Le libellé de la pétition va comme suit : «Nous, citoyens et citoyennes de Warwick, voulons exprimer par cette pétition notre désaccord quant à l'utilisation de nos taxes pour subventionner une activité dégradante pour l'être humain en général, mais plus particulièrement pour les femmes, soit l'activité de combat de femmes huilées qui se tiendra dans le cadre du nouveau Festival d'hommes forts de Warwick. Nous demandons donc à nos élus de retirer du programme cette activité et toute autre activité du même type». Initiée par Johanne Desrochers, la pétition a été déposée au conseil par Guy Lagacé.
Le maire de Warwick, Claude Desrochers, a insisté au départ pour dire que l'en-tête d'une pétition doit être adéquat. «Dans ce cas, on parle de l'utilisation de nos taxes ce qui est tout à fait faux». Il a expliqué que la Ville aidait financièrement à l'organisation de la compétition d'hommes forts, tout comme le font les activités connexes du festival.
«J'ai entendu parler de cette pétition parce que beaucoup se sont plaints d'avoir été approchés de façon insistante, voire intimidante pour signer. Certains avouent même avoir signé pour avoir la paix», a-t-il ajouté.
D'ailleurs, il avait avec lui certaines opinions, émises à la suite de la publication de l'article dans La Nouvelle Union le mois dernier, qu'il a lues pour appuyer ses propos. «C'est un bel événement qui va avoir lieu. Il est organisé par des chics types qui ne méritent pas d'être dénigrés», a-t-il indiqué aux citoyens.
Il a ajouté que la compétition d'hommes forts, en tant que telle, durait deux jours et que c'était cette activité qui attirait le plus de monde. «S'ajoutent à cela deux soirées thématiques : une première avec des comédiennes professionnelles qui luttent enduites d'huile et une autre avec Jimmy d'Occupation Double. Ce sont deux soirées pour adultes où il y aura vérification de l'âge des gens à l'entrée», rappelle-t-il.
Claude Desrochers a aussi indiqué que le festival existait depuis six ans à Saint-Albert, sans problèmes. «Il y a eu beaucoup d'interventions médiatiques voulant faire passer Warwick pour Sodome et Gomorrhe. Je vais donc me rendre disponible pour des entrevues afin de rétablir les faits».
Certains citoyens présents se sont dits outrés par l'attitude du conseil. D'autres se sont étonnés de voir que les conseillers ne s'exprimaient pas du tout sur le sujet. Même un ancien Warwickois était présent afin de demander au conseil où il prenait sa morale pour montrer ce genre d'activité aux enfants.
Et lorsqu'on a demandé au maire s'il était possible de retirer les activités «dégradantes», le maire a rétorqué que ce serait priver les organisateurs d'une activité de financement importante. Le maire de Warwick a de plus souligné, en entrevue à la fin de la soirée, qu'il n'avait jamais été impressionné par les pétitions et que le Festival allait bel et bien avoir lieu avec les activités prévues. «Et Warwick va continuer à être une belle ville. Les fleurs ne faneront pas pour autant», a-t-il mentionné.

Quand une minicipalité donne une subvention de $30 000 à un organisme à but non lucratif, la ville a le droit de regard sur la programmation de l'évènement, comme de s'assurer que le contenu (soutenu avec les taxes de tous) soit destiné à toute la famille comme c'était le cas pour le Festival du Fromage. Imaginez que la programmation de la Maison de la Culture (ancienne Gare) soutenue par la ville, décide de programmer des activités érotiques le samedi soir afin de rentabiliser ses autres activités. Si on se donne le droit de faire ça, je pense qu'on pourrait aussi faire de soirées payantes de danse lascive pour payer notre centre Muti Sports ou les sorties scolaires de nos jeunes.