Le Princevillois de 64 ans, en mars dernier, a reconnu sa culpabilité à une accusation d’attouchements sexuels sur une fillette. Les crimes se sont produits à Plessisville et à Villeroy entre le 1er janvier 1988 et le 30 juin 1989.
En faisant connaître la sentence, le juge Lambert a rappelé que la victime avait livré un témoignage émotif. «Elle a raconté les séquelles sur sa qualité de vie. Encore aujourd’hui, a-t-il dit, elle doit composer avec des angoisses.»
Les attouchements ont commencé alors que l’enfant n’avait que 8 ans et la victime a raconté à la Cour quatre séries d’événements.
Le sexagénaire, a précisé le magistrat, a trois antécédents en semblable matière, dont une condamnation à neuf mois de prison en 1999.
Des rapports d’experts révèlent aussi que l’accusé minimise les faits. «De plus, il n’a pas cru bon de se soumettre à une thérapie, comme le suggéraient des spécialistes», a souligné le président du Tribunal.
Alors qu’en défense, l’avocat Me Bruno Langelier a plaidé pour une peine à purger dans la collectivité soutenant que son client n’avait pas récidivé depuis l’an 2000, la poursuite, représentée par Me Yannick Massicotte, a réclamé entre 8 et 12 mois d’emprisonnement ferme. «Le ministère public a fait valoir la gravité des gestes, l’âge de la victime, l’impact sur sa vie et un risque de récidive encore présent», a rappelé le juge de la Cour du Québec.
«Les crimes sexuels sur de jeunes enfants sont inexcusables et ils font en sorte que les facteurs de dissuasion et de dénonciation doivent primer dans l’imposition d’une peine» - Le juge Guy Lambert
Le magistrat a justifié sa décision en évaluant, notamment, les facteurs aggravants. «L’âge de la victime, la fréquence des gestes survenus plus d’une fois, les antécédents de l’accusé, le fait qu’il ne se soit pas investi dans une thérapie et, à mon avis, le risque de récidive existe encore, a-t-il fait valoir. Le Tribunal tient aussi compte du traumatisme et des séquelles sérieuses de la victime. Elle en subit encore les conséquences.»
En plus de l’imposition de la peine de prison, Henri-Paul Boivin sera soumis à une période de probation de trois ans au cours de laquelle il ne pourra communiquer avec la victime.
Le juge Lambert lui a également ordonné un suivi probatoire d’un an. «Vous devrez suivre toute thérapie suggérée par votre agent de probation et j’ordonne que votre nom soit inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de 20 ans», a terminé le magistrat en ordonnant, enfin, le prélèvement d’un échantillon d’ADN.

