs. Pour cette pièce, l’armée décide de faire du recrutement auprès des jeunes dans la rue en leur faisant croire qu’ils sont des héros afin qu’ils s’engagent pour une mission dangereuse. C’est le même principe de manipulation qu’a fait Adolf Hitler, qui a réussi à convaincre les Allemands d’exterminer les juifs.»
Qualifiant la pièce de dramatique, mais enrobée d’humour, M. Fortin admet qu’il était assez nerveux de voir la réaction des Plessisvillois, à cette œuvre moins conventionnelle.
«C’est la première fois qu’on ne termine pas une pièce sur une note heureuse, voilà pourquoi c’était un défi. Il faut comprendre que dans la vie de tous les jours, ça ne finit pas toujours bien. Par contre, c’était plus facile d’oser, car on compte parmi notre équipe de très bons comédiens qui ont su faire passer le message de la bonne façon.»
Ainsi, les spectateurs jouaient le rôle de témoins de cette interprétation qui se voulait le miroir d’une réalité bien présente chez les jeunes : la discrimination. À cet égard, une vidéo sur le sujet a été présentée avant la levée du rideau concernant des témoignages d’enfants victimes de la cruauté des autres.
«Le message à tirer de cette pièce est qu’il faut faire attention aux autres et à ce qu’on peut leur dire, a confié Patrick Breton, qui a également collaboré dans la réalisation de cette pièce. Trop souvent, les jeunes ne pensent pas aux conséquences de leurs actes qui peuvent blessés les autres.»
Ce dernier a également tenu à féliciter la soixante de jeunes pour leur travail dont, entre autres, le cœur même de la troupe, les comédiens. «On compte dans nos rangs des jeunes de talent. De plus, notre troupe de cette année est expérimentée, ce qui permet aux nouveaux de prendre position plus facilement.»
La Troupe Ensemble gagne son pari
Tout le monde était convié à la Polyvalente La Samare de Plessisville, alors que la Troupe Ensemble était sous les feux de la rampe lors de trois représentations. Dans un décor splendide, les jeunes comédiens ont eu l’honneur de jouer une pièce qui était, jusqu’à ce jour, encore cachée du grand public, soit «l’effet Pygmalion».
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