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Procès Émond : la victime vivait encore à l’arrivée des ambulanciers



Le sergent Guy Paquet a fait état de conversations téléphoniques de l’accusé.

Le sergent Guy Paquet a fait état de conversations téléphoniques de l’accusé.

Claude Thibodeau
Publié le 17 Mars 2010
Publié le 16 Juin 2010
Claude Thibodeau  RSS Feed

Atteint d’un projectile d’arme à feu dans le dos le 31 octobre 2008 en après-midi, Réal Lemieux, propriétaire du bar Saint-Calixte à Plessisville, appelé aussi le bar Le Discret, avait encore un pouls, mais il était inconscient lorsque la technicienne ambulancière paramédic Annie Bergeron est arrivée sur les lieux.

Sujets :
Le Discret , Sûreté du Québec de la MRC de l’Érable , Ville de Plessisville , Plessisville , Montréal , Québec

Admis par les parties au procès d’Alain Émond, le témoignage de l’ambulancière, lu par le procureur de la poursuite, Me Hugo Breton, indique que l’appel d’urgence est entré à la centrale à 14 h 54.

En arrivant sur les lieux, Mme Bergeron a constaté que deux hommes se trouvaient près de la victime. Beaucoup de sang se trouvait au sol. «L’ambulancière a constaté un trou dans le dos, côté droit. L’homme avait encore un pouls, mais il était inconscient. Il a été victime d’un arrêt cardiorespiratoire deux minutes plus tard», a indiqué Me Breton.

Le rapport de la pathologiste, le Dre Anny Sauvageau, qui fait aussi partie des admissions, conclut qu’un traumatisme vasculaire par un tir d’arme à feu est la cause du décès de Réal «Tom» Lemieux.

La pathologiste a constaté une plaie d’entrée dans le dos, du côté droit, mais une absence de plaie de sortie. «Le projectile a été retrouvé dans les tissus mous de la paroi thoracique antérieure gauche. Un poumon a été perforé», a lu le représentant de la poursuite.

Me Breton a également présenté, comme admission, le rapport en toxicologie faisant état d’un taux d’alcoolémie de la victime de 101 mg d’alcool par 100 ml de sang. «Le rapport ne permet pas de mettre en évidence la présence de drogues», a précisé le procureur.

Parmi les autres admissions figurent les témoignages de trois policiers de la Sûreté du Québec de la MRC de l’Érable, dont celui de l’agent Denis Pagé. C’est lui qui a procédé à la saisie du gant noir récupéré par l’agent de sécurité Daniel Patenaude de la Ville de Plessisville.

Avant toutes ces admissions, deux autres témoins ont défilé devant le juge Grenier et le jury formé de six femmes et six hommes.

Dany Smith de la compagnie Rogers communications à Montréal, un enquêteur qui assiste les corps policiers dans différentes requêtes, a expliqué, à la demande de Me Breton, le fonctionnement des tours cellulaires et des ondes cellulaires.

Il a précisé qu’un logiciel de relevé de communications permettait de savoir par quelle tour un appel reçu ou effectué a été enregistré, indiquant ainsi dans quelle région se trouve le détenteur du cellulaire.

Son témoignage a été suivi par celui du sergent Guy Paquet de la Sûreté du Québec. En vertu de mandats de perquisitions, les policiers, a-t-il souligné, ont pu obtenir les registres cellulaires de l’accusé Alain Émond et de sa conjointe de l’époque, Vicky Laflamme.

Les relevés font état des conversations entre Alain Émond et plusieurs personnes et établissements, dont Vicky Laflamme, le bar Le Discret, le bar Bistrot à Thetford Mines, André Lauzon, le bar des Vallons et Nicole Palizza.

On a établi, notamment, que la veille du meurtre, Émond aurait appelé André Lauzon à quatre reprises vers 16 h 40, appels enregistrés par la tour de Plessisville. L’accusé aurait communiqué aussi plusieurs fois avec Vicky Laflamme.

Le jour du drame, la tour de Plessisville a enregistré une communication de l’appareil de Émond à 14 h 10. Il appelait le bar Le Discret (Saint-Calixte). Ce jour-là, Émond aurait aussi contacté Vicky Laflamme plus d’une fois, de même qu’André Lauzon et Nicole Palizza.

Le lendemain, l’accusé aurait logé des appels à Nicole Palizza et à André Lauzon.

L’après-midi avait commencé avec le contre-interrogatoire de Nicole Palizza, entrepris par Me Dominic Bouchard qui a d’abord soulevé les antécédents judiciaires du témoin.

Elle a notamment affirmé n’avoir jamais voulu cautionner Alain Émond pour lui permettre de recouvrer sa liberté. Elle a rappelé qu’elle avait hébergé l’accusé pendant environ deux mois et demi.

Elle n’a pas manqué de répliquer à Me Bouchard qui lui rappelait qu’elle avait reçu un coup à la joue de la part d’un ex-Rock Machine à Québec. «Cela n’a aucun rapport avec «Tom» Lemieux», a-t-elle fait savoir, tout de go.

Le juge Grenier aussi n’a pas manqué de rappeler à l’ordre l’avocat de la défense, deux fois plutôt qu’une, en plus d’une fois en matinée, concernant sa façon de faire. «C’est le dernier avertissement, a prévenu le magistrat. Vous n’avez pas le droit de faire ça.»

Avant l’ajournement, le représentant du ministère public a fait savoir qu’il ne lui restait qu’une seule admission et deux témoins à faire entendre, jeudi, avant de décréter sa preuve close.

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