Soutenant que c’est d’abord sur le plan des idées que les débats doivent avoir lieu, ils déploraient qu’encore rien de significatif ne se soit passé dans Arthabaska depuis que M. Legault a fondé son parti. «Au plan national, on comprend très bien que la CAQ ne sera pas très présente sur le terrain. Elle va faire une grosse campagne en mettant le mot changement partout et tenter de se vendre comme on le fait avec un condo neuf. Ce n’est pas avec un feuillet de 16 pages qu’on va expliquer aux gens comment on va améliorer leur sort», explique Yves-François Blanchet.
Le président du Parti québécois pour le comté, Jean-Denis Lavigne, souligne qu’il est pour le moins étonnant que la première présence de François Legault coûte 200 $. «Pour rencontrer quelqu’un qui prétend gouverner le Québec, la seule occasion coûtera 200 $. Les gens peuvent pourtant rencontrer les chefs des autres partis lors de la plupart de leurs visites sans pour autant débourser le prix d’une grosse épicerie. Même Harper est plus accessible!»
Les deux représentants du Parti québécois dénoncent vivement l’obligation pour un candidat de la CAQ de remettre 25 000 $ au parti pour se voir reconnu candidat. «C’est assez scandaleux, dénonce M. Lavigne. Mais en même temps, ça en dit long sur la moralité de ce parti-là. Au Parti libéral, un ministre doit amasser 100 000 $ et à la CAQ, un candidat doit amasser 25 000 $. Au Parti québécois, au contraire, le financement est d’abord fait par des militants bénévoles.»
Le porte-parole du Parti québécois en langue, Yves-François Blanchet, explique pour sa part que «la commission Charbonneau devra justement faire la lumière sur les allégations de corruption et sur les liens avec le financement des partis politiques. Ce n’est pas vrai qu’un chef peut envoyer ses candidats et ses ministres solliciter personnellement des dizaines de milliers de dollars sans se créer des obligations morales.»
Questionnés sur l’adhésion supposée de l’ancienne candidate du Parti québécois, Catherine Coutel, les deux porte-parole péquistes se sont montrés déçus. «On n’en sait pas beaucoup, indique monsieur Lavigne. Il est toujours dommage de voir quelqu’un partir vers d’autres convictions. On se demande pourquoi une candidate porteuse de la social-démocratie, de l’environnement et de la souveraineté peut soudainement renoncer à tout ça pour un parti qui est fédéraliste, qui est conservateur et qui ne dit pas un mot des enjeux environnementaux.»
Yves-François Blanchet conclut en invitant les gens à «se méfier des vire-capot qui agissent par opportunité plutôt que par conviction. Si les gens qui vous représentent ont trahi leurs idées, de l’ADQ ou du PQ, pour essayer de prendre le pouvoir, une fois élus, ils gouverneraient avec les mêmes principes. C’est inquiétant. Consultez aussi les programmes : à la CAQ, rien sur l’environnement, rien sur l’agriculture. Ici, dans Arthabaska, ce sont pourtant des enjeux cruciaux! Ceux qui croient que la CAQ va remporter la prochaine élection devraient se fier davantage à leur jugement qu’aux sondages d’une firme qui est également embauchée par la CAQ. Ils pourraient réaliser trop tard qu’on leur en a passé une vite…»