Loi C-38: les travailleurs saisonniers inquiets

Marie-Ève
Marie-Ève Bourgoing-Alarie
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Les travailleurs saisonniers de la région sont inquiets.

Catherine Gendron, directrice générale du Mouvement Action-Chômage de Trois-Rivières, Loraine Dugas, première vice-présidente de la CSN du Cœur du Québec, Robert Aubin, Marie-Josée Magny, du Comité d’action des non syndiqué-es, et Évelyne Bellemare, de la Pépinière du Parc (photo : Marie-Eve Alarie)

C’est que le gouvernement fédéral a décrété le 15 septembre que les régions où le taux de chômage est plus élevé ne bénéficieront plus du projet pilote qui permettait d’obtenir cinq semaines supplémentaires d’assurance-emploi.

Par ailleurs, les travailleurs à statut précaire ou saisonniers touchant une assurance-emploi ne pourront plus refuser un travail dont la rémunération correspond à 70% de leur salaire en temps normal et dont le lieu de travail est situé à une heure de route et moins, sous peine de se faire couper leur assurance-emploi.

«Cette mesure vient toucher nos 25 employés et ils sont inquiets. On n’a pas des salaires à tout casser. Par exemple, s’ils sont payés 15$/heure, ils ne pourront pas refuser un emploi payé au salaire minimum, tout en continuant à payer la garderie, l’épicerie, se déplacer, etc. On est au Québec. On n’a pas le choix de vivre avec l’hiver», témoigne Évelyne Bellemare, associée à la Pépinière du Parc à St-Mathieu-du-Parc.

«À court et à moyen terme, cette mesure entraînera la dévalorisation des compétences, sans compter que ce sera difficile de retenir la main d’œuvre si, le reste de l’année, elle doit travailler ailleurs. Cela vient toucher aussi les professeurs et les employés du secteur communautaire», souligne Loraine Dugas, première vice-présidente de la CSN du Cœur du Québec.

De plus en plus la norme

Les emplois à statut précaire sont de plus en plus la norme, plaide Marie-Josée Magny, du Comité d’action des non syndiqué-es.

«On voit de plus en plus d’emplois à contrat déterminé. Pour ces employés, l’assurance-emploi est une zone tampon.»

Le gouvernement fédéral a également apporté une modification à la définition d’un «emploi convenable».

«Je cite le ministre des Finances qui a dit: «Le seul mauvais emploi est de ne pas en avoir». La loi C-38 est idéologique. C’est comme s’il disait que le travailleur saisonnier voulait prendre de longues vacances à ne rien faire. C’est la nature même du travail qui est saisonnière! Je suis sûr que s’ils le pouvaient, tous ces travailleurs préféreraient travailler dans leur domaine toute l’année plutôt que de devoir toucher du chômage», affirme le député néo-démocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin.

Une assemblée publique d’explications sur la réforme de la loi C-38 est prévue le 24 octobre à 19h au Pavillon Maurice-Pitre, à Trois-Rivières.

Organisations: Comité d’action

Lieux géographiques: Québec, Pépinière du Parc, Trois-Rivières

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