Les sévices infligés aux petites victimes se sont produits en octobre et en novembre 2010. «Les fillettes ont toutes deux subi un traumatisme crânien. L'une a subi aussi 20 fracture aux côtes et l'autre 11 fractures», a rappelé le magistrat.
L'une des fillettes, plus sérieusement blessée, a dû être admise une seconde fois à l'hôpital en novembre 2010 alors qu'elle se trouvait en arrêt cardiorespiratoire. Sa respiration, a noté le juge, était celle d'une personne agonisante, à l'article de la mort. «La petite a été hospitalisée pendant 23 jours, dont 11 jours pendant lesquels elle a été intubée», a précisé le magistrat. «L'accusé a poursuivi ses gestes pendant que la «plus maganée» se trouvait toujours aux soins intensifs», a ajouté le juge Poudrier.
Le magistrat n'a pas manqué de relever que l'accusé a inventé des histoires. «Sa version des faits est changeante, a-t-il dit. Monsieur a caché la vérité aux intervenants et à sa conjointe. Même le pédiatre expert a fait valoir, lors des représentations sur la peine, qu'une de ses versions ne tenait pas la route.»
L'expert médical, a fait remarquer le président du Tribunal, exclut, pour les fillettes, des séquelles neurologiques graves et ne note pas de signes de développement anormal. «Mais, pour la plus affectée, il pourrait y avoir un risque d'épilepsie ou de troubles d'apprentissage, un risque qu'il évalue de léger à modéré. Pour le moment, toutefois, il est impossible de le prévoir. Ce n'est qu'à l'âge scolaire qu'on saura si les deux enfants auront des problèmes», a mentionné le juge.
En rendant la sentence, le magistrat a évalué tous les critères, dont les facteurs atténuants. «L'accusé avait 28 ans lors des faits, il n'avait aucun antécédent et il éprouve des regrets et des remords. Il occupe aussi un emploi stable et il a débuté, mais non pas terminé, un programme chez Homme Alternative», a souligné le juge Poudrier.
Du côté des facteurs aggravants, le Tribunal a rappelé qu'il s'agissait de mauvais traitements sur des bébés. «La protection de la société, a fait valoir le juge, passe d'abord par la protection des bébés, des enfants. Les bébés ont besoin d'être cajolés et protégés et non pas rudoyés. Les bébés, les enfants, ont besoin de caresses et de tendresse, et non pas de rudesse.»
Le juge a aussi observé que les petites filles d'à peine un peu plus de 2 kg ne faisaient pas le poids devant un homme de six pieds et de 250 livres. «Des gestes graves et répétés ont été posés et il en a résulté des traumatismes importants, même si on ne parle pas de séquelles, pour le moment», a exprimé le magistrat.
En faisant état du rapport présentenciel, le président du Tribunal a confié que l'accusé ne bénéficiait pas du support de ses parents. «Ses parents nient les gestes criminels de leur fils. Tout cela est impossible pour eux. Jamais leur fils n'a eu de débordement agressif et il ne présente aucun problème d'alcool, de toxicomanie ou de maladie mentale», a-t-il signalé.
«L'accusé est un homme en pleine possession de ses moyens, a poursuivi le juge. Il a cédé à son impatience, il a renoncé à aller chercher l'aide requise.»
Le juge Richard Poudrier a rappelé la jurisprudence dans les affaires semblables. «Les peines varient entre 12 et 72 mois d'incarcération, selon les circonstances particulières, a-t-il expliqué. Une peine de 72 mois est imposée dans les cas où il y a décès ou encore des séquelles observables.»
« Les bébés, les enfants, ont besoin de caresses et de tendresse, et non pas de rudesse» - Le juge Richard Poudrier
Satisfaite, la poursuite
Alors que la défense suggérait une peine entre 12 mois et deux ans moins un jour à purger dans une prison provinciale, la poursuite, représentée par Me Ann Marie Prince, avait réclamé une peine de cinq ans de pénitencier (60 mois).
La peine de 50 mois imposée par le juge Poudrier la satisfait. «La peine reflète bien les nombreux facteurs aggravants, dont a tenu compte le juge. C'est assez clair, il l'a répété, il s'agit d'un cas de maltraitance grave et répété», a commenté Me Prince à la sortie de la salle d'audience. À la suite de la peine imposée, on pouvait entendre quelques sanglots dans la salle d'audience. Et quelques minutes plus tard, dans le corridor du palais de justice, une femme, victime d'un malaise, s'est effondrée, inconsciente. Selon certains, il s'agirait d'une proche de l'accusé. Les paramédics ont été appelés d'urgence. Des proches des petites victimes, par ailleurs, ont assisté à la décision rendue par le magistrat. L'homme et la femme, de la famille des victimes, n'ont pas tellement apprécié la peine. «Ce n'est pas assez sévère, a fait savoir la dame. Il méritait le maximum (14 ans) pour ce qu'il a fait. Une des petites a bien failli mourir. J'espère qu'ils lui feront suivre une thérapie».


@banana Vous semblez bien informé. Où sont vos sources d'information pour dire que un quart des cas de violence sont en réalité commis par des femmes?