L’éco-réparateur de Soudure plastique Québec sort de son garage

Hélène
Hélène Ruel
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Et prépare son implantation en bordure de l’autoroute 20

À première vue, les mots soudure et plastique paraissent incompatibles. Pas pour Soudure plastique Québec, une entreprise de Victoriaville créée par l’ingénieux Stéphane Richard au cœur de son garage de la rue Crête. Avec une associée, l’énergique Nathalie Carignan, l’entreprise s’apprête à prendre un grand élan, visant la construction, à l’automne 2013, d’une usine dans le nouveau parc industriel créé par les municipalités de Victoriaville et du Grand Daveluyville, en bordure de l’autoroute 20 à Sainte-Anne-du-Sault.

Depuis mai, Soudure plastique Québec a réalisé une première acquisition, s’installant au 2, rue de l’Artisan à Victoriaville, un «tremplin», précise Mme Carignan. Mais aussi un pied-à-terre que l’on veut maintenir, même après l’installation dans le parc industriel. Cela pour rester à proximité du milieu urbain et offrir, éventuellement, un plateau de travail adapté.

Six emplois se sont créés rue de l’Artisan où, déjà, l’entreprise se sent à l’étroit. Et, déjà, trois «concessionnaires» qu’on préfère désigner comme des «partenaires» détiennent leur unité mobile, surtout leur licence, pour recourir à la technique de fusion mise au point par M. Richard.

Une entreprise verte

On peut parler de Soudure plastique Québec comme d’une entreprise verte dont l’activité consiste non pas à récupérer ou à recycler le plastique, mais bien à le réparer. «Nous sommes des éco-réparateurs», souligne la nouvelle associée.

Trifluvienne d’origine, Montréalaise d’adoption, Nathalie Carignan, qui, à 44 ans, a pu retraiter après une carrière de 15 ans dans une chaîne canadienne où elle dirigeait une équipe de 900 employés, s’est vite enflammée pour ce procédé unique en Amérique du Nord qu’a patiemment développé Stéphane Richard. Surtout pour la portée écologique de son procédé.

C’est un employé de la firme où elle travaillait à la gestion et au développement, qui lui avait demandé d’aider son cousin victoriavillois à prendre de l’expansion.

Le concepteur avait épaté le chroniqueur en environnement de l’émission «Salut bonjour» en février dernier. Le Victoriavillois y expliquait son procédé – maintenant certifié et garanti – de soudure des matières plastiques, utilisant l’air chaud pour réparer, par exemple, un aileron de voiture… avec une pièce de même nature prélevée d’un téléviseur. Déjà, à ce moment, il rêvait de former d’autres «soudeurs» à sa technique. «Des gars moi», disait-il, il en faudrait deux ou trois dans toutes villes, et personne ne manquerait de boulot.

Après avoir vu le reportage, Nathalie Carignan, déjà propriétaire de maisons à Victoriaville et désireuse de s’installer dans «le berceau du vert» - qu’habitent aussi des membres de sa famille -, a rendu visite à M. Richard… dans son atelier. C’était en mars dernier. «Ça a cliqué tout de suite!», dit-elle, enthousiasmée par le potentiel de sa «solution», partageant ses visées écologistes. Elle a immédiatement investi de son argent et de son temps en vue, notamment, de faire valider l’efficacité du procédé, décrochant l’attestation internationale ASTM (American Society for Testing and Materials).

Une solution à la surconsommation

Les matières plastiques ont envahi notre environnement, commente-t-elle, au détriment du métal et du bois que l’on pouvait jadis réparer.

«Si on n’y met pas un frein, j’ai peur qu’un jour nos petits-enfants finissent par manger des carottes en plastique!» - Nathalie Carigan

Aujourd’hui, le pare-chocs d’une voiture, les réservoirs d’un tracteur, le tiroir du frigo, la chaise de parterre, le spa, le module de jeu ou le jouet d’un enfant est entièrement fabriqué de matières plastiques. Quand survient un bris, il n’y a pas 36 solutions, poursuit Mme Carignan. «On paie cher pour remplacer la pièce brisée – encore faut-il pouvoir la trouver! - qui prendra, au mieux, le chemin du recyclage, au pire, celui de l’enfouissement.»

On paie le prix fort, poursuit-elle, pour le gaspillage et la surconsommation, faisant autant allusion à l’argent dépensé pour le plastique qu’à la pollution de la planète. «Si on n’y met pas un frein, j’ai peur qu’un jour nos petits-enfants finissent par manger des carottes en plastique!», s’exclame la femme d’affaires de 45 ans, déjà grand-maman.

Dans le seul secteur de l’automobile, elle déplore les sommes astronomiques investies par les assureurs, et, par ricochet, les consommateurs, pour tous ces pare-chocs, réservoirs d’essence, phares, ailerons, supports de batterie que l’on remplace lors qu’ils sont brisés. «Il y a une belle arnaque là-dedans! Notre société crée de la pollution. Autant le plastique peut être une matière élégante, autant il peut être nocif!»

Faire une différence

Son partenariat avec Stéphane Richard, Nathalie Carignan le considère comme un défi, une autre occasion de continuer de «grandir».

«C’est un secteur différent (produits féminins), mais je considère que je fais le même de travail de gestion et de développement. La grande différence, c’est que je participe à créer une industrie à valeur ajoutée, à sauver un morceau de la planète, à faire une différence. Je retrouve ici ce qui m’a toujours branchée. Je suis une fille d’équipe, plus préoccupée du capital humain.»

L’entreprise évolue à vitesse grand V, déjà prête à signer avec de gros «joueurs» canadiens, sollicitée par Saputo et Hydro-Québec, s’apprêtant à offrir ses formations à une cinquantaine de travailleurs autonomes désireux d’obtenir sa licence pour se bâtir une clientèle dans les tous les coins du pays.

Une journée porte ouverte s’organise le 22 septembre (remise au lendemain s’il pleut) où, entre 10 et 16 heures, le public pourra apporter petites ou grosses pièces de plastique brisées, soit pour s’en départir définitivement, soit pour les faire réparer. Une journée de collecte comme il s’en organise, par exemple, pour les matières dangereuses.

Organisations: American Society, Saputo, Hydro-Québec

Lieux géographiques: Québec, Rue de l’Artisan, Victoriaville Amérique du Nord

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