Son talent est déjà reconnu au Canada puisqu'elle vient d'être sacrée Révélation Radio-Canada Musique, avec cinq autres artisans de la musique (Cœur de Pirate, Caracol, Alexandre Désilets, Pacifika et Marianne Fiset). Il s'agit d'une nouvelle initiative, conjointe à toutes les plateformes de Radio-Canada (radio, télévision et Internet), qui s'engage à soutenir des musiciens, chanteurs et auteurs-compositeurs-interprètes prometteurs. Au cours de l'année à venir, les six personnes choisies participeront aux différentes émissions de Radio-Canada mais aussi à une foule de projets personnalisés. Une belle visibilité pour l'artiste.
En entrevue téléphonique, la Princevilloise d'origine, a expliqué qu'elle était tombée en amour avec New York, lorsqu'elle y est allée en 2005 pour suivre un cours de piano. Après une ou deux autres visites, elle a décidé de s'installer pour de bon dans la «Grosse Pomme», directement à Manhattan dans le «Upper west side».
«J'étais à Montréal avant, où j'aurais pu faire ma vie. J'avais des contrats. Mais j'ai décidé de faire le grand saut et explorer autre chose», a-t-elle souligné. Bien entendu, il n'est pas évident de trouver sa place dans cette grande ville, mais la jeune musicienne de 28 ans a bien l'intention de tout faire pour y parvenir.
«Là je me cherche quelque chose de régulier pour payer les factures», avoue-t-elle. Un travail de pianiste dans un grand hôtel serait tout à fait dans ses cordes.
C'est à l'orgue que Chantale Gagné a fait ses débuts musicaux. Mais elle s'est rapidement dirigée vers le piano. Après une ou deux années de formation classique, le jazz s'est imposé à elle. «Mon frère, Mathieu, est contrebassiste et il écoutait du jazz. C'est peut-être lui qui m'a initié à cette musique», se demande-t-elle.
À partir de ce coup de foudre, elle s'est dirigée vers le piano-jazz avec Jean-Pierre Lambert puis au collège Marie-Victorin et à l'Université McGill.
Et, malgré le fait que ce créneau musical ne soit pas le plus populaire auprès de la majorité des gens, elle n'a jamais songé à changer de domaine. «Je n'ai jamais remis ça en question et c'est justement parce que New York est la place du jazz que je suis venue m'y installer», souligne-t-elle.
Il fallait beaucoup de détermination et même de courage pour laisser le pays, mais là-dessus non plus, la pianiste n'a jamais eu de regrets. Un peu comme la chanson de Frank Sinatra, Chantale s'est dit : «If a can make it there, I'll make it anywhere»
Sa carrière se construit peu à peu aux États-Unis et elle a lancé, il y a quelques mois, un premier album, qu'elle a produit, de A à Z.
Intitulé «Silent Strenght», l'album comporte 10 pièces dont 7 ont été composées par Chantale. Enregistré en trio avec Peter Washington à la basse et Lewis Nash à la batterie, le CD propose un jazz très standard, très «straight ahead», qualifiera Chantale.
Les compositions qu'elle y présente sont modernes, mais très faciles à écouter. Il s'agit donc d'un excellent album pour ceux qui souhaitent s'initier à ce genre de musique qui gagne à être connu.
On peut se procurer cet album, par l'entremise du site internet de la pianiste, au www.chantalegagne.com, ou encore par sa distributrice au Québec, Lise Boucher qu'on peut rejoindre à Princeville au 819 364-3280.
Avec ce CD, une carte de visite enviable, Chantale souhaite mousser sa carrière et être en mesure de participer à différents événements de jazz, partout à travers le monde.
«Il faut que je me fasse connaître, mais le jazz est un petit monde», note-t-elle.
Alors, Chantale a beaucoup de pain sur la planche, à se faire un nom à New York, tout en continuant de composer des pièces et à pratiquer son piano. «Parce que je suis une pianiste avant tout», termine-t-elle.
