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Le projet de zone patrimoniale suscite moins de grogne dans le secteur Arthabaska

Lors de la période de questions et de commentaires

Lors de la période de questions et de commentaires

Hélène Ruel
Publié le 17 Octobre 2012
Publié le 17 Octobre 2012
Hélène Ruel  RSS Feed

Est-ce que la troisième tentative de la Ville de Victoriaville d’adopter une réglementation PIIA (plan d’implantation et d’intégration architecturale) dans le secteur du vieil Arthabaska se réalisera? En tout cas, cette perspective n’a pas soulevé de levée de boucliers comme au temps des maires Pierre Roux et Roger Richard qui y ont tour à tour renoncé.

Sujets :
Elzéar-Ouellet , Rue Laurier Ouest , Zone PIIA , Arthabaska

Mardi soir, la Ville avait invité 151 propriétaires de ce secteur à assister à une séance d’information sur la protection du patrimoine bâti grâce à l’«outil» que représente le PIIA, comme l’a défini Jean-François Morissette, directeur du service municipal de gestion du territoire.

Une quarantaine de personnes, dont une trentaine de citoyens, ont assisté à la réunion, une dizaine de fonctionnaires municipaux étant aussi présents.

Lors de la période de questions et de commentaires, l’un des propriétaires s’est rappelé que depuis le début des années 1990, «beaucoup de chemin avait été parcouru, la Ville se montrant plus mature et plus respectueuse» dans son approche pour la protection du patrimoine bâti.

Le conseil municipal pourrait, dès sa séance ordinaire de novembre, donner un avis de motion en vue d’élargir sa zone PIIA, explique la conseillère France Auger.

Par les commentaires qu’elle a entendus à la suite de la présentation de M. Morissette, elle croit que le projet pourrait, cette fois, trouver son aboutissement… à moins que, lors de la consultation publique, ne surgisse une brusque montée aux barricades.

«Je suis contente de la participation des citoyens et de l’excellent exercice de communication de M. Morissette», a dit Mme Auger, présidente du comité de la politique du patrimoine.

Depuis 1991, seule la zone du centre-ville est soumise à un PIIA. Si la Ville adopte son projet, elle agrandirait cette zone du centre-ville, créerait une autre zone dans le secteur du boulevard des Bois-Francs Sud et de la rue Laurier. Elle instaurerait aussi une zone PIIA dans le secteur des deux centres commerciaux, afin d’éviter que de nouvelles constructions jurent dans le décor. Parce qu’avec un PIIA, non seulement une ville peut protéger le patrimoine bâti, mais elle s’assure d’une certaine cohésion architecturale dans un secteur donné.

Le PIIA

En une quarantaine de minutes, le directeur du service de gestion du territoire a expliqué comment, par un PIIA, un instrument municipal plus «souple» qu’une Loi sur les biens culturels ou un règlement normatif, Victoriaville pourrait mieux protéger et enrichir le patrimoine bâti.

Il a bien précisé que le PIIA n’empêche pas les projets, n’enlève pas la liberté de choix aux propriétaires, ne les oblige pas à redonner son cachet original à leur maison patrimoniale et ne les contraint pas non plus à confier leurs travaux de rénovation à des entrepreneurs.

Par un PIIA, on s’assure que les nouvelles constructions s’harmonisent avec les voisines et qu’il n’y aura pas d’interventions «malheureuses» pour dégrader la valeur patrimoniale d’un bâtiment ou de tout un quartier. Des «interventions malheureuses», M. Morissette en a désigné quelques-unes, même dans le coin de la rue Laurier Ouest, comme cette habitation multifamiliale dont l’allure contemporaine ne cadre pas avec sa voisine, la maison Elzéar-Ouellet.

Il a félicité les propriétaires de la rue Laurier d’avoir si bien préservé le cachet de leurs demeures.

Des craintes subsistent

«On n’avait pas besoin d’un règlement pour cela», a répondu un propriétaire à la suite de l’intervention d’un autre qui espère l’avènement d’un PIIA dans le secteur Arthabaska.

Des craintes et des questions, l’éventuelle réglementation en suscite encore. «J’ai peur d’être contraint, s’est inquiété, tout haut, un résident de la rue Laurier. Il appréhende les restrictions que le règlement pourrait lui imposer, des choix plus onéreux qu’il aurait à faire, croit-il, pour rénover sa maison, surtout s’il n’y a plus de programmes de subventions. «J’ai peur que finalement ce ne soit plus que des commerces qui puissent se payer des maisons de la rue Laurier, dont il ne restera plus que la façade», a-t-il dit.

«Le but n’est pas de chasser les résidents», a répondu Jean-François Morissette. L’approche du PIIA reste une approche de «cas par cas», le propriétaire, en présentant ses projets à la Ville, peut obtenir des services d’accompagnement, une évaluation de ses travaux de rénovation et, on le souhaite, avoir accès à un nouveau programme de subventions.

D’autres questions ont été posées, notamment au sujet des assurances. Est-ce les primes augmentent parce qu’on réside dans une zone PIIA? Non, a répondu l’agente de développement Mélanie Pinard. Pour une maison patrimoniale, les coûts d’assurances n’augmentent que si le propriétaire tient à ce qu’après un sinistre, on rebâtisse comme c’était à l’origine. «Et un règlement PIIA ne forcerait pas non plus un propriétaire à reconstruire sa résidence à l’identique», a-t-elle ajouté.

Même dans un secteur sous PIIA, la Ville ne pourrait obliger un propriétaire à rénover sa maison décrépite, a répondu M. Morissette à une autre question. Et il serait aussi possible de démolir une résidence ayant une forte valeur patrimoniale si ses coûts de rénovation dépassent sa valeur.

Et c’est parce que l’une de ces maisons était dans un grand état de délabrement que la Ville a autorisé sa démolition rue DeCoursol, a-t-on expliqué en réponse à une autre question.

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