M. Theo s'échine à bêcher son rêve

Hélène
Hélène Ruel
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Doh Theo et sa conjointe, Pascaline Anwone, ne lâchent pas prise, espérant toujours pouvoir, un jour, vivre de ce rêve qu'ils bêchent acharnement, produire de l'ail québécois.

On avait parlé, l'an dernier, de ce producteur originaire du Togo, réfugié politique installé au Québec depuis près de 10 ans, résident des Bois-Francs depuis 2006.

La quotidienne radio-canadienne «Des kiwis et des hommes» s'était aussi attardée au parcours de M. Theo, à son entreprise AIL-TRAMEQ (Travailleur rural affranchi pour le maraîchage équitable du Québec) et à ses ambitions de déloger l'ail chinois des étals des marchés d'alimentation.

Depuis l'an dernier, le producteur a déménagé sa production, passant de Saint-Valère à Saint-Albert où il loue une parcelle de terre de la ferme Daisy (située dans le grand rang 7). «Là où je me trouvais, l'an dernier, j'étais limité dans l'espace», dit-il. À la ferme Daisy, il pourra, d'une année à l'autre, changer de parcelle pour la culture de son ail.

Avec son épouse Pascaline au chômage à la suite de l'incendie d'Olymel à Princeville, le producteur a «défriché» un lot de 15 000 pieds carrés, où, dans quelques semaines, il enfouira 60 000 caïeux. De l'ail qu'il avait lui-même produit l'an dernier, mais aussi des semences qu'il veut acheter.

«Parce que je veux grossir le calibre des bulbes, comme l'aime et le veut le client.»

Et parce que la famille a aussi déménagé de Victoriaville à Warwick, le producteur dispose désormais d'un bâtiment où il pourra faire sécher ses plantes. «Le séchage dure environ un mois et on peut ensuite garder l'ail d'automne pendant huit à neuf mois… mais pas au frigo», rappelle le maraîcher. Certains ont observé qu'au congélateur l'ail ne germe, ni ne pourrit, ce que testera le producteur.

Il pourra ainsi diversifier son petit marché, écoulant son ail frais dès sa récolte et, plus tard, son ail séché. «Et je pourrais aussi vendre des bulbes pour les gens qui veulent en planter chez eux», ajoute M. Theo.

À Saint-Albert, le producteur souhaite expérimenter diverses techniques culturales. Tout le travail se fait à la main, à quatre mains pourrait-on dire, le couple oeuvrant de longues heures par jour à préparer la terre en vue de la prochaine plantation.

«Il faut y croire!», s'exclame M. Theo qui s'échine à la culture, même si certaines portes auxquelles il a frappé se sont refermées et qu'aucun programme ne paraît exister pour soutenir sa petite production.

Il cherche un «commanditaire» qui, comme lui, partage ses rêves, pour l'aider à acheter les semences dont il aura besoin cette année, visant autosuffisance… et autonomie.

Au www.ail-trameq.com on trouvera des informations sur son entreprise. Le Marché public des Bois-Francs et même la Coop des Bois-Francs ont accepté d'accueillir son produit dans leurs étalages.

Organisations: AIL-TRAMEQ, Marché public des Bois-Francs

Lieux géographiques: Québec, Saint-Albert, Togo Princeville Victoriaville Warwick

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Derniers commentaires

  • Denise Meilleur
    19 octobre 2013 - 15:47

    L'ail de M. Théo et de Mme Pascaline est un produit de grande qualité. Tous ceux à qui j'en ai donné sont revenus m'en redemander. J'aimerais tant qu'il existe un programme quelconque pour donner un petit coup de pouce ceux, qui comme cette famille, travaillent à l'auto-suffisance alimentaire du Québec. Merci à vous deux et un courage à toute épreuve pour toujours.